Reconversion infirmière : Accident de travail, CLM et invalidité : que faire ?

Comment gérer sa carrière après un accident de travail, durant une maladie ou une invalidité ? Quelles aides peut-on obtenir ? Vers qui se tourner ?

« Et si je dois me reconvertir, je fais comment ? »

Si tu lis ces lignes, c’est que tu es sûrement dans une de ces situations, jamais évidente à gérer.

Suite à vos nombreuses demandes sur le sujet, j’ai décidé de créer cet article avec une part d’informations et un part de témoignages d’infirmières qui sont dans ces différentes situations :

D’ailleurs, si ce n’est pas encore fait, viens rejoindre le groupe Facebook d’IDE en quête d’évolution ou de reconversion professionnelle !

 

 

Qu’est-ce que le congé longue maladie ?

 

Selon le site du gouvernement :

Article 1 – Arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l’octroi de congés de longue maladie

Un fonctionnaire est mis en congé de longue maladie lorsqu’il est dûment constaté qu’il est dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions au cours d’une des affections suivantes lorsqu’elle est devenue invalidante :

1. Hémopathies graves.

2. Insuffisance respiratoire chronique grave.

3. Hypertension artérielle avec retentissement viscéral sévère.

4. Lèpre mutilante ou paralytique.

5. Maladies cardiaques et vasculaires

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Attention : Cette liste n’est pas limitative : un CLM peut être accordé pour d’autres maladies après avis du comité médical.

La durée du CLM est de 3 ans maximum.

Le CLM est accordé ou renouvelé par périodes de 3 à 6 mois. Sa durée est fixée par l’administration sur proposition du comité médical.

Plus d’informations sur le Congé Longue Maladie

 

Le témoignage de Julie

 

  • Peux-tu nous décrire ton Congé Longue Maladie ?

Je suis en arrêt maladie depuis un an (même plus suite au COVID) à cause de mon asthme sévère difficile instable. Mais ma pathologie est sous ALD depuis des années du coup je suis passée en Arrêt longue maladie. Donc prise en charge par la CPAM et une partie que mon employeur donne.

 

  • En quoi pose-t-il problème pour l’exercice de ton métier d’IDE ?

Ma pathologie est un problème à cause des risques accrus d’allergène dans l’environnement  (surtout en allant au domicile)  mais aussi du stress qui peuvent engendrer des grosses crises d’asthmes.

  • Où travailles-tu et quelle solution t’a-t-on proposé par rapport à ton CLM ?

Je travaille en équipe mobile de psychogériatrie. Une solution a été proposée par mon pneumologue c’est de reprendre en mi- temps thérapeutique mais dans un service d’hospitalisation où il y a très peu d’aller et retour à l’extérieur pour les patients, validée par la médecine du travail également voire même éviter de travailler dans les services.

 

  • Est-ce que cette solution était compatible avec ta situation personnelle ? Pourquoi ?
Pas du tout car mon travail se situe à 1h de mon domicile, je vivais (à cette époque) seule avec mon fils qui va à l’école à 2 minutes de mon domicile, avec des horaires postés et sans personne sur qui compter pour garder mon fils, ça aurait été ingérable pour nous deux. D’autant que ma hiérarchie ne respectait pas la demande de mon pneumologue et de la médecine du travail. Les seuls postes qu’ils me proposaient de récupérer en attendant « ma convalescence » c’était un poste en HDJ ou en HL.
  • Comment as-tu fait pour y remédier ?

Je n’ai rien remédié. Après avoir eu une conversation houleuse avec ma cadre supérieure qui ne comprenait pas la situation ni quoique ce soit et que mes crises d’asthmes ont reprises entre temps. On s’est mis d’accord avec mon médecin traitant que je ne reprenne pas le travail le temps que mon employeur ne me donne pas un poste adapté comme il était demandé et que mon état de santé soit beaucoup plus stable.

  • Quelle est ta situation actuelle ?

Aujourd’hui je suis toujours en arrêt maladie longue durée. Mais avec un nouveau projet professionnel en tête après avoir passé un bilan de compétence (qui a été validée par la CPAM) et en parallèle j’ai rencontré une assistante sociale de la CPAM (qui est prise en charge lorsqu’on est en arrêt maladie longue durée depuis plus de 6 mois) pour m’aider à solutionner sur ma situation. D’ailleurs avec ma pathologie qui impacte beaucoup sur ma vie pro et inversement j’ai obtenue la RQTH. Là, j’attends de voir l’assistante sociale pour savoir ce qu’on fera de ma situation au mieux des cas (licenciement pour inaptitude? rupture conventionnelle? transition pro?).

  • As-tu un conseil en particulier à partager aux IDE qui sont dans la même situation que toi ?

De bien se renseigner administrativement des possibilités qu’on peut avoir quand on est sur ce genre de problème et par rapport à notre pathologie. Ne pas perdre espoir. Se poser des questions c’est légitime et justement ça permet de faire un point sur soi. D’ailleurs il ne faut pas prendre cet arrêt comme un stress supplémentaire mais justement un moment pour se recentrer sur soi en plus de s’occuper de ce pourquoi on est arrêté.

  • Souhaites-tu mettre ton contact si des IDE se posent des questions ou préfères-tu rester anonyme ?

Cela ne me dérange pas que d’autres personnes me contactent pour des interrogations mais je ne dis pas que je pourrai toujours avoir réponse à tout ! 🙂 Pour contacter Julie c’est juste ici : Julie

 

Le témoignage de Viviane

 

  • Quelle est ta situation actuelle ?

Je suis en arrêt de travail sur longue maladie. Dans l’hôpital public, le fait de demander la RQTH ne change rien car ce n’est pas reconnu. J’en ai fait la demande si jamais je devais changer de secteur.

Je suis atteinte d’un rhumatisme inflammatoire, la spondylarthrite ankylosante, diagnostiquée il y a 7 ans.

Avant, j’étais infirmière aux urgences et en réanimation médicale à l’hôpital publique de Strasbourg, mais suite au diagnostic et aux douleurs engendrées (surtout douleurs dorsales au moment du diagnostic), je ne pouvais plus rester sur ce poste. Je suis donc sur un poste médico administratif dans ce même hôpital (j’accueille les patients, je réponds aux téléphone, je m’occupe des papiers et de l’organisation des  soins extra hospitalier,..), qui me convient bien car je suis toujours en contact avec les patients et je peux me permettre de discuter avec eux.

D’autre part, ce sont des horaires de journée (8h30-16h30), auxquels il a fallu que je m’habitue mais il n’y a plus de week-end ou de nuit, ce qui est pas mal !

Actuellement je suis en arrêt de travail depuis 18 mois, sur une longue maladie; je le suis malheureusement assez souvent depuis 2 ans, mais moins longtemps, car les traitements sont peu ou pas efficaces ce qui engendrent des douleurs articulaires et une grande fatigue car ma maladie est évolutive, avec une impossibilité de rester sur un poste toute une journée ou plusieurs jours de suite.

 

  • Quelle solution t’a-t-on proposé par rapport à ton CLM ?

Il y a 2 ans j’ai fait un mi-temps thérapeutique, mais j’ai utilisé les 12 mois possible à l’hôpital public. Avant mon arrêt de travail, j’avais un jour de longue maladie par semaine pour « couper » la semaine et éviter de travailler trop de jours d’affilé mais cela ne suffisait plus; dans le public, il n’y a pas d’autre possibilité ou alors le temps partiel. Mon dossier est donc passé devant un comité médical, mais avec énormément de retard dû à la situation sanitaire. J’attends avec impatience mon rendez-vous à la clinique de la douleur la semaine prochaine car j’espère bien qu’ils vont me trouver une solution afin que je puisse reprendre mon travail au plus vite; la vie sociale et les collègues me manquent beaucoup, mon travail me manquent beaucoup, une journée rythmée et avec des objectifs également.

La cadre de santé m’a dit que si je ne pouvais pas reprendre mon poste au 1er novembre, elle serait dans l’obligation de publier le poste afin de recruter quelqu’un pour me remplacer, ce qui est tout à fait normal, car pour le moment c’est quelqu’un de l’équipe qui me remplace. Ayant vu la médecin du travail à plusieurs reprises, à ma demande, si cela devait se produire, mon nouveau poste aurait des restrictions plus lourdes vue l’évolution de ma maladie. Je ne sais donc pas à quel poste je pourrais me retrouver, probablement moins bien intéressant que celui actuel.

Pour moi, la situation n’est donc pas toujours simple, au niveau psychologique, car j’aime mon métier; que faire d’autre si on ne me retrouve pas de poste? on m’a même proposé une retraite anticipée, si je ne trouve pas de solution, mais à 45 ans ce n’est pas possible pour moi car rester à la maison ne me convient pas du tout et encore moins le salaire (environ 800 euros par mois)…Vers quel autre métier me tourner, au vue de mes incapacités? (raideurs dans les doigts, douleurs articulaires surtout dans le dos, les épaules avec nécessité de faire des pauses dans la journée pour faire des étirements ou m’allonger, position assise ou  debout toute la journée impossible car il faut que je bouge…)

Je ne sais pas du tout comment cela va évoluer à court ou moyen terme, où je pourrais travailler… Je me pose énormément de questions et je n’ai pas de réponses pour le moment. j’essaie de m’occuper comme je peux à mon domicile: cuisine, couture mais peu de temps à cause des douleurs, lecture, jardinage car rester inactive m’est impossible.

 

Le témoignage de Sarah

  • Peux-tu nous décrire ton AT/CLM/ invalidité ?

 

Je suis en CLM depuis le mois de janvier suite à une poussée de spondylarthrite ankylosante sur décalage d anti tnf a cause de bronchites, j’ai 42 ans et je suis infirmière de L’’éducation nationale depuis 5 ans. ( diplômée depuis 20 ans : 5 ans de rea, 8 ans de libérale et de labo )
  • En quoi pose-t-il problème pour l’exercice de ton métier d’IDE ?

 

Mon souci est la réorientation car je ne veux plus souffrir physiquement en travaillant. Les douleurs chroniques générées par la maladie sont épuisantes. Et en tant qu’infirmière de l’éducation nationale je suis sur un College et 6 écoles, je dois gérer les soins et les urgences mal installée. Cour gymnase couloir infirmerie étroite etc.

 

  • Où travailles-tu et quelle solution t’a-t-elle proposée par rapport à ton AT/CLM/ invalidité ?

 

Aucune solution. A L’’éducation nationale je fais partie du corps ATOSS agents techniques ouvriers santé et sociaux je ne serai donc pas reclassée. Je fais bientôt un bilan de compétences par le biais de cap emploi ( pour les personnes en situation de handicap car j ai une rqth depuis janvier) dans une association spécialisée dans l’accompagnement des travailleurs et travailleuses atteints de maladies chroniques. Je ne sais pas ce que cela donnera. Je ne prendrai aucun risque par rapport à mon statut car je ne veux pas me retrouver sans revenu si j’ai une poussée de la maladie et que je ne peux pas travailler par ex. J’avais entamé une formation hypnose mais je pense que cela serait trop risqué pour moi au regard de ma pathologie de prendre un statut d’auto entrepreneur et en plus je n’ai pas assez d argent pour continuer la formation ( en CLM on perd toutes ses primes)

 

  • Est-ce que cette solution était compatible avec ta situation personnelle ? Pourquoi ?

 

Pas de solution proposée.

 

  • Comment as-tu fait pour y remédier ?

 

Je suis en train de chercher des solutions par le biais de ce bilan de compétences et aussi je réfléchis moi même à des détachements éventuels ou à des postes plus adaptés ( infirmiere mdph, caf, cpam, ars etc… ou bien passer le concours interne de prof sms ou bien changer complètement). J’ai un certificat de lectrice correctrice réécriture.

 

  • Quelle est ta situation actuelle ?

 

En CLM titulaire de la fonction publique.

 

  • As-tu un conseil en particulier à partager aux IDE qui sont dans la même situation que toi ?

Faire un dossier MDPH dès que possible. J’ai envoyé le dossier en avril 2020 je suis passée en commission en décembre 2020 et j ai eu les notifications en janvier 2021. ( je suis sur le 93 les délais sont assez longs).

 

RQTH – Inaptitude

 

Qu’est-ce qu’une RQTH ?

 

Dans un arrêt du 3 juin 2020, la chambre sociale de la Cour de cassation a déclaré nul le licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement d’un travailleur handicapé. En effet, le licenciement d’un travailleur ayant une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), déclaré inapte à son poste, doit être précédé de recherches de reclassement et de mesures appropriées pour préserver son emploi. La méconnaissance de ces obligations peut revêtir un caractère discriminatoire.

Source

 

Le témoignage de Claire

 

  • Peux-tu nous décrire ton invalidité ? 
Pour le moment, on ne parle pas d’invalidité. Mon problème de santé a commencé en mai 2018 et la mise en maladie professionnelle a été faite en octobre 2018 (date à laquelle je me suis arrêtée pour la première fois). Lors de mon premier arrêt, j’ai demandé une visite de pré reprise à mon médecin du travail qui m’a conseillé de demander la maladie professionnelle (c’est un dossier un peu long a faire, je l’ai fait avec l’aide de mes collègues car c’est fastidieux. ) Pour ma part, c’est un problème de mouvements répétitifs qui ont crée mes épicondylites. Il a fallut compter le nombre de fois que je faisais les mouvements par procédure, et tout expliquer. Je travaillais à l’EFS et faisais énormément de prélèvements de sang, plasma et plaquettes, avec en plus des mouvements répétés, des ports de charges lourdes, et une mauvaise ergonomie de nos postes de travail.
  • En quoi pose-t-il problème pour l’exercice de ton métier d’IDE ?
Je ne peux plus rien porter à bout de bras trop longtemps, pas porter de charge lourde, tirer et pousser quelque chose est compliqué quand c’est trop lourd (je fais attention quand j’ouvre la porte du frigo ou la portière de la voiture).
Les mouvements en hauteur sont compliqués encore pour le moment (tendre le linge).
Aucun geste répétitif ne m’est possible (genre jardinage, couture, sports où j’utilise mes bras)
Bref, compliqué car pas de transferts possibles, perf en hauteur, chariots trop lourds, et encore, ce n’est que ce que j’ai identifié pour le moment.
  • Quelle solution t’a-t-elle proposée par rapport à ton problème de santé ?
Tant que j’étais à l’EFS, j’ai pu reprendre le travail car j’avais d’autres fonctions que le prélèvement, du coup, ils m’ont mis à 100%sur mon autre mission, ce qui ne leur posait pas de problème. J’aurais pu continuer comme cela longtemps sauf que j’ai déménagé, donc démissionné pour suivi de conjoint.
C’est là que les problèmes ont commencé…
Mes bras allaient mieux, du coup, j’ai pris un poste dans un laboratoire d’analyses pensant que ce serait moins contraignant, même si c’était répétitif.
La douleur est revenue, j’ai essayé de tenir le coup, fait une infiltration à droite, et l’infiltration à gauche a été une catastrophe, je suis arrêtée depuis et ne récupère pas bien.
A l’issue de mon arrêt maladie, je serai déclarée inapte par le médecin du travail que j’ai vu plusieurs fois depuis le début de mon arrêt (mars 2020).Elle a fait les papiers pour inaptitude car même si je récupère mes bras, je serai interdite de gestes répétitifs.
C’était un nouvel employeur chez qui j’étais depuis 5 mois et à qui je n’avais pas parlé de mon problème de santé donc autant te dire que je vais être licenciée dès mon retour.
Lors de ma reprise, à ma visite de reprise, le médecin déclarera l’inaptitude et c’est la que la paperasse va commencer pour mon employeur.
De plus, comme je suis en MP, pendant le mois qui va s’écouler entre ma reprise et mon licenciement, je vais être indemnisé par la sécu, chose qui n’est pas faite si on est en maladie classique.
  • Quelle est ta situation actuelle ? 
Aujourd’hui, ma maladie pro touchera ses 3 ans en octobre 2021, du coup, j’ai vu avec mon médecin pour arrêter mon arrêt maladie en septembre et la clôturer en même temps « consolidation avec séquelles », ce qui devrait me donner droit à une petite indemnité ou rente en fonction du pourcentage (indemnité si inf à 10% rente mensuelle si sup à 10%).
Angoissée par ce que j’allais devenir, j’avais pris contact avant l’été avec l’Assistante sociale de la CPAM qui a été super et ne m’a pas lâchée depuis 1 an.
Elle m’a convaincu de faire la demande de RQTH que j’ai obtenue, ce qui m’a permis de faire une espèce de dispositif d’aide au  retour à l’emploi( mini bilan de compétences), payé par la CARSAT.
Cela ne m’a pas appris grand chose sur moi et m’a obligé à me poser et à arrêter de procrastiner …. même si je ne le faisais pas tant que cela.
Cela m’a permis de comprendre que je ne pouvais pas passer à coté de l’hypnose éternellement et que cette fois ci je devais saisir cette opportunité pour me lancer.
Aujourd’hui, j’envisage un lancement à l’automne et en parallèle, pour garder une activité pérenne, je me suis rapprochée de ASALEE dans mon département qui est en demande. Il faut que je commence les démarches pour trouver des médecins( cela va être le plus dur).
  • Quelles sont les structures où tu pourrais exercer en tant qu’IDE avec ta maladie ?
Une structure ou je fais plusieurs choses dans la journée sans port de charges principalement.
ASALEE, toutes les fonctions transverses, infirmière hygiéniste, tout ce qui est coordination personnes âgées.
IME peut être ?
C’est compliqué car mon CV ne correspond pas à bon nombre de tous ces postes donc si Asalee ne fonctionne pas, c’est la fin… mais quoi mettre en plus de l’hypnose si cela ne fonctionne pas assez ?
C’est la grande question …. et mon inquiétude.
  • As-tu un conseil en particulier à partager aux IDE qui sont dans la même situation que toi ? 
  • Rester en contact avec son employeur et ses collègues, si les relations sont bonnes. Il faut absolument les maintenir pour se sentir moins seul et pouvoir envisager un avenir commun. J’aurais pu le faire à l’EFS, mais impossible dans mon nouveau travail, ce qui a compliqué mon arrêt (je n’ai pas été sereine pendant 1 an et ne le suis toujours pas…)
  • Si trop d’angoisses ou problèmes financiers, ne pas hésiter à prendre contact via Ameli. Franchement, mon assistante sociale a été top et d’une grande écoute, même si mes problèmes n’étaient pas d’ordre financier, elle a été d’un soutien psychologique.
  • Prendre le temps de se soigner surtout car reprendre trop tôt n’arrangera rien, des indispensables il y en a plein les cimetières !
  • Voir avec leur banque pour les prêts de maison, je crois que c’est possible de reporter ou faire marcher assurance.
  • Bien se renseigner, il y a plein de choses qui existent et qu’on ne soupçonne pas quand on est dans sa douleur et ses problèmes.

 

Le témoignage de Carine

 

« J’ai 46 ans et j’élève seule mes trois enfants depuis de nombreuses années.
Je travaille clinique privée dans un bloc opératoire pluridisciplinaire depuis 17 ans. L’établissement possède un service d’urgences et nous avons dans ce cadre des astreintes de nuit et de week-end pour toute chirurgie mais aussi aide opératoire sur césariennes pour le bloc obstetrical.
Mes problèmes de santé sont apparus il y a 6 ans environ. Énorme fatigue , problèmes hormonaux, métrorragies et donc anémie. J’ai eu un premier arrêt.
Je n’ai pas réussi à récupérer facilement et ma santé s’est aggravée.
Il y a 3 ans, il a fallu m’enlever l’utérus et les trompes. J’ai été arrêtée pendant deux mois. Lorsque j’ai repris  rien n’a changé et rien n’a été mis en place pour alléger mon travail. J’étais en train de travailler lorsque j’ai eu une éventration.
Je me suis retrouvée sur un brancard, scanner puis hospit.  J’ai organisé de mon lit la garde de mes enfants. Le grêle s’engageait , j’ai été opérée le lendemain matin tôt,  mise en place de plaque de renfort de paroi de 9cm de diam. Personne n’a pensé à déclarer un Accident de Travail…
Après ça, j’ai été arrêtée 6mois. Le médecin du travail a commencé à se pencher sur ma situation. Il a demandé un poste adapté. Il m’ont mis manager de stérilisation. C’était l’enfer, je bossais 10h par jour minimum avec une équipe à reconstruire. Au bout de 6 mois j’ai craqué. J’avais dû arrêter ma rééducation..
A nouveau arrêt puis reprise. Changement de direction, le directeur me reçoit et m’explique qu’il a besoin de moi au bloc…en effet,  je suis réferente de gynéco et je forme les nouvelles blablabla…j’accepte pour ne pas faire de vague.
Je me refais mal et je subis des intimidations. Là, le médecin du travail intervient. Consigne: je reste chez moi puisqu’ils ne veulent rien faire pour moi.
Je suis donc en arrêt depuis janvier. Je termine un bilan de compétences. Nous avons monté un dossier RQTH afin de préserver ma paroi abdominale.
Le 2 août j’ai été déclarée inapte à tout poste et licenciée dans le mois… dur dur mais salutaire.
Le milieu soignant est devenu très maltraitant.
Le conseil que je donnerai et de savoir écouter les alertes de son corps et d’équilibrer sa vie car on n’en a qu’une…
Voilà mon histoire. »

 

Licenciement pour inaptitude au poste

 

Qu’est-ce qu’un licenciement pour inaptitude ?

Le licenciement pour inaptitude est un mode spécial de licenciement intervenant après un avis médical de la médecine du travail jugeant le salarié inapte à poursuivre son activité professionnelle.

Cette rupture du contrat de travail intervient pour les salariés ne pouvant plus mener leurs missions à bien et dont le reclassement est impossible au sein de l’entreprise.

Ce mode de licenciement ouvre le droit à une indemnité spéciale de licenciement.

Avant de pouvoir engager une procédure de licenciement pour inaptitude, il faut que l’inaptitude ait été constatée par la médecine du travail, seule juge de la santé du salarié ( article L4624-4 du Code du travail).

 

Le témoignage d’Émilie

 

  • Peux-tu nous décrire ton AT/CLM/ invalidité ? 

Après ma journée de travail à l’EFS, je suis allée faire mon footing habituel et me suis fait une grave entorse de la cheville. Les séquelles étaient importantes et ont conduits à une opération après plusieurs mois d’arrêt maladie, durant lesquelles j’ai passé toute sorte d’examens et de tentatives de traitements médicaux.

Après 1 an post op, toujours en arrêt maladie à cause de séquelles invalidantes, nous avons convenus avec mon employeur et le médecin du travail, d’un licenciement pour incapacité au poste, car ils ne pouvaient pas me proposer de poste aménagé.

 

  • En quoi pose-t-il problème pour l’exercice de ton métier d’IDE ? 

Ayant une altération de la mobilité, avec des douleurs importantes à la station debout, marche et conduite de véhicule et que mon poste consistait à conduire sur de longues distances pour aller au site d’exercice du jour, de porter du matériel, piétiner toute la journée sans pouvoir s’asseoir, il était difficilement concevable de tenir des journées ainsi.

 

  • Où travailles-tu et quelle solution t’a-t-elle proposée par rapport à ton AT/CLM/ invalidité ?

Je travaillais à l’EFS et en libéral.

Pour le libéral évidemment j’ai dû cesser mon activité, et ayant une assurance privée, j’ai perçu des indemnités jusqu’à un litige suite à expertise, j’ai dû les mettre au tribunal et ait eu gain de cause.

Quant à l’EFS, n’étant pas possible d’avoir un poste adapté à mon état, j’ai été licencié pour inaptitude au poste.

 

  • Est-ce que cette solution était compatible avec ta situation personnelle ? Pourquoi ? 

Pour l’EFS, cette solution étant la seule possible, j’ai fait avec, mais il est clair que je me suis retrouvée dans une situation économique et morale complexe. D’autant que j’ai eu mon accident au moment où je repassai sur un temps plein suite à 1 an de mi-temps, et que la durée de maladie n’est pas prise en compte pour pôle emploi, mes indemnités journalières sont donc calculées sur la base de mon activité à mi-temps (temps de travail effectif ).

De plus, étant donné qu’il ne s’agit pas d’un AT, mon invalidité ne m’ouvre droit à aucune indemnité pour invalidité professionnelle par la sécurité sociale.

 

  • Comment as-tu fait pour y remédier ? 

Compte tenu de ma situation économique, ( IJ maladie et assurance privée suspendue pour le libéral ) j’ai laissé mon appartement pour m’installer chez mon compagnon, j’ai vendu mon véhicule, et j’ai surtout tenue grâce à mes économies.

Je me suis battue avec l’aide mon avocate pour faire valoir mes droits par rapport à mon assurance privée.

 

  • Quelle est ta situation actuelle ? 

Je suis inscrite pour la 1ère fois de ma vie au chômage, et suite à une longue période d’errance pour ré envisager une carrière professionnelle, j’ai effectué un bilan de compétences auprès de « Charlotte K » que j’ai subventionné avec mon CPF, et suite à cette aide précieuse j’ai réussi à me repositionner pour envisager une reconversion professionnelle.

J’ai investi mes dernières économies pour mes formations en ce sens, car pôle emploi ne m’aidait en rien.

Je lance mon activité en tant qu’accompagnante périnatale avec l’appui d’une coopérative d’Entrepreneurs, ce qui me permet de conserver mes IJ pôle emploi.

 

  • Quelles sont les structures où tu pourrais exercer en tant qu’IDE avec ton invalidité ? 

Je pourrais éventuellement trouver un poste en santé publique, mais il y a souvent des déplacements à faire, et dans ma région cela se traduit par de longues distances à devoir conduire.

 

  • As-tu un conseil en particulier à partager aux IDE qui sont dans la même situation que toi ? 

Mon conseil serait de bien se renseigner auprès des assurances afin d’être certain de ses droits, voir demander conseil à un avocat. Faire un bilan de compétence complet, cela apporte de la crédibilité à votre projet auprès de pôle emploi si vous devez vous reconvertir.

De bien conserver le moindre document, compte rendu médical… cela sera indispensable en cas de dossier à faire en cas de problème.

Je pense surtout au litige avec l’assurance privé du libéral, car cela doit être assez récurrent.

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