Aurélie : d’infirmière à graphiste designer

 

Immergeons-nous aujourd’hui dans un univers très différent des soins, de l’hôpital et de la prise en charge de nos patients. Nous allons grâce à Aurélie, explorer l’univers créatif du design puisqu’elle a entamé une reconversion, d’infirmière à graphiste designer.

En quoi consiste sa nouvelle activité ? Comment a-t-elle fait pour y parvenir ?

 

Aurélie nous raconte son parcours.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence

 

« J’ai eu mon bac S ensuite j’ai fait une première année d’école de médecine en Guadeloupe sur mon île.

Suite au mauvais placement sur la liste pour passage en 2ème année de médecine, je me suis réorientée en 1ère année biologie santé mais ça ne me plaisait pas… Du coup j’ai fait une première année d’assistante de gestion PME-PMI par correspondance avec le CNED. En parallèle je bossais comme hôtesse de caisse, ça me permettait de pouvoir partir passer mes concours infirmières de manière plus libre.

 

J’ai eu ma première année d’assistante de gestion haut la main et également mon concours. J’ai voulu faire les 2 mais la dérogation ne m’as pas a été accordée pour réduire mon temps de stage en assistante gestion. Donc j’ai laissé tomber ce cursus et je me suis réorientée uniquement sur mon métier de cœur, je voulais être infirmière (comme celle qui s’occupait de ma grand-mère comme si c’était la sienne).

 

J’ai passé le concours d’infirmière et je suis rentrée à l’école en France métropolitaine dans un IFSI parisien.

A la fin de mes 3 années d’études, j’avais pris un engagement avec un hôpital pour le financement de ma 3ème année d’études. Je devais donc 1 an à cet hôpital.

J’ai débuté ma carrière au sein du service des Urgences adultes. J’y ai passé 5 longues années. Suite à une volonté de voir autre chose, j’ai cherché en vain un nouveau service sans vraiment trouver où déposer mes valises.

 

Et ensuite ?

 

J’ai commencé à apprendre la couture, et je me suis trouvée une passion et un talent pour la créativité (que, entre nous, tout le monde possède). L’appel de l’Océan Atlantique et l’envie de revoir ma famille ont été plus forts. Donc après 8 ans passés en France Métropolitaine, je décide de quitter Paris.

Je retourne en Guadeloupe, j’y travaille tout d’abord quelques mois en tant que remplaçante dans un cabinet d’infirmière libérale. Puis je passe assez vite collaboratrice. Je le suis encore au moment où je vous écris.

 

Suite au bilan de compétence de Charlotte K, je suis depuis quelques mois en formation de Graphiste Designer pour me permettre d’acquérir des compétences essentielles. Je souhaite proposer des choses de qualités et surtout atteindre un grand objectif. »

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

« Ma nouvelle voie s’est, à vrai dire, imposée à moi. Comme je l’ai dit, la créativité et la couture sont devenues une passion. Et j’avais dans l’idée de faire plus, d’apporter plus de bonheur, de joie dans ce monde.

Grâce au bilan de compétences de Charlotte, j’ai mis la main sur ce qui me plait plus qu’être infirmière. Laisser mon imagination et ma créativité s’ouvrir telle une fleur en plein rayon de soleil est ce dont mon esprit, ma conscience et mon mentale avaient besoin. C’est à ce moment-là que je me suis « retrouvée ».

 

Je suis actuellement une formation Bachelor Graphiste Designer (niveau bac +3) également par correspondance, cela me permet de travailler et de me former en même temps.”

 

Comment sest passé le départ de ton précédent job ?

 

« J’ai opté pour le slashing. Ce qui veut dire que pour le moment j’exerce les 2 activités ou plutôt les 3. Car mon activité de créatrice n’est pas encore suffisamment développée pour pouvoir en vivre.

 

Je n’ai pas encore terminé ma formation pour pouvoir également proposer mes services en tant que Graphiste Designer. J’ai tout de même réduit mon activité d’infirmière libérale, en prenant une remplaçante et en ne travaillant que quelques jours par mois. »

 

Comment ont réagi tes proches ?

 

« Au début ça a été la stupéfaction. Ma mère s’est demandée pourquoi je voulais changer de branche, alors que j’avais un excellent métier, bien payé.

Mon père, qui pourtant est celui plus apte à comprendre ma démarche (ancien comptable devenu électricien. Il a créé sa société puis est devenu technicien en téléphonie en tant que salarié) ne comprenait pas mon envie soudaine de changer de métier, de voie.

 

En effet, ils sont d’une génération où même si l’on n’aime pas ce que l’on fait, on y reste pour nourrir sa famille, avoir un toit sur la tête. J’aspire, moi, à pouvoir être heureuse et épanouie dans mon travail.

 

Avoir envie d’aller travailler chaque matin, et pas y aller à reculons comme cela a été le cas de nombreuses fois, trop de fois avec mon métier d’infirmière.

Katia, ma tutrice m’a donnée une astuce pour percer l’abcès avec mes proches. Il s’agissait de leur demander simplement quel métier ils auraient aimé faire sans jamais oser, que ce soit par manque de temps, pour ne pas sortir de leur zone de confort.

Les réponses sont surprenantes. Quand j’ai posé la question à ma mère, elle m’a répondu qu’elle aurait changé de métier il y a bien longtemps. Et finalement a compris pourquoi je voulais changer.

 

C’est pareil pour mon père, il s’est rappelé qu’il avait exercé plusieurs métiers et les raisons pour lesquelles il avait changé. »

 

Tu as suivi la formation de ma vie d’IDE à ma vie IDEale, que dirais-tu à ceux qui hésitent aujourdhui ?

 

« Honnêtement, n’hésitez plus foncez !

Quand j’ai contacté Charlotte, j’étais à la limite de la dépression. Je ne souhaitais plus faire mon métier.

Comment prendre soin des autres quand on ne prend pas soin de soi-même ? Une journée en septembre vraiment affreuse, je suis rentrée de ma tournée du matin et je me suis dit que s’en était trop. J’ai pris mon Mac et j’ai réservé un entretien téléphonique avec Charlotte K pour en savoir plus.

 

Il faut savoir que j’étais déjà tombée à nombreuses reprises sur le site. Mais je n’avais jamais osé demander un rappel. Je peux comprendre que ce soit un investissement. Mais je vous assure que ça vaut le coût. Vous finissez cette formation, en ayant appris plus de chose sur vous en 2 mois et demi qu’en toutes vos années de vie.

 

Le retour sur investissement est magnifique. »

 

En quoi consiste ton activité aujourdhui ?

 

« Mon activité consiste à laisser parler mon imagination, mes pensées créatrices.

Je débute ma journée avec une méditation de 30 minutes, ensuite je note sur le Note de mon téléphone portable les idées créatrices que j’ai eu durant la nuit ou durant ma séance.

Je prépare mon fils pour l’amener chez l’assistante maternelle. Je le dépose. Je retourne chez moi pour mettre en application mes idées sur mes logiciels. Je peaufine, j’efface et je recommence.

 

Puis, j’avance sur mes cours de graphiste designer (les examens sont en décembre). Je prends le temps de déjeuner. Je me repose.

Puis je pars chercher mon fils et on fait des activités ensemble. Ces jours-là alternent avec des journées de tournée en tant qu’infirmière libérale. »

 

 

 

Quels sont tes projets, tes rêves ?

 

« Je souhaite pouvoir vivre de ma passion et de mon nouveau métier de Graphiste Designer.

J’annonce bientôt officiellement l’ouverture de ma marque, de ma boutique en ligne Orèl Design Kréasyon. On proposera des articles personnalisés pour bébés/enfants mais aussi maman ou maman en devenir.

Sur le long terme, j’aimerais pouvoir proposer mes propres cartes-étapes naissance designées par moi. Mais également des affiches éducatives pour les enfants allant de 2 ans à 9-10 ans. »

 

Comment gères-tu la transition financièrement ?

 

« La meilleure manière de gérer est d’exercer les 2 métiers avant de pouvoir en vivre.

Tout le monde ne peut pas se permettre de lâcher un métier bien payé.

Je fais donc du slashing, j’attends que ma boutique marche très bien avant de lâcher le métier d’IDE.

 

Mon père dit souvent « tu ne verras jamais un singe lâcher une branche avant d’être sûr d’avoir attrapé la suivante ». Mais si la situation fait que tu ne peux pas rester dans ton métier actuellement, je voudrais que tu saches que tu n’es pas qu’infirmière ou infirmier.

 

Tu es avant tout toi, un être à part entière. Et s’il faut faire un métier pour payer les factures et se nourrir, il y en a, tu en feras en attendant de pouvoir vivre du métier que tu souhaites. »

 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

 

« Les difficultés d’une reconversion sont surtout liées à la peur. La peur de l’échec est omniprésente. On souhaite cette reconversion mais on est tellement bien dans son confort.

 

On a peur de ne pas y arriver, de se lancer dans quelque chose où l’on va tomber du haut de l’échelle. Le doute surgit également, on ne sait pas si c’est la bonne chose à faire. Mais on doit oser cueillir le bonheur. Pour les dépasser, il faut tout d’abord être motivé, connaitre les raisons pour lesquelles on fait cette reconversion et dans quel but.

 

Une fois que l’on sait ça, on doit avancer en étant focus sur ces raisons. Quand le doute surgira, car bien évidemment il surgira, il faudra se rappeler des raisons qui font que l’on a pris ce chemin. »

 

Comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ?

 

« C’est le plus gros challenge ! Je suis mère célibataire d’un petit garçon de 20 mois, donc mon quotidien est bien chargé surtout avec mes grandes amplitudes horaires en tant qu’infirmière libérale.

 

Tout est une question d’organisation. Il faut accorder du temps aux enfants, au 1er métier et au 2ème métier (ou à la formation en amont). Mais avec la motivation, on trouve le temps.

 

On se motive en se disant que c’est finalement pour eux qu’on le fait, d’une part en leurs accordant du temps de qualité avec nous mais également en leurs montrant qu’ils doivent faire avant tout un métier qu’il aime, qui les passionne et pas parce qu’untel ou untel fait ce métier, ou qu’il est bien payé. On leur apprend à ce moment-là qu’on doit faire un métier qui respecte les valeurs que l’on a. Et qu’il n’est jamais trop tard pour changer de branche ou apprendre d’autres choses. »

 

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais na pas encore osé franchir le pas ?

 

« C’est un acte qui doit être réfléchi.

On ne fait pas une reconversion sur un coup de tête. Si les motivations sont connues et bonnes, il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas. Mais pour commencer, il faut apprendre à s’écouter. Et notre qualification en tant qu’infirmière ou infirmier fait que la capacité d’écoute est un acquis de part notre formation. Vous devez juste vous l’appliquer à vous-même.

 

Écoutez ce que vous dit cette petite voix, qui chuchote tout bas ce que vous refusez d’entendre. Puis lancez-vous ! Il ne peut y avoir de réussite sans effort. »

 

 

Tu peux voir le travail d’Aurélie sur ses différents réseaux sociaux, Instagram et Facebook : @Oreldesignkreasyon 

 

 

Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Pauline, d’infirmière à doula.

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