Robin, infirmier reçu en master management et santé

Donner plus de sens ou retrouver ce sens insufflé dans son travail est une des aspirations de bon nombre d’entre nous.

C’est pourquoi Robin a décidé, suite à son accompagnement avec Charlotte K, de reprendre des études. Il intègre bientôt un master en management et santé, le Executive MBA santé de Paris-Dauphine.

Il te raconte son parcours et évoque aussi l’évolution de son état d’esprit par rapport à la profession d’IDE.

Si le sujet t’intéresse, tu retrouveras des informations sur le master à la fin de cet article.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence.

 

« J’ai eu mon DE d’infirmier en 2009 après un baccalauréat série L que j’ai obtenu en 2005.

Je m’étais plus orienté à l’époque vers des études littéraires. J’étais accepté dans une prépa hypokhâgne puis je voulais présenter les concours d’entrée à Sciences Po.

Mais je me suis ravisé et j’ai changé de cap. Je pense à cause de l’envie et le goût de rentrer rapidement dans le monde du travail.

Même si je n’ai jamais manqué de rien, je viens d’un milieu modeste et pouvoir subvenir à ses besoins rapidement à un côté rassurant.
D’autre part, je voulais exercer un métier qui faisait sens pour moi.

 

Pourquoi as-tu souhaité devenir infirmier ?

 

A 17 ans tout semble abstrait. On ne sait pas vraiment ce qu’on veut faire de sa vie et on nous demande de faire des choix importants très vite, trop vite je crois.

Être infirmier pour moi cochait beaucoup de cases dans les aspirations que j’avais dans l’avenir et sur le sens que je voulais donner à mon travail (relationnel, travail d’équipe, organisation).

Venant d’un milieu rural, après les études, j’ai profité de notre liberté d’exercice géographique pour rejoindre la capitale.

Je voulais explorer toutes les ressources professionnelles et personnelles qu’elle avait à offrir. J’ai commencé à travailler à l’Hôpital Américain de Paris pendant près de deux ans. Étant très à l’aise en anglais, j’ai vraiment pu m’épanouir dans un environnement bilingue muni d’un très beau plateau technique et de conditions de travail optimales.

Plutôt pas mal en tant que jeune diplômé. Mais je me suis très vite senti enfermé dans un système opaque et sans perspective.

Aussi je me suis installé en libéral dès 2012 après avoir rejoint un cabinet sur Châtelet où j’exerce depuis. »

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

« Cela faisait déjà quelques années que je pensais à « l’après infirmier ».
Je ne me voyais pas faire ce métier toute ma vie.

Pas parce que je ne l’aimais pas mais parce qu’il ne m’aimait plus. Manque de reconnaissance, manque de moyen, baisse des rémunérations, augmentation des contrôles et des sanctions, je ne me sentais plus légitime dans mon activité alors que j’y consacrais ma vie et mon énergie. »

 

Quel a été le déclic ?

 

« Le déclic comme pour beaucoup a été la naissance de mon fils Noé, né par GPA aux États-Unis. J’ai vu de très près les conditions de travail de nos collègues américaines.

Tout n’est pas parfait loin de là, mais je me suis aperçu à quel point nos conditions de travail étaient devenues désastreuses (salaire, effectifs, conditions de travail). Je me suis alors demandé à quel moment nous avions fini par accepter l’inacceptable ?!

Dès notre retour, je me suis mis à postuler pour différents postes liés au marketing, à la communication et au management dans le milieu de la santé.
De Doctolib en passant par des nouvelles start-up, j’avais envie de mettre à profit mes 10 ans d’expérience en libéral pour un nouveau projet.

Optimiser le retour des patients à domicile ? Améliorer l’utilisation de Doctolib pour les infirmiers ? Je ne savais pas trop où ça pouvait me mener mais j’étais motivé et plein d’idées en tête.
Globalement, les entretiens se passaient très bien. Mais à la fin je sentais bien que quelque chose manquait : je restais infirmier.

Je n’étais pas diplômé d’école de commerce ou n’avais pas de master en management… J’ai donc essuyé beaucoup de refus.
On aime encore beaucoup mettre des gens dans des cases en France et c’est très compliqué d’en sortir.

Dans une époque où les concepts de « soft skills » fleurissent un peu partout, nous sommes loin de pouvoir encore nous affranchir de nos blouses blanches. Le retour à la réalité a été brutal. J’étais prêt à me résigner et tout abandonner puis je me suis tourné vers Charlotte K pour essayer de préciser mon projet et m’aider à trouver les moyens de le réaliser.

Très vite, mon bilan de compétences a révélé mon désir de me former et d’apprendre. Et après plusieurs semaines de recherches, j’ai retenu deux masters santé qui pourraient me correspondre.

Un à la Sorbonne et un à Dauphine. Après avoir postulé aux deux et après des entretiens, j’ai été retenu à l’Executive MBA Santé de Paris Dauphine où je fais ma rentrée en juin prochain. »

 

Comment s’est passé ton départ de ton précédent job ?

 

« Étant en activité libérale, j’ai eu la chance de pouvoir aménager avec mes collègues un planning ajusté à la reprise de mes études.

Le master comme pour beaucoup (chose que je ne savais pas avant de faire mes recherches) est adapté aux étudiants ayant une activité professionnelle.

Par exemple me concernant, les cours ont lieu 3 jours par mois hors période de vacances du jeudi au samedi.

Cela me permet vraiment d’opérer ma reconversion en douceur sans laisser mes collègues en difficulté.
Les 17 mois de formation vont juste être bien remplis ! Au terme de ma formation, j’ai effectivement en tête d’arrêter complétement les soins et de me consacrer à ma nouvelle carrière. Cela laissera à mes collègue le temps de s’organiser. »

 

Comment ont réagi tes proches ?

 

« Globalement très bien !
Mon mari en particulier sentait depuis des années mon mal être au travail. Il m’a soutenu et même aidé dans cette démarche bien que cette décision mette à mal notre quotidien et notre confort.

Pareil du côté de mes parents, un peu plus prudents car ils ont eu peur de me voir me retrouver sans ressource et sans travail. Car après tout, c’est vrai, un infirmier n’est jamais au chômage !

L’idée a été plutôt ici de leur démontrer que cet argument n’était plus suffisant et qu’en réalité, il ne l’avait jamais été… Côté amis, c’est assez drôle car je me suis rendu compte que ce que nous pouvions ressentir dans notre profession était devenu symptomatique d’une génération entière. Le manque de sens à son travail n’est plus devenu une fatalité, beaucoup de mes amis évoluant dans les médias, ou bien des fonctionnaires, se mettent à faire des bilans de compétences, ou à faire appel à des coachs afin de bouleverser leur quotidien et redéfinir leurs perspectives d’avenir.

On aura plus tendance aujourd’hui à accepter que nous ne sommes plus la même personne qu’il y a 10 ans et que changer sa carrière et l’adapter en fonction de la personne que nous sommes devenus n’est plus un sujet tabou.

Nous ne passerons plus toute une vie dans le même service ou dans la même boite, comme nos parents ou nos grands parents l’ont vécu. L’épanouissement au travail ne doit pas être considéré comme un luxe. »

Tu as suivi la formation de ma vie d’IDE à ma vie IDEale, que dirais-tu à ceux qui hésitent aujourd’hui ?

 

“Je répondrais que ce travail m’a permis de prendre du recul par rapport à ma reconversion. Grâce à Sandrine, j’ai pu aborder beaucoup de thèmes sous un autre angle, avec un regard neuf. Je n’aurais pas pu le faire seul.

Il ne faut évidemment pas se dire qu’un bilan de compétence va être la clé à tous ses soucis et apporter la reconversion miracle que l’on cherche. Mais il va conduire à des pistes et des réflexions essentielles auxquelles nous n’aurions pas pensé.

C’est un travail d’une richesse immense qui ne sera dans aucun cas vain et par lequel on apprend beaucoup sur soi et sur ses aspirations.”

 

En quoi consiste ta future formation ?

 

« Je ne l’ai pas encore commencé. Je ne peux pas vraiment m’étaler sur le sujet mais après avoir discuté avec quelques anciens élèves elle sera très axée sur le management santé.

Elle apporte aussi des notions de droit, de gestion ainsi que d’autres disciplines nécessaires pour évoluer dans des structures publiques ou privées.
La richesse des intervenants est une grande qualité du master venant pour la plupart de grandes compagnies privées et s’adressant à des professionnels ou des futurs professionnels.

Elle permet également de se projeter vers un futur projet professionnel en élaborant un sujet de fin d’étude en lien éventuel avec ses aspirations. La formation est exigeante et demande beaucoup d’investissement personnel surtout pour des professionnels paramédicaux qui ont peu de connaissance dans ces domaines.

Elle est également très chère : 16 500 euros pour l’ensemble du master.

Je l’ai financé avec un crédit que je rembourse tous les mois. Cela a vraiment fait partie de la construction de mon projet à mon sens. Et cela m’a permis de bien peser et mesurer toutes les composantes qui m’entouraient avant de m’engager dans cette nouvelle voie.

Et en même temps de me rendre compte de la solidité de ma motivation et de mon envie d’évolution.

Concernant les débouchés c’est très abstrait, beaucoup de rencontres et de déclics s’opèrent pendant le master. Je fais confiance à l’avenir mais idéalement encore une fois j’aimerais vraiment trouver une carrière en lien avec mes années d’exercice en libéral. »

 

Quels sont tes projets et tes rêves ?

 

« Déjà retrouver du sens à ce que je fais, retrouver l’envie de me dépasser et donner le meilleur de moi-même. Reprendre confiance en moi.

Je rêverais de pouvoir exercer un métier qui rentre dans un projet d’amélioration de la qualité de vie des personnages âgées et ou dépendantes à domicile. Faire en sorte qu’elles puissent rester à la maison dans les meilleures conditions possibles.

Je suis convaincu que c’est réalisable, qu’il faut pour cela mettre en commun toutes les ressources que nous possédons déjà. »

 

Comment as-tu géré ta vie de papa et ta reconversion en parallèle ?

 

« Allier la reprise des études quand on est parent ça peut faire peur.

On se dit que ce n’est pas le bon moment, qu’il vaut mieux attendre encore quelques années…

En réalité, je crois ça ne doit pas être la raison pour laquelle on se lance dans ce projet. C’est très personnel et pour moi uniquement lié avec ce désir au fond de nous qui nous pousse à changer de voie.

Les questions logistiques et financières sont clairement légitimes mais ce que je me suis dit quand mon fils a à peine eu un an c’est : effectivement ce n’est probablement pas le meilleur moment pour me lancer là-dedans, mais en même temps, est ce que j’ai envie d’élever mon enfant alors que je ne suis moi-même pas du tout épanoui ? Quelles valeurs vais-je pouvoir lui transmettre, alors que moi-même je ne parviens pas à être en accord avec elles ?

Autant de raisons qui au final m’ont conforté dans mon choix : quand faut y aller, faut y aller ! »

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

 

« Le principal conseil que je donnerais c’est de savoir s’écouter.

On possède souvent déjà en nous les réponses à nos questions, on est juste un peu perdu pour mettre toutes nos idées en ordre. Mais un ressenti et une émotion sont déjà un très grand pas en avant, il faut savoir les écouter et creuser pour voir ce qu’il y a derrière.

Charlotte K et Sandrine ont pour cela été d’une aide précieuse. Je ne les remercierai jamais assez. »

 

 

L’exécutive MBA santé de Paris Dauphine que va débuter Robin allie donc le management et le monde de la santé.

Le but de ce master est de :
+ Comprendre intimement le fonctionnement et la gestion des institutions de santé
+ Saisir les enjeux actuels du secteur
+ Développer des compétences managériales
+ Être accompagné dans la création d’un projet
+ Favoriser le lien entre professionnels de la santé et professionnels de la gestion.

Tu peux découvrir le contenu complet du programme en te rendant sur la page dédiée du site de l’université Paris-Dauphine.
Le diplôme reçu à la fin du cursus est un diplôme d’université de niveau bac +5.

 

Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Pauline, infirmière devenue doula.

+ Tu es infirmier ou infirmière et que tu cherches à te reconvertir ou évoluer professionnellement ? Viens rejoindre le groupe Facebook d’IDE en quête d’évolution professionnelle ! Et n’hésite pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, Youtube et Instagram.

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