Cécile, d’infirmière anesthésiste à juriste en droit de la santé

Se reconvertir d’infirmière anesthésiste en juriste spécialisé en droit de la santé ? C’est possible et c’est la voie qu’a choisie Cécile.

Cécile rêvait d’être IADE. Mais une fois son rêve atteint, elle a vécu la dégradation de ses conditions de travail et de l’ambiance dans l’équipe. Un bilan de compétence l’a aidée à trouver sa nouvelle voie. Cécile a choisi de devenir juriste en droit de la santé en reprenant ses études à l’université par la voie de l’enseignement à distance.

Un juriste en droit de la santé est un professionnel recherché pour ses compétences très spécialisées. Les entreprises médicales et paramédicales sont soumises à de nombreuses normes et lois. Elles interagissent avec des patients/usagers qui ont également des droits et des devoirs. Et tu n’es pas sans savoir que la société est de plus en plus judiciarisée et procédurière. Un service ou un conseiller juridique est donc indispensable.

Un juriste en droit de la santé peut travailler dans diverses structures : hôpitaux et cliniques, assurances, caisses de sécurités sociales, associations, etc.

Il conseille et veille à la mise en application des normes. Il intervient sur les litiges juridiques, contrôle la conformité et la validité des documents… Ses missions sont nombreuses et variées.

Cécile te raconte son parcours, d’infirmière anesthésiste à étudiante en droit pour devenir juriste en droit de la santé.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence

“J’ai suivi des études d’infirmière de 2010 à 2013.

Fraichement diplômée, j’ai exercé dans différents services avec toujours un but, me former aux services plus techniques pour préparer au mieux la spécialité que je visais depuis mon engagement dans la profession : l’anesthésie.

Je rêvais d’intégrer les SAMU. Mais c’est au fil des ans que j’ai constaté que l’IADE en était petit à petit évincée au profit des infirmiers non spécialisés. Déjà engagée dans la profession d’infirmière, je continue mon projet et exerce aux urgences, réanimation, salle de réveil, USIC et peu de temps en soins généraux.

En 2019, je suis enfin IADE. Objectif accompli, j’étais la plus heureuse d’avoir atteint ce but fixé depuis 2010 !”

Quelle est la suite de ton parcours d’IADE ?

 

“J’intègre une structure riche en spécialités au bloc opératoire. Les premiers temps se passent relativement bien avec une équipe certes grande, mais bienveillante. Le temps de découverte passé et la covid insérée dans notre quotidien, je vois désormais les défauts, les incohérences et les limites de mon métier.

Je constate le manque de reconnaissance général, une organisation sans logique, des anomalies évidentes, des réflexions déplacées, des signalements sans suite. Je vois surtout un manque de volonté à permettre aux équipes de s’investir pour faire avancer une belle spécialité.

Il ne manquait plus qu’une grande dispute en salle avec l’équipe médicale pour me forcer à une pratique non légale pour me faire définitivement partir.

Le choix de ne plus exercer du tout s’est également basé sur le conflit IPA-IADE. Nous sommes formés à l’anesthésie, mais aussi à la douleur, la réanimation et la médecine d’urgence, et personne ne le reconnait.

Même notre ARS ne nous soutient pas car « nous allons nous renseigner sur votre spécialité parce que nous ne la connaissons pas ». Quelle honte !

Aujourd’hui, moins de trois ans après mon diplôme, je tire ma révérence, pour un temps ou pour toujours. Finalement, je n’étais peut-être pas faite pour ça.

À la suite de ce choix, j’ai réalisé bilan de compétences et c’est la meilleure décision que j’ai pu prendre en cette période de grande remise en question.”

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

“J’avais déjà une idée depuis quelque temps : allier mon expérience de paramédicale à une activité différente, mais complémentaire de la santé.

En restant ouverte à toute proposition pendant mon bilan, j’ai confirmé ce choix de faire du droit de la santé.

Je démarre la faculté de droit en octobre avec l’objectif final de devenir juriste en droit de la santé. L’inscription se fait via le service d’enseignement à distance et non pas par ParcourSup, car je vais travailler en même temps. Je n’aurai pas le statut étudiant, mais le statut de stagiaire de la formation continue.”

Comment s’est passé le départ de ton précédent job ?

 

“J’ai démissionné et ne rentrais pas dans les cases du dispositif démissionnaire Macron.

J’ai donc perdu tous mes droits, mais gardé ma dignité. Car l’hôpital a refusé ma rupture conventionnelle et m’a fortement poussé à faire un abandon de poste.

Bien évidemment, j’ai refusé. L’idée même d’avoir un dossier professionnel impeccable, taché à vie d’une faute professionnelle grave m’était impossible.

J’étais également intérimaire, et je dois dire que cela se passait bien, mais en décidant de tout d’arrêter, j’ai stoppé cette activité.”

Comment ont réagi tes proches ?

 

“Ils ont bien réagi, très bien même.

Passé l’incompréhension de vouloir quitter un métier que j’exerçais depuis peu et dans lequel j’étais compétente, ils ont accepté mes arguments de changement de voie et de vie. J’ai leur soutien et c’est un grand soulagement.

Merci à eux.”

 

Vers quelle activité t’orientes-tu ?

 

“Je vais suivre les cours du soir et weekend à la fac en parallèle d’un nouveau travail.

Comme je dois m’autofinancer, la solution du travail en plus des études était indispensable. J’en ai donc trouvé un dans la télémédecine. C’est une nouvelle aventure !”

Quels sont tes projets, tes rêves pour la suite de ton parcours professionnel de juriste ?

“Je souhaite m’accomplir dans ce nouveau travail et réussir mes études (5 ans, c’est long, mais pas impossible !)”

Comment gères-tu la transition financièrement ?

“J’avais de l’argent de côté. Cela m’a permis de ne pas ou peu solliciter de tiers, le temps de retrouver un travail.

Je vis en couple et j’ai essayé de ne pas trop faire peser le choix que j’ai fait sur l’équilibre de la famille.”

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

“Il est difficile de trouver les bonnes informations, d’être bien conseillée dans cette transition où le moral est très fluctuant et où l’on peut alors faire des erreurs d’orientation.

C’est important de bien préparer son projet en termes de réalisme (marché de l’emploi, évolutions possibles, lieu de formation) et de financement.

Ma solution a été de faire un bilan de compétences.

Cet accompagnement m’a permis de me poser les bonnes questions et d’avancer. Je leur serai toujours reconnaissante de m’avoir accompagnée dans ce moment de changements où l’on doit garder un cap pour ne pas se perdre.”

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion, mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

 

“Comme énoncé plus tôt, il faut bien se préparer avant de faire des choix hâtifs.

Mon seul regret a été de ne pas « tenir » suffisamment longtemps dans mon poste pour réaliser le bilan de compétences avant de démissionner.

Beaucoup de formations sont accessibles et finançables selon son statut. Mais sachez bien que le statut de démissionnaire vous retire beaucoup de droits et beaucoup de solutions de reconversions.

Je m’étais autofinancée pour être IADE et aujourd’hui m’autofinance encore pour ces études. Si je n’avais pas trouvé un travail qui me procure un salaire me permettant de le faire, je n’aurai pas pu aboutir mon projet.”

 

Quand on est infirmière, quelle formation suivre pour devenir juriste en droit de la santé ?

 

Pour devenir juriste en droit de la santé, il faut faire :

 

  • une licence de droit 
  • un master 1 en droit privé ou public
  • il est conseillé de réaliser un master 2 en droit de la santé ou droit de la responsabilité médicale.

 

Pour exercer dans la fonction publique hospitalière, il faut passer les concours de la fonction publique.

Connaitre intimement le secteur de la santé, le fonctionnement des institutions, les préoccupations des soignants est un vrai atout dans cette profession.

 

Qu’est-ce que le service universitaire d’enseignement à distance ?

 

Le service universitaire d’enseignement à distance permet aux étudiants de s’inscrire pour suivre des cours en ligne. Ils peuvent ainsi préparer des diplômes en distanciel. En général, les universités proposent des plateformes pédagogiques complètes.

Ce système est très adapté à la formation continue. En effet, il permet aux personnes inscrites de cumuler activité professionnelle et études.

Pour information, tu peux, en cliquant sur le lien, accéder aux études à distance proposées par l’université de Strasbourg : L’enseignement à distance à l’université de Strasbourg.

 

 

Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Stéphanie, d’infirmière à assistante comptable.

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