Témoignages d’IDE qui ont repris des études de médecine

Reprendre médecine après avoir été infirmière ou infirmier ne ressemble pas au même projet pour tout le monde. Insia, Kathleen et Florent ont emprunté des chemins différents. Leurs témoignages permettent surtout de comprendre ce qui se passe après l’idée de départ : reprendre un rythme d’études intense, financer plusieurs années, organiser sa vie et vérifier que l’on veut réellement devenir médecin.

Édité le 4 Septembre 2026

Rédigé par Charlotte Kerbrat

La reconversion de Kathleen, d'infirmière à médecin

Charlotte, t’aide dans ton évolution professionnelle à partir de tes compétences et de ton diplôme d’infirmier. Prêt(e) à trouver ta vie IDEale ?

Je découvre Charlotte K

Tu connais peut-être déjà l’existence de la passerelle ou de la L.AS. Mais savoir qu’une voie est ouverte ne dit pas encore ce que signifie redevenir étudiante après avoir travaillé comme IDE.

C’est précisément le rôle de cette page. Elle réunit plusieurs vécus pour t’aider à te projeter et à comparer. Elle ne remplace pas la page de référence sur les conditions d’accès, le dossier ou les règles actuelles : pour ces informations, consulte la passerelle infirmière vers médecine.

À retenir:

  • Insia, Kathleen et Florent n’ont pas suivi exactement le même chemin vers médecine.
  • Insia raconte une reprise par une L.AS ; Kathleen et Florent documentent des parcours liés à la passerelle.
  • Le retour aux études ne se résume pas à l’admission : rythme de travail, durée, revenus et organisation reviennent fortement dans leurs récits.
  • Leur expérience infirmière apporte des repères, mais elle ne supprime ni les apprentissages théoriques ni les exigences du cursus médical.
  • Les témoignages d’Insia et Kathleen sont reproduits plus bas dans leur version d’origine. Certaines informations pratiques correspondent donc à la période où elles ont témoigné.
  • Florent possède une étude de cas dédiée : son histoire complète n’est pas dupliquée ici.

Trois parcours vers médecine, trois expériences différentes

Ces témoignages sont intéressants précisément parce qu’ils ne racontent pas une recette unique. Le point de départ, la voie choisie et les difficultés rencontrées ne sont pas les mêmes.

ParcoursVoie racontéeCe que son témoignage éclaire surtout
InsiaL.ASLe retour à un apprentissage très académique, la régularité et l’organisation autour des études
KathleenPasserelle, expérience de sélection en 2020Le besoin d’aller plus loin dans le raisonnement clinique, l’apport de l’expérience IDE et le poids du financement
FlorentPasserelleLa transformation d’une envie ancienne en projet de reprise d’études suffisamment préparé pour passer à l’action

Les modalités d’accès évoquées dans les anciens témoignages correspondent à leur propre période. Elles ne servent donc pas à décrire les règles applicables aujourd’hui.

Insia : retrouver un rythme d’études après avoir été infirmière

Dans son témoignage initial, Insia explique que l’envie de médecine était ancienne. L’IFSI lui avait permis de rester dans le monde hospitalier, mais les stages et le contact avec les médecins avaient renforcé son intérêt pour cette autre profession.

Pour sa reprise d’études, elle raconte avoir choisi une L.AS en sciences sanitaires et sociales. Son expérience est particulièrement utile pour comprendre le changement de rythme entre une formation infirmière très liée à la pratique et des études qui demandent de nouveau beaucoup d’apprentissage théorique.

« Il ne s’agit pas d’une course, mais d’un marathon. »

Ce qu’Insia décrit le plus nettement n’est pas un manque de motivation. C’est la nécessité de rester régulière malgré la charge de travail, les périodes de découragement et la quantité d’informations à assimiler.

Son témoignage rappelle aussi l’importance de ce qui existe autour des études. Elle insiste sur un environnement personnel suffisamment stable, sur les questions financières et sur la difficulté de cumuler une forte charge universitaire avec d’autres problèmes à gérer en parallèle.

Pour une IDE déjà en poste, c’est probablement l’un des enseignements les plus utiles de son récit : choisir une voie d’accès est une étape. Pouvoir ensuite organiser sa vie autour des études en est une autre.

Kathleen : vouloir comprendre davantage et gagner en autonomie

Le parcours de Kathleen part d’une frustration différente. Dans son témoignage, elle explique que son exercice infirmier aux urgences lui donnait envie d’aller plus loin dans la compréhension des situations cliniques, le diagnostic et les décisions médicales.

Elle ne décrit donc pas seulement une envie de quitter son métier. Elle raconte un intérêt croissant pour ce que le rôle de médecin lui permettrait de comprendre et de faire différemment.

C’est une distinction importante si tu te projettes toi-même vers médecine. Vouloir changer de service, chercher davantage d’autonomie ou être lassée de certaines conditions de travail ne conduit pas nécessairement au même projet que vouloir exercer le métier de médecin.

Son expérience infirmière l’aide, mais ne remplace pas les connaissances à acquérir

Kathleen explique que son expérience d’IDE lui devient particulièrement utile lorsque les études se rapprochent davantage de la clinique : avoir déjà observé des patients, identifié des signes inquiétants et travaillé dans des situations de soins lui donne des repères.

Elle décrit aussi le revers de cette expérience : les premières parties très théoriques du cursus peuvent mettre en évidence des connaissances scientifiques qui n’ont pas été travaillées de la même manière en IFSI.

Son vécu évite donc deux conclusions trop simples. Être infirmière n’oblige pas à repartir de zéro sur tout ce qui touche au patient et au soin. Mais le diplôme IDE ne dispense pas non plus d’apprendre les connaissances propres aux études médicales.

La difficulté ne vient pas seulement des cours

Lorsque Kathleen répond aux questions de la communauté, elle insiste beaucoup sur l’organisation de la reprise d’études.

« Au-delà des cours c’est toute l’organisation de ces études qui est difficile. »

Dans son cas, le financement devient rapidement un sujet central. Elle raconte avoir obtenu un financement dans le cadre de sa situation professionnelle de l’époque, puis avoir continué certaines activités infirmières pour compléter ses revenus lorsque cela restait compatible avec les études et sa fatigue.

Ce passage doit être lu comme son expérience personnelle, pas comme une règle de financement actuelle. Ce qui reste utile pour ta décision est le problème qu’elle met en évidence : plusieurs années de reprise d’études peuvent obliger à repenser son revenu bien au-delà des seuls frais universitaires.

Son expérience de la sélection appartient à 2020

Kathleen a également raconté sa sélection pendant une session très particulière, en 2020, au début de la crise sanitaire. Les conditions qu’elle a vécues cette année-là ne permettent pas de décrire la procédure actuelle ni d’estimer un taux d’admission aujourd’hui.

C’est pour cette raison que cette page garde son vécu mais ne reprend pas ses anciens chiffres de sélection comme des repères actuels. Pour vérifier les conditions, le nombre de places et le déroulement de la procédure aujourd’hui, utilise l’article de référence sur la passerelle infirmière-médecine.

Florent : une envie ancienne qu’il a fallu rendre faisable

Florent apporte un troisième type de parcours. L’idée de médecine existait déjà, mais le véritable enjeu a été de vérifier si un projet aussi long pouvait devenir réaliste dans sa situation.

Il a comparé plusieurs pistes avant de revenir à cette envie, puis travaillé les contraintes qui pouvaient l’empêcher d’avancer : durée des études, organisation et financement.

Le dernier point vérifié en septembre 2026 le présente étudiant en troisième année de médecine après une admission directe en deuxième année.

« Il n’y a pas d’âge pour se reconvertir. »

Nous ne développons volontairement pas ici toutes les étapes de son histoire. Florent dispose maintenant d’une étude de cas dédiée, qui raconte comment son projet s’est construit, ce qu’il avait exploré auparavant et comment il a préparé cette reprise d’études.

Découvrir le parcours complet de Florent

Ce qui change vraiment d’un parcours à l’autre

Placés côte à côte, ces trois témoignages permettent de comparer autre chose que des procédures administratives.

QuestionInsiaKathleenFlorent
Le projet médecine était-il déjà présent ?Oui, l’envie existait avant sa reprise d’étudesElle se précise pendant son exercice infirmierUne envie ancienne revient après comparaison d’autres pistes
Ce que l’expérience IDE met en lumièreLa différence entre apprentissage pratique et rythme universitaireDes repères cliniques utiles, mais aussi des connaissances théoriques à acquérirLa nécessité de comparer l’ambition avec les contraintes réelles du projet
Frein particulièrement visibleTenir le rythme et préserver un environnement compatible avec les étudesFinancement, organisation et sacrifices personnelsDurée du projet et préparation financière
Ce que son récit peut t’aider à vérifierSi tu peux réellement redevenir étudiante et tenir dans la duréeSi c’est bien le rôle de médecin qui t’attire et comment tu organiserais cette repriseSi une envie très ambitieuse peut être transformée en plan réalisable

Ce que Charlotte K retient de ces trois témoignages

Ces trois parcours ne permettent pas de calculer les chances de réussite d’une IDE qui reprend médecine. Ils permettent en revanche de poser de meilleures questions avant de se lancer.

Le métier visé compte davantage que l’envie de quitter sa situation actuelle

Chez Insia comme chez Kathleen ou Florent, médecine ne se réduit pas à une porte de sortie. Le projet est relié à une attirance pour le métier, à une envie ancienne ou à ce qu’ils souhaitent pouvoir comprendre et exercer différemment.

Si ce qui te pousse aujourd’hui est surtout ton service, tes horaires ou une frustration dans ton poste, vérifie d’abord si tu veux réellement devenir médecin ou si tu cherches une autre façon d’évoluer dans la santé.

L’expérience IDE est un point de départ, pas un raccourci

Les récits montrent différentes façons dont l’expérience infirmière peut servir : connaissance du patient, familiarité avec le milieu hospitalier, compréhension de situations cliniques ou capacité à préciser ce que l’on recherche dans un autre métier.

Mais aucun de ces témoignages ne décrit une reprise facile parce que l’on a déjà été infirmière. Les connaissances scientifiques à acquérir, le volume de travail et les années d’études restent bien présents.

Le financement doit être pensé comme un problème de revenu

Insia, Kathleen et Florent n’ont pas vécu exactement la même situation financière. Pourtant, leurs récits conduisent à la même question pratique : comment vivre pendant la reprise d’études ?

Ce n’est pas seulement le prix de l’université qui compte. Pour une IDE déjà en activité, la baisse de revenu, les périodes où travailler devient difficile, les déplacements et l’organisation personnelle peuvent peser bien davantage dans la décision.

Une envie peut être forte sans être encore prête à devenir une candidature

Le parcours de Florent illustre particulièrement ce point : comparer plusieurs pistes n’a pas empêché son projet de médecine. Cela lui a permis de tester ce qu’il était réellement prêt à investir.

Si tu hésites encore sur la durée, le financement ou le métier lui-même, obtenir ces réponses avant de candidater n’est pas perdre du temps. C’est vérifier que ton projet tient suffisamment pour supporter plusieurs années d’études.

Tu te reconnais dans l’un de ces parcours : quelle suite ?

Si médecine est déjà un choix clair pour toi, passe maintenant du témoignage aux faits. La page Devenir médecin après infirmière : passerelle, conditions, durée et faisabilité rassemble les règles actuelles, le dossier, la sélection et les repères à vérifier avant une candidature.

Si tu es encore en train de comparer ce projet avec d’autres voies d’évolution, garde surtout les questions soulevées par ces témoignages : qu’est-ce que tu veux vraiment pouvoir faire différemment, combien de temps es-tu prête à reprendre des études et comment cette décision s’intègre-t-elle dans ta vie actuelle ?

Et si le métier de destination lui-même reste flou, tu peux découvrir le bilan de compétences Vie IDEale pour travailler plusieurs pistes avant de t’engager dans une reprise d’études aussi longue.

Témoignage complet d’Insia

Repère de lecture : le témoignage ci-dessous est reproduit dans sa formulation d’origine. Insia décrit sa situation et les informations dont elle disposait lors de sa reprise d’études commencée en 2020. Les modalités universitaires, frais ou financements qu’elle évoque ne doivent pas être lus comme les règles actuelles. Pour les informations à jour, consulte la page de référence sur les études de médecine après IDE.

Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Insia, j’ai 26 ans, je suis une ancienne infirmière diplômée en 2016 et avec 4 ans d’expérience professionnelle.

J’ai repris mes études en médecine en septembre 2020 et j’ai été prise en deuxième année. »

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

« Pour vous raconter un peu mon parcours, j’ai obtenu un baccalauréat ES à Madagascar. Je n’avais pas suffisamment confiance en moi pour tenter la faculté de médecine sachant que je n’avais pas choisi la filière Scientifique au lycée.

Mon oncle m’a ainsi proposé de tenter le concours infirmier afin de rester dans le secteur hospitalier qui m’attirait déjà énormément.

Lors de ma première année à l’IFSI, je me suis rendue compte qu’en côtoyant les médecins lors de mes stages, je n’arriverai pas à passer outre mon rêve de devenir moi aussi médecin.

Ma famille a tout de même insisté pour que je poursuive mes études d’infirmière. Le but était d'être stable financièrement et d’avoir un diplôme en poche et de ce fait, jouer la carte de la sécurité.

De plus, une fois diplômée, j’ai découvert que la pression qu’exerçait l’hôpital sur une infirmière (hiérarchie, patients ou autres), les conditions de travail, la charge de travail (souvent liée aux nombreux arrêts maladies des collègues, elles-mêmes en mal être profonds, en burn-out), l'absence de reconnaissance du métier, voire parfois du mépris vis-à-vis du personnel paramédical dans certains établissements, devenaient pour moi de plus en plus oppressants et insupportables.

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Cela m’a confortée dans l’idée de changer de voie et de me réorienter vers ma vocation première. »

Quels sont les défis que les IDE doivent relever pour se lancer ?

« Je ne sais pas si ce sera le cas pour toutes les IDE qui vont se lancer dans cette aventure, mais la principale difficulté que j’ai rencontrée au début de l’année était l’apprentissage et l’assimilation de données importantes et « inutiles ».

C’est-à-dire que pendant toute la formation infirmière, on nous apprend le métier de manière concrète (stages, cours adaptés au cursus…).

Mais en première année de médecine, les cours enseignés ne sont pas forcément le reflet des études médicales. Il s’agit d’un concours. Et même en ayant conscience que ce qu’on apprend par cœur, ne nous servira pas à grand-chose plus tard, il faut quand même l’apprendre pour pouvoir répondre correctement aux QCM.

C’est un peu aller à l’opposé de ce qu’on a appris initialement.

Ensuite, de manière générale (donc pas spécifiquement aux IDE), le vrai défi est de rester constant pendant toute l’année.

Ne pas perdre son objectif de vue. C’est-à-dire avoir un rythme de travail régulier, garder sa motivation tout le long du chemin. Bien sûr, on peut avoir des baisses de régime. Ce serait mentir de dire qu’on ne traverse pas des phases de découragements, de lassitude face à la charge de travail. Mais ceux qui réussissent ne sont pas forcément les plus intelligents, mais plutôt les plus persévérants.

Il ne s’agit pas d’une course, mais d’un marathon. »

Quelle filière empruntes-tu pour ta reconversion ?

« Pour ma reconversion, j’ai été prise en LAS SSS (licence accès santé ; sciences sanitaires et sociales).

J’avais donc en majeure ma licence et en mineure des cours de médecine (environ 80% des cours donnés aux PASS, donc il vaut mieux bien choisir sa majeure pour ceux et celles qui veulent se lancer).

Pour les autres filières possibles, il y a la PASS, la majeure est donc la médecine et la mineure, des cours de la licence choisie (là encore, bien choisir sa mineure, en fonction des facultés, la mineure peut s’avérer extrêmement chronophage).

Il y a également la licence santé. Il n’y a pas de majeure ni mineure, il y a uniquement des cours de médecine. Les étudiants dans cette filière auront donc la phase perfectionnement en plus de la phase socle (pour les las) et la phase approfondissement (pour les LAS). »

Question financement, que peux-tu dire du coût des études de médecine et des financements possibles ?

« Étant donné que c’est une faculté publique, pour la première année (hors prépa privée), il y a les frais de sécurité sociale (plus ou moins 250 euros) les frais de scolarité environ 170 euros, la CVEC (contribution de vie étudiante et de campus) environ 90 euros.

En ce qui concerne les années suivantes, le coût « initial » reste plus ou moins le même. Mais il faut compter en plus l’achat de matériels médicaux tels que le stéthoscope et des livres.

Par rapport au financement, je me suis plus ou moins renseignée pour Pôle emploi. Et aux dernières nouvelles, ces derniers finançaient jusqu’à 3 ans maximum les études. Sinon pour les moins de 26 ans, il y a la possibilité de faire une demande de bourse (le CROUS) sur critères sociaux.

Dans mon cas de figure, j’ai pu bénéficier du CROUS (même si j’avais travaillé) avec un échelon important étant donné que mes parents vivent à Madagascar. A cela s’ajoute mes propres économies et l’aide de mon entourage (soutien moral et financier). Tout cela me permet de poursuivre mes études sereinement jusqu’à l’internat. »

Quel conseil donnerais-tu à une IDE qui souhaite se lancer ?

« Je n’ai pas vraiment de conseil particulier à donner, mais plutôt quelques recommandations.

Si vous choisissez une LAS ou PASS, assurez-vous de bien choisir la licence (qui sera la majeure en LAS et la mineure en PASS). Si vous avez un profil plutôt littéraire, ne prenez pas la licence « physique chimie » par exemple.

Avoir un environnement sain tout au long de l’année est primordial.

Avoir un entourage bienveillant (pour ceux en couple, éviter les disputes conjugales à répétition, car cette année demande beaucoup de concentration de votre part), ne pas avoir de difficultés annexes par exemple (problèmes financiers, crédit… car travailler en intérim en première année n’est pas recommandé).

Le tutorat de la faculté est une vraie aide pour les P1. N’oubliez pas de prendre cette option (et en plus, le prix est clairement raisonnable).

Si vous ressentez le besoin de prendre vos marques avant de commencer, vous pouvez faire une P0 pour mieux vous préparer.

Et une dernière chose, si vous êtes sûrs de votre choix, foncez !

Quel que soit le résultat final, il vaut mieux y aller et ne rien regretter plutôt que de tergiverser. Et pour ceux ou celles qui pensent qu’il est trop tard ou qu’ils sont « trop vieux », je dirai que l’âge n’est qu’un chiffre ! »

Témoignage complet de Kathleen

Repère de lecture : les réponses ci-dessous sont reproduites dans leur formulation d’origine. Kathleen y décrit notamment sa sélection en 2020 et les solutions de financement qu’elle connaissait ou utilisait alors. Les chiffres, durées et dispositifs cités dans son témoignage ne doivent pas être interprétés comme les règles actuellement applicables. Pour celles-ci, consulte la page de référence sur la passerelle infirmière-médecine.

Est-ce que l'âge peut-être un frein pour cette reconversion ?

- "Bravo à toi j’aimerai avoir le courage de faire comme toi mais je viens d’avoir 30 ans et je me dis que c’est un peu tard..."

J'ai repris à 26 ans, alors l'âge ne veut rien dire. C'est une barrière psychologique que l'on se met nous-même. Il faut surtout voir sa motivation et sa capacité à faire des sacrifices pour ces études mais pas l'âge en lui-même. Je vous souhaite de faire ce qui vous conviendra 🤗

- "J’aurais voulu le faire mais à 34 ans c’est un peu tard …
Combien d’années durent les études de médecine ? Pour être généraliste ?"

L'âge ne doit selon moi pas être un frein, c'est une barrière psychologique qu'on se met mais c'est plutôt une question de motivation et de sacrifices mais l'âge n'est qu'un chiffre... J'en connais qui ont repris bien plus tard.

Pour médecine générale, le cursus classique c'est 6 ans de fac (donc après tout dépend si on rentre en 2e ou 3e année, il reste 5 ou 4 ans) + 3 ans d'internat.

Et oui le côté financier c'est le plus compliqué dans cette reconversion et je ne comprends pas que rien ne soit fait. Après pour médecine générale il y a les Contrats d'Engagement de Service Public (CESP) qui peuvent être intéressants et ça permet d'avoir une indemnité sous condition d'exercer dans une zone sous dotée. Pour les autres spécialités, notamment hospitalières, le CESP me fait un peu peur, pour le concours classant lors du choix de la spécialité justement.

Est-ce que la reprise en études de médecine est difficile ?

- "Le concours était difficile ? (Dossier + oral) "

Oui la sélection est assez difficile, mon année on a été environ 15% d'admis, mais c'était en 2020, début du covid, tout a été un peu perturbé, et je n'ai pas eu d'oral par exemple, la sélection a été faite uniquement sur dossier cette année-là...

Je dirais que tout dépend aussi du parcours que l'on a eu avant. Perso j'ai un bac ST2S (ancien SMS) donc il y a des bases que je n'avais pas, il a fallu essayer de rattraper ça en plus, ou de faire sans... C'était difficile oui, mais j'ai réussi à valider mes années jusque-là.

Donc oui, la passerelle est très sélective et donc difficile, comme je l'ai dit, c'est environ 15% d'admis

Mais rien n'est impossible quand on s'en donne les moyens 🤗

- "Pas trop difficiles ces études ?"

Je ne vais pas mentir, si, c'est difficile, encore plus qu'on ne l'imagine ! Au-delà des cours c'est toute l'organisation de ces études qui est difficile. Aucune aide financière n'est prévue pour ce genre de reprise d'études, les bourses c'est jusqu'à 28 ans, le chômage n'est pas forcément accessible, etc. Ce sont beaucoup de sacrifices personnels, il faut en être conscient.

Mais je me plais dans ce cursus, j'aime ce que j'apprends, je comprends le pourquoi du comment... Tout ce qui me manquait en tant qu'IDE.. sans parler de la réflexion diagnostique, la prise de décision, etc.

- "Pourquoi as-tu choisi de te lancer dans des études de médecine ?"

J'en parle un peu dans la question précédente, je me sentais trop limitée dans ma prise en charge, pas assez d'autonomie, je cherchais sans cesse à en savoir plus, je "saoulais" les médecins et internes avec mes questions 😂, c'est durant mon exercice en tant qu'IDE aux urgences que je me suis vraiment rendue compte qu'en fait je voulais être médecin. Je voulais comprendre le pourquoi le patient avait ci ou ça ? Pourquoi on faisait tel ou tel examen ? Je voulais avoir cette démarche diagnostique. Faire l'examen clinique et aussi réaliser des gestes médicaux (sutures, intubation, etc etc). Je ne voulais plus être exécutante, ce que l'on nous demande de plus en plus en tant qu'IDE, bien qu'aux urgences on était un peu plus autonome qu'ailleurs je trouve.

La passerelle d'infirmière à médecine

- "Et par rapport à tes connaissances d'IDE, est-ce une aide importante pour les études ?"

Alors oui forcément. Après, je trouve que ça commence vraiment à me servir depuis le 2nd semestre de 3e année, depuis que c'est devenu plus "clinique". Avant ça c'était beaucoup trop théorique et là c'était plus difficile pour moi qui n'avait pas les bases scientifiques. Cette expérience d'IDE va continuer à me servir durant l'externat je n'ai pas de doutes sur ce point-là. Cela m'a bien facilité la partie sémiologie aussi, car on a déjà vu des patients, des patients qui n'allaient pas bien. On sait reconnaitre ces signes. D'autant que j'étais IDE aux urgences et que je prenais de l'IOA (infirmière d'orientation et d'accueil).

Par contre, je parle bien d'une expérience en tant qu'IDE, donc diplômé. Je trouve ça prématuré de penser passerelle quand on est encore étudiant en soins infirmiers.

Il y a un fossé entre l'IFSI et la réalité. Selon moi, il faut exercer pour savoir si c'est ce qui nous plait ou non.

De plus, la passerelle n'est pas un moyen de contourner la PASS/LAS. Elle a en revanche un réel intérêt pour des IDE ayant une expérience professionnelle et qui comme moi veulent se réorienter dans cette voie. Ce n'est que mon avis évidemment, mais je ne pourrais conseiller les ESI. Je ne vois pas d'intérêt à être IDE pour demander la passerelle si on n'a pas exercé un minimum.

L'expérience professionnelle est pour moi la clé de cette réorientation.

Et surtout, ne pas faire IDE dans le but de faire la passerelle !

Je le rappelle, 15 % d'admis environ (il n'y a que 2 chances). Le risque est donc de se retrouver frustré dans un métier que l'on ne voulait pas vraiment.

Questions pratiques sur l'aspect financier

- "Financièrement, comment finances-tu tes études ?"

Ça c'est le gros point noir de ces études ! Et c'est assez révoltant d'ailleurs qu'il soit tant difficile de reprendre des études, et notamment ces études-là. A l'heure actuelle ù on entend de partout qu'il manque énormément de médecin j'ai du mal a comprendre que rien ne soit fait, notamment pour les passerelles.

Pour ma part, j'étais IDE titulaire de la fonction publique hospitalière. J'ai pu obtenir un financement via l'ANFH (Association Nationale pour la Formation des Hospitaliers), sous forme d'un Congé de Formation Professionnelle, durant 2 ans (720 jours), n'ayant pas consommé tous les jours, j'ai pu le faire prolonger d'un an. De plus, j'ai dû continuer à travailler durant les vacances scolaires en tant qu'IDE à l'hôpital, j'ai aussi fait des heures supplémentaires durant l'année pour compléter un peu mes revenus. Etant également Infirmière Sapeur Pompier volontaire, j'ai continué à prendre des gardes lorsque c'était compatible avec mes révisions et ma fatigue.

Je suis toujours à la recherche d'un financement pour mes 2 dernières années d'externat (5e et 6e année de médecine).

- "Est-ce qu'il existe d'autres moyens de financer les études de médecine après IDE ?"

Si je le savais, je l'aurais fait 😂, et si quelqu'un sait, il peut m'en faire part.

Sinon il reste les prêts étudiant, le soutien familial, ..., pole emploi dans certains cas.

- "Reconversion d'infirmière à médecine : Quels sont les avantages que tu vois à devenir médecin après IDE ?"

Cette question reprend les raisons de pourquoi j'ai voulu devenir médecin.

- "Quels sont les inconvénients selon toi ?"

Surement la longueur des études et les difficultés de financement s'y rapportant.

De plus, ce sont des études très difficiles, pouvant être épuisantes, physiquement et moralement. Cela demande beaucoup de sacrifices personnels. Mais la motivation prend le dessus, et que ce sont des études passionnantes. Personnellement quand c'est vraiment difficile, je pense à mon but... Je vais être médecin.

- Souhaites-tu rester anonymes ou souhaites-tu que je partage ton instagram ?

Tu peux partager mon instagram avec plaisir (d_infirmiere_a_medecin), il est là pour ça 😊

Sources et méthode

Cette page est un article compagnon consacré au vécu de plusieurs IDE. Elle ne porte pas les règles actuelles d’admission en médecine : celles-ci sont centralisées et maintenues à jour dans l’article canonique consacré à la passerelle infirmière-médecine.

Le parcours d’Insia reprend son entretien publié sur Charlotte K à propos de sa reprise d’études commencée en 2020. Les anciennes informations pratiques ou financières qui dépendaient de cette période ne sont pas reprises comme des règles actuelles.

Les passages consacrés à Kathleen proviennent de ses réponses publiées sur Charlotte K à propos de son expérience d’étudiante en médecine et de sa sélection en 2020. Ses propos sur l’organisation, son expérience infirmière et son propre financement sont présentés comme un témoignage individuel. Les anciens chiffres de sélection et les modalités propres à sa session ne sont pas utilisés pour décrire la situation actuelle.

Le parcours de Florent est résumé à partir de son étude de cas Charlotte K, mise à jour en septembre 2026. Son dernier état vérifié le présente étudiant en troisième année de médecine après une admission directe en deuxième année. Son récit complet est publié uniquement sur son étude de cas dédiée afin d’éviter de dupliquer la même histoire sur plusieurs pages.

Ces trois témoignages illustrent des parcours individuels. La comparaison proposée par Charlotte K est une analyse qualitative de ces récits, pas une statistique sur les IDE qui reprennent médecine.

Rédigé par Charlotte Kerbrat

5/5 - (2 votes)

À propos de Charlotte Kerbrat

Fondatrice de Charlotte K, j’accompagne les infirmières dans leur évolution de carrière via des bilans de compétences et des contenus pédagogiques. Auteure de « Infirmière : je fais quoi après ? », j’anime des conférences, je forme et accompagne un collectif de consultantes en bilan de compétences et j’interviens régulièrement dans les médias pour porter la voix des IDE.

9 Commentaires

  1. Gomes coreilla

    Bonjour Madame

    Je suis lycéenne en terminale et je me demande bien ce que je vais faire comme métier.
    Comme vous l’avez très bien dit la passerelle pour passer d’infirmières à médecin est très difficile et les études avec.Je ne sais pas si je veux faire infirmière et ou médecin mais j’y pense je trouve ça cool d’avoir des passerelles possible même si nous n’avons que deux chances.Je me sens assez concernée quand vous évoquez le faite de ne pas commencé la formation infirmier pour être médecin.Cest vraie j’ai tendance à faire ça😭

    Je pense qu’un stage dans ce milieu m’aiderai à me rendre compte de ce que c’est d’être infirmière. Et si j’aime vraiment ou si ce n’est que pour le « titre ».La charge de travail et la sélectivité me font très peurs durant les premières années de médecine c’est peut-être pour ça que je cherche un autre moyen d’y accéder.

    Je préfère commencer avec infirmière pour plusieurs raisons,le contact avec le patient, savoir si j’aime le milieu hospitalier, aidez et expliquer vraiment les accompagner.
    Pour moi il est plus « facile » de commencer avec infirmière car on est rapidement dans la pratique contrairement aux années de médecine ou c’est très théoriques.(C’est mon avis).Je préfère commencer avec infirmière pour me rendre déjà compte des responsabilités et du travail personnel à fournir avant de faire médecine,et cela me rassurerait d’avoir une « base » dans ce domaine avant de commencer.De plus j’ai énormément d’infirmière dans mon entourage mais pas de médecin donc je serai+guidé pour la partie infirmière.

    Donc je suis dans ce dilemme je ne me sens pas prête pour faire médecine j’ai très très peur .Mais les études d’infirmière me semble plus accessible.

    Voilà bonne journée !

    Reply
    • Pascaline

      Bonjour bonjour et merci pour ton message.
      Ce sont deux professions bien différentes 🙂 mais effectivement les passerelles sont bien pratiques pour bifurquer si besoin.
      Plein de belles choses pour la suite de ton parcours et bon courage pour les choix à venir.
      N’hésite pas à nous raconter ce que tu auras choisi et comment ça se passe pour toi.
      Belle journée
      Pascaline de l’équipe Charlotte K

      Reply
  2. Simon

    Bonjour, je ne savais pas qu’il existait toutes ces passerelles en tant qu’infirmier. Merci pour l’aide !!

    Reply
  3. Cason Raphael

    Bonjour je suis ne reconversion pro est il possible de faire des etudes de dentiste juste apres l obtention de son diplome d infirmier ou faire sa demande pendant la troisieme anene ifsi.merci

    Reply
    • Pascaline

      Bonjour Raphael,
      Merci pour ton message.
      C’est drôle je viens d’avoir la même question pour les études de sage-femme.
      Malheureusement moi je ne saurai pas te dire mais je te propose deux choses :
      + Prendre contact avec les écoles qui proposent la passerelle
      + Poser la question directement dans le Groupe Facebook Charlotte K

      Tu auras des réponses rapides d’IDE qui sont passés par là.
      Belle journée à toi
      Pascaline de l’équipe Charlotte K

      Reply
    • KB

      C’est possible de candidater en sortie de diplôme mais pas conseillé. Comme je l’explique, c’est l’expérience professionnelle qui est notre plus value, et parmi de nombreux dossiers, il vaut mieux avoir un parcours étoffé et cohérent.

      Reply
  4. Poncet

    Bonjour,
    Je viens d’avoir mon DE d’infirmière et je serai intéressée par le métier de pharmacienne. Est-ce que c’est possible par la passerelle médecine ? Où est ce qu’il y a une passerelle dédier à ce métier.
    Merci d’avance.
    Léa

    Reply
    • Pascaline

      Bonjour Léa,
      Merci pour ton message et l’intérêt que tu portes à Charlotte K.

      Alors oui, la passerelle mène également vers les études de pharmacie, j’en parle un peu dans l’article sur la passerelle entre les métiers d’infirmière et de sage-femme.

      Je t’invite également à aller sur notre groupe Facebook.
      Tu trouveras certainement des IDE qui se posent les mêmes questions que toi ou ont des parcours similaires.

      Je me note aussi de creuser le sujet d’infirmière vers les études de pharmacie, merci beaucoup pour cette idée.
      Belle journée et bienvenue dans la communauté Charlotte K:)

      Pascaline

      Reply

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Parlons-en 30 minutes au téléphone
  • Gratuit et sans engagement
  • Tu découvriras si notre bilan de compétences est fait pour toi

Prendre RDV GRATUITEMENT

Share This