Ambre, d’infirmière à Travel Planner

Ambre s’est reconvertie, d’infirmière à Travel Planner ou organisatrice de voyage indépendante.

Elle a presque construit son métier, pour qu’il corresponde exactement à ses envies et développe aujourd’hui son activité.

 

Je te laisse découvrir son témoignage.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence

 

« Tout d’abord, le métier d’infirmière a été comme une évidence pour moi.

 

Depuis le collège, je savais que je voulais faire ce métier et j’ai fait mes études en accord avec cette envie : un bac sciences médico-sociale, concours pendant mon année de terminale, IFSI au sein de l’Hôpital Bichat à Paris où j’ai été diplômée en 2009.

 

Bref, des études sans vraiment d’encombres !

 

J’ai pris mon premier poste en réanimation hépato-digestive à l’Hôpital Beaujon, après mon stage pré-professionnel réalisé là- bas.

J’y suis restée 5 ans et j’en garde un merveilleux souvenir. Certes, il y avait beaucoup de travail, mais j’étais entourée d’une équipe médicale bienveillante et dans le partage des connaissances, ainsi qu’une équipe paramédicale prévenante, encourageante et aidante… Une vraie petite famille, dont je garde de belles amitiés aujourd’hui !

 

Au bout de 5 ans, j’ai voulu voir autre chose que le milieu hospitalier.

 

Je pars donc pour faire de l’HAD au sein d’une entreprise privée La Fondation Santé Service, à laquelle j’intègre l’équipe du Pool Sud Paris.

 

Cette expérience m’a permis d’avoir accès à pleins de formations et à développer encore plus ma capacité d’adaptation ! Car en HAD ou à domicile, on entre dans l’intimité du patient, parfois on fait les soins dans des conditions pas forcément confortables…

 

Au bout d’un an, j’ai l’impression d’avoir fait le tour. Les patients changent mais je trouve le rythme un peu rébarbatif et surtout, je n’ai pas vraiment l’esprit d’équipe que j’aime…

 

Je décide de réintégrer l’AP-HP, au sein de la réanimation médicale de l’Hôpital Bicêtre. Et là, je déchante !

L’ambiance n’a rien à voir avec le service de réanimation que j’avais connu à Beaujon : aucune entraide, des aides-soignantes qui veulent s’imposer face aux nouvelles infirmières, des médecins très distants et ne prenant pas vraiment en compte nos remarques …

Je pleure tous les jours en allant ou en rentrant du travail. Je n’ai jamais connu ça, c’est vraiment déstabilisant pour moi ! »

 

La naissance de ta fille, un tournant dans ton parcours

 

« Un petit rayon de soleil pointe le bout de son nez. Je tombe enceinte et accouche de ma fille cette année !

Ma décision est prise, je ne retournerais pas travailler là- bas ! Je pars donc à la recherche d’un poste, si possible sans nuit et sans weekend. Et là je découvre le bloc et la SSPI !

 

Je prends un poste en SSPI à la Clinique du Trocadéro dans Paris. Les locaux sont un peu vieillissants et étroits mais l’ambiance y est familiale et la chef de bloc très prévenante avec son équipe, je revis !

 

Au bout d’un an, habitant en Essonne, les trajets m’épuisent et je décide donc de trouver un poste en SSPI plus proche de chez moi.

 

J’intègre donc la SSPI de la Clinique de l’Essonne à Evry à environ 15 min de mon domicile.

 

Il y a beaucoup de travail mais l’ambiance y est encore une fois bonne. On se serre les coudes malgré une direction et une chef de bloc pas toujours réglo avec ses salariés.

 

Un changement de planning pour un rythme totalement aberrant me fera prendre une décision à laquelle je ne me pensais pas capable : quitter un CDI et réfléchir à mon avenir !

 

Au bout de 10 ans de diplôme, je me sens capable de me lancer dans des vacations dans des établissements et services que je ne connais pas.

 

Je choisis de travailler 3 jours en vacation les lundis, mardis, mercredis en vacation et de garder les jeudis, vendredis pour faire le point sur moi, mes envies et comment j’envisage mon avenir.

 

Après avoir mis tout ça sur papier, je trouve donc ma nouvelle voie et mon nouveau projet ! »

 

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

« Le monde du voyage a été une évidence.

 

J’ai toujours beaucoup voyagé, surtout avant d’avoir ma famille, le peu d’économies réalisées étaient destinées à financer le prochain voyage !

 

Au début, je ne savais pas trop comment faire de cette passion un métier. Je voulais un travail me permettant d’allier cette passion avec ma capacité d’organisation acquise avec mon travail d’infirmière mais aussi compatible avec ma vie de famille.

 

Concrètement, j’ai fait des listes : de quoi j’avais envie dans ma vie perso, de quoi j’avais envie dans ma vie pro, mes rêves, mes compétences, mes passions et j’ai regardé ce qui matchait ensemble et réfléchi à comment « mélanger » tout ça pour créer un métier !

 

Je ne pensais pas du tout être en capacité de créer ma propre entreprise!

 

J’ai beaucoup fait de recherches métier et puis j’ai découvert le métier de Travel Planner ou organisateur de voyage indépendant, encore assez peu connu et développé en France.

 

Je trouve assez peu d’informations, que ce soit sur internet, auprès de la chambre des métiers ou même de Pôle emploi. Et puis je fais des rencontres, notamment grâce à Instagram, de femmes qui se sont lancées dans ce métier et en vivent !

 

Je prends donc un maximum d’informations auprès d’elle : la réglementation, la relation client, combien elles facturent… Je ne les remercierai jamais assez d’avoir partagé leurs expériences avec moi !

 

Puis le Covid débarque … Tourisme à l’arrêt, j’enchaine les vacations en réanimation pour aider comme je peux. Je termine épuisée, dégoutée, et avec une seule idée, lancer concrètement ma reconversion !

 

Je fais une formation pour devenir Travel Planner, une seule existe en France et elle n’est malheureusement pas finançable. Cela m’oblige à prendre sur mes économies.

 

Février 2021, je crée mon autoentreprise en plein Covid. Le choix est réfléchi. Je veux prendre le temps de poser les bases et de me faire connaître.

 

Début 2022, les voyages reprennent et je signe mes premiers clients ! »

 

Comment s’est passé le départ de ton précédent job ?

 

« J’ai démissionné de mon dernier poste en CDI en SSPI à la Clinique de l’Essonne en octobre 2019.

 

Je me suis inscrite à Pôle Emploi dans la foulée. Je savais que je n’avais pas le droit à une indemnisation mais j’ai pu bénéficier d’un accompagnement à la création d’entreprise.

 

Pour garder un niveau financier correct, je faisais des vacations 3 jours / semaine, condensées sur le début de semaine (lundi, mardi, mercredi) et le reste de la semaine, je travaillais à développer mon projet. »

 

Comment ont réagi tes proches ?

 

« Mon mari m’a soutenu dès le début même si l’enjeu financier lui faisait et lui fait toujours peur ! Ce que je comprends tout à fait, nous avons un crédit immobilier, une petite fille à nourrir…

 

Mais le fait de garder les vacations l’a convaincu et aujourd’hui c’est mon plus grand soutien !

 

A chaque fois que je veux abandonner, il est derrière moi à me « secouer le coco » pour que je me remotive ! Ma maman et ma sœur ont pensé que c’était un peu une nouvelle lubie. Mais au fur et à mesure que mon projet prenait forme, elles y ont cru et aujourd’hui, elles sont mes plus grandes « commerciales » auprès de leur entourage !

 

Du côté de mes amies, il y a un peu 2 clans : les soutiens inconditionnels, qui sont là depuis le début, qui parlent de mon activité, qui sont même prêtes à tester le concept… Et d’autres, plus sceptiques, qui ont même essayer de me décourager, en me disant que je n’avais pas les compétences, que l’entrepreneuriat n’était fait pour des femmes (oui oui encore aujourd’hui!).

 

Mais ils ne savaient pas que sur moi, cela ferait l’effet inverse et que cela me mettrait un coup de pied aux fesses !!! »

 

Quelles formations as-tu réalisées en plus ?

 

« J’ai pu bénéficier d’un accompagnement à la création d’entreprise par Pôle Emploi, qu’il est possible d’avoir dès son inscription. Cela m’a permis de faire mon étude de marché, de créer un prévisionnel, de réfléchir à ma communication…

 

J’ai également fait une formation de Travel Planner pour en apprendre plus sur le monde du tourisme, la relation client, comment créer un voyage de A à Z, les aspects législatifs…

 

Actuellement, je fais dans l’année, 2 sessions de conseils pour le métier de Travel Planner et 2 sessions de conseils pour ma communication dans l’année afin de faire évoluer et grandir mon entreprise. »

Ambre, d’infirmière à Travel Planner

En quoi consiste ton activité de Travel Planner aujourd’hui ?

 

« Aujourd’hui, mon activité est donc d’être Travel Planner aka organisatrice de voyage indépendante.

 

Je ne vends pas de voyage tout prêt.

 

Je vends mes conseils et mon expertise en termes d’organisation de voyage.

 

Mes conseils portent sur les destinations. Je décharge mes clients des recherches en lien avec leurs projets (vols, hébergements, activités, incontournables sur place…). Je pars d’une page blanche pour chaque client et je m’adapte à leurs envies, leur façon de voyager et leurs budgets.

 

Un peu comme un wedding planner mais version voyage ! »

 

Quels sont tes projets, tes rêves ? 

 

« Mon rêve serait de pouvoir en vivre complètement.

 

Pour le moment, je dois encore faire quelques vacations (1 à 2/semaine) pour pouvoir assurer le confort financier de ma famille.

J’ai déjà réduit de moitié mon activité d’infirmière au profit de celle de Travel Planner !

 

J’ai plein de projets de développement pour mon entreprise, que j’espère pouvoir mettre en place…

J’aimerais aussi pouvoir aider d’autres personnes dans leur projet de reconversion. J’envisage donc peut-être une formation pour devenir coach à la reconversion professionnelle et cumuler les 2 activités !

 

Côté personnel, je rêve d’un voyage de 3 mois en famille pour nous créer une bulle de souvenirs à 3 ! »

 

Comment gères-tu la transition financièrement ?

 

« Je continue à faire quelques vacations / semaine pour conserver un revenu fixe.

 

J’ai trouvé mon rythme cette année. En 2021, j’ai un peu tâtonné, je faisais trop de vacations et je n’arrivais pas à développer mon entreprise comme je le souhaitais, ce qui était un peu frustrant.

Début 2022, j’ai calculé mes charges personnelles, le budget incompressible en gros, et je fais des vacations uniquement pour atteindre ce budget.

 

Cela me laisse du temps pour mes projets clients et sur mon développement. »

 


Difficultés de la reconversion

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

 

« Les difficultés que j ‘ai rencontrées et que beaucoup rencontrent, quand j’en parle avec d’autres personnes passées par là, sont les suivantes :

 

Faire le point sur ce qu’on veut vraiment ! Pas seulement « qu’est-ce que je pourrais faire pour quitter ce travail avec lequel je ne suis plus alignée? ». Vraiment se poser et ne pas se précipiter ! Personnellement, moi j’ai fait des listes. Je ne sais pas si c’est la bonne méthode, mais cela m’a permis de faire le point sur plein d’aspects et savoir ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais plus !

 

Se former ! Financièrement ce n’est pas forcément facile mais cela donne une certaine confiance et des bases métier pour se lancer.

 

Ne pas écouter tout le monde ! L’entourage peut être vraiment encourageant mais aussi tout le contraire !

La plupart du temps, ils projettent leurs propres peurs, qui ne sont pas forcément les nôtres. Il faut donc faire le tri dans ce que nous dit l’entourage.

 

S’accrocher ! Ce n’est pas tous les jours facile. On se compare aux autres qui réussissent, on a envie d’abandonner au moins 1 fois / mois …. Pour cela, on coupe les réseaux sociaux qui peuvent faire du bien mais aussi du mal ! On ne se compare pas avec quelqu’un qui est lancé depuis plus longtemps. Il faut s’entourer de personnes bienveillantes.

Moi, je fais partie de 2 réseaux d’entrepreneurs et c’est un condensé de bonnes ondes.

 

Faire des pauses ! C’est un projet assez « envahissant » dans le sens où on y pense tout le temps, on a envie que cela aille vite, on ne parle plus que de ça …. Mais il faut prendre des pauses, couper de tout ça ! Continuer de partir en vacances avec sa famille, sans toucher son ordi, couper les week-ends pour profiter d’eux, voir ses amis… »

 

Si tu as des enfants, comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ? 

 

« Pas simple tous les jours, cela ajoute un peu de charge mentale !

 

Ma fille a 5 ans, depuis qu’elle va à l’école c’est beaucoup plus simple ! Je travaille sur ses horaires d’école et si besoin, le soir quand elle est couchée.

J’ai commencé mon processus de reconversion avant l’entrée à l’école. Là, je travaillais quand elle faisait la sieste, le soir quand mon mari rentrait et quand elle était couchée.

Le weekend est, par contre, totalement consacré à ma famille (sauf en cas de gros projets mais c’est très ponctuel).

 

Malgré beaucoup de travail, je ne regrette absolument pas !

Avant j’étais en 12h, je ne la voyais donc pas le matin et je rentrais le soir pour le câlin avant le dodo. Pas vraiment ce que j’aspirais en tant que maman…

Maintenant, je peux accompagner ma fille le matin à l’école et la récupérer le soir. Je peux l’accompagner à des sorties scolaires. Je profite d’elle le soir après l’école, nous cuisinons toutes les deux… »

 

 

Conseils

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

«Mon principal conseil serait de prendre le temps de faire le point avec soi-même, se renseigner sur les possibilités de métier et oser se lancer !

C’est finalement le plus dur, se mettre dans l’action ! Mais qu’est-ce que c’est gratifiant de voir qu’on avance, que nos projets se concrétisent !

 

Je ne pensais pas être capable de créer ma propre entreprise, de créer un site internet, de gérer ma communication, d’avoir des clients, de démarcher des partenaires …

 

Aujourd’hui, je n’en vis pas encore complètement mais je suis totalement épanouie, alignée avec qui je suis et ce que je fais, j’ai des clients, j’ai des partenaires, je développe des collaborations incroyables !!

Même si on a l’impression de ne pas avoir assez de compétences, on a toutes en nous, des qualités, la capacité d’apprendre et de créer le métier de nos rêves ! »

Ambre, d’infirmière à Travel Planner

 Où retrouver Ambre ?

 

L’entreprise d’Ambre s’appelle Rêve de Voyage.

Tu peux la retrouver sur son site internet www.revedevoyage-tp.com et sur Instagram @revedevoyage_travelplanner

 

Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Christelle, d’infirmière à wedding designer.

+ Si tu es infirmier ou infirmière et que tu cherches à te reconvertir ou évoluer professionnellement, viens rejoindre le groupe Facebook d’IDE en quête d’évolution professionnelle et n’hésite pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, Youtube et Instagram.

+ Si tu souhaites atteindre ta vie IDEale, viens découvrir mon accompagnement pensé par et pour des infirmières en quête d’évolution ou de reconversion professionnelle.

 

 

 

5/5 - (1 vote)
Share This