Comment se relever après un burn out ? Voici le témoignage d’une infirmière, qui je l’espère, pourra vous redonner l espoir que le burn out n’est pas une finalité mais simplement un passage…

 

Le burn-out de Peggy

 

“J’ai 42 ans, je suis mariée depuis 19 ans. J’ai 2 adolescents de 15 ans et 11ans.
Mon mari est infirmier libéral. J’ai été aide-soignante pendant 15 ans puis j’ai repris
mes études d’IDE à 36 ans. Je suis infirmière diplômée depuis 2017.

J’ai toujours travaillé dans le milieu de la gériatrie car j’aime ça. En tant qu’AS, j’ai
toujours bossé à domicile.

Le burn out, je pensais que c’était pour les autres ; pour les personnes un peu « tire
au flan » qui s’arrêtent dès que plus rien ne va. Quel horrible jugement je
commettais !! J’en ai honte maintenant.

Tout a commencé en début d’année vers mi-février. Juste après les vacances de
février que j’attendais avec impatience car j’étais très fatiguée physiquement et
psychologiquement.

 

J’étais fatiguée physiquement et psychologiquement.

 

Au boulot, c’était tendu.

Et dans ma vie personnelle, il y a des évènements qui m’ont fait peur (mon mari a trouvé une masse dans la poitrine, avérée être une masse graisseuse – mon fils a eu un avertissement d’expulsion de
son collège et ma fille avait fait une grosse migraine avec perte de connaissance.
C’était trop pour moi avec le recul et l’analyse de la situation).

Cela faisait 1 an que nous travaillions à 3 IDE au lieu de 4 car ma collègue a été en
arrêt maladie pour grossesse puis en congés maternité. Je suis normalement à temps partiel (choix personnel pour passer du temps avec mon mari et mes enfants) mais pendant 1 an, j’ai eu régulièrement des avenants pour être à temps plein.
Après mon retour de vacances en février, ma collègue était revenue ; nous étions de
nouveau 4 IDE (2 à temps plein et 2 à 75%).

 

Je ne voulais pas embêter mes collègues

 

J’ai été prise de maux de ventre un vendredi après-midi que j’ai mis sur le compte d’un dérangement intestinal. Je bossais le week-end, je ne voulais pas embêter mes collègues (car nous faisons 1
weekend end sur 4 en coupé – ce qui était un confort quand même de ne bosser que
un weekend end sur 4). Je me suis auto-médicamentée mais ça ne passait pas.
Mardi, RDV chez mon médecin traitant qui me donne un traitement différend et me
fait un arrêt maladie d’une semaine. (après analyse, mon corps s’octroyait de tomber
malade, chose que je lui avais interdit pendant 1 an).
J’ai beaucoup culpabilisé malgré le fait que mes collègues me disaient qu’il fallait que je me
soigne.

Une semaine plus tard, toujours les mêmes douleurs mais sans signes
physiques (pas de diarrhée, pas de constipation pas de fièvre, bilan sanguin
normal…). Mon médecin commence à évoquer que c’est peut être dans ma tête.

Je suis outrée de ce qu’il dit. Il me donne un traitement anxiolytique que je ne souhaitais
pas prendre car pour moi, tout allait bien dans ma tête. Prolongation de l’arrêt d’une
semaine.

J’avais forcément quelque chose au ventre. Comme j’insiste, il me prescrit
un scanner qui sera normal aussi. Mais entre le moment de la prescription et le scanner, mes maux de ventre ont disparu donc je me dis que je suis guérie (je n’ai
pas pris le traitement médicamenteux).”

 

Vient la date de la reprise…

 

“Et la, vient la date de reprise… et le jour de reprendre en poste d’après-midi, re-
maux de ventre, je pleure +++ et dis à mon mari que je n’ai pas envie d’aller au
travail. Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je suis déroutée.
Et là…je ne me reconnais plus pendant plusieurs semaines.

Je suis une larve sur
mon canapé. Je pleure, plus envie de me lever, laver, faire à manger. Et je réalise que
je n’ai plus gout à rien, moi qui suis une éternelle optimiste, tout me parait
insurmontable.

Visite de mon médecin traitant qui évoque une dépression légère ; je
refuse les antidépresseurs que je ne veux pas prendre. Il me met 3 semaines en
arrêt. J’en suis donc à 1 mois et 2 semaines d’arrêt déjà.
Au bout de ce mois, je retourne voir mon médecin traitant qui me dit qu’il faut que je
reprenne le travail, que je dois remettre le pied à l’étrier tout de suite, que je dois
arrêter de m’écouter, que dans mon Ehpad, ils ont besoin de moi (la COVID
arrive…)… je suis anéantie par son discours.

 

Je suis abasourdie

 

Je ne comprends pas ce qu’il me dit. Je
suis abasourdie… Il me donne le numéro d’un psychologue et me remet 1 semaine
d’arrêt.
Au bout de cette semaine, je ravale ma fierté, prend mon courage et retourne le voir.
Ca n’allait pas mieux, voir pire pour ma part. Je me pose dix mille questions auxquelles je n’ai pas de réponses, donc des angoisses énormes (souffle court, maux de ventre, transpiration, malaise…).

Entre temps, mon angoisse de devoir retourner travailler est accentuée par les
médias et la Covid. Une chance, mon médecin traitant est en congés, j’ai affaire à
son collègue. Je m’écroule en larmes et lui explique tout. Il me suggère de basculer
sur lui par la suite et m’explique qu’il faut qu’il y ait une rupture d’au moins 1 journée
entre 2 arrêts maladie. Il me dit qu’il peut prolonger l’arrêt maladie car il le remplace
pour cette fois.
Re-une semaine d’arrêt. Pour moi, c’est 1 semaine d’angoisse +++ car je savais que
j’allais devoir aller voir mon médecin traitant. Entre temps, j’avais commencé une
psychothérapie en visio ZOOM (confinement oblige) et le psychologue avait envoyé
un courrier à mon médecin traitant à ma demande.

Je revois mon médecin traitant
qui, après la lecture du courrier, accepte de prolonger l’arrêt de 3 semaines. Je
l’induis en erreur sur la date de fin d’arrêt (je lui donne un samedi). Avec le recul, je
me trouve sournoise d’avoir fait ça, mais sur le moment, ça me semblait la seule
solution.
Pendant ces 3 semaines, je me sens comme une petite fille apeurée à la moindre
difficulté, tout me parait horrible, j’ai une vision du monde apocalyptique. J’ai des
pensées suicidaires et la je me trouve égocentrique, nombriliste.”

 

Je n’ai rien vu venir…

 

“Ces pensées au suicide me font peur car je sens qu’il ne faut pas grand-chose pour
que je bascule, que je passe à l’acte.

J’ai peur de moi-même.

Je supplie mon mari de ne pas aller travailler, de ne pas me laisser seule.

Et cette incompréhension indescriptible face à ton entourage qui ne comprend pas
ce que tu vis. Pour eux, c’est passager, je vais rebondir. Je ne me laisse pas aller
d’habitude. Des paroles que tu es dans l’incapacité d’entendre tellement ta bulle de
renfermement sur toi est hermétique à tout. La vison de ta vie se limite à quelques
minutes devant toi. Tu ne peux plus entrevoir l’avenir.

Ta vie se joue à chaque
seconde. C’est une lutte perpétuelle contre toi-même, contre ce vide qui te
« mange » à petits feux depuis des années peut être.
Je relativise parfois quand le courage se fraie un chemin : je me dis que j’ai la
chance d’être à la maison avec mes enfants ; de ne pas être au travail avec les
conditions horribles (je reste en contact avec mes collègues que j’essaie de soutenir
psychologiquement.

Je partais du principe que j’étais déjà au fond du trou et que
donc je ne pouvais pas aller plus bas – donc je pouvais écouter mes collègues me
raconter leurs conditions de travail honteuses – absence de matériels – beaucoup de
décès – des collègues malades – la peur de l’attraper …) et je voyais mon mari aussi
se débattre pour trouver du matériel, se protéger, la peur d’attraper cette maladie et
de mourir … pas la peur de mourir en soi puisque j’y pensais mais la peur de souffrir.
Entre temps, je continue ma psychothérapie qui me fait du bien. Je pleure beaucoup.
Je ne comprends pas vers où le psychologue veut aller. Il ne me parle quasiment
pas, je fais un cheminement intérieur personnel.

 

Prise de conscience

 

Et un jour il y a une prise de
conscience. Il me fait mettre un mot sur mon mal être : je fais un burn out. Et je lui dis
que ce n’est pas possible, que je n’ai rien vu venir.
Il m’explique que c’est insidieux, latent. Qu’il s’immisce dans notre quotidien sans
que l’on s’en rende compte et qu’un matin, BAM, il s’exprime.

Il m’explique que je n’ai pas écouté les signaux de mon corps (la fatigue, mes tendinites, maux de ventre,
maux de dos …) Effectivement, j’ai eu des signes précurseurs que je suis en
capacité maintenant d’analyser comme tels, mais sur le moment, je me suis dit que
ça passerait tôt ou tard.

Je retourne chez mon nouveau médecin traitant qui prend le relais et me prolonge
arrêt sur arrêt pendant quelques mois. Il insiste pour me prescrire des
antidépresseurs que je vais chercher à la pharmacie mais que je n’ai jamais pris.
Pourquoi. Je ne voulais pas être dépendante de produits chimiques.

Une erreur je pense avec le recul.

Je continue ma psychothérapie à intervalle d’une consultation d’1 heure tous les 15
jours (à 60 € la séance, ça commence à chiffrer – une chance qu’avec ma
convention, je n’ai pas de perte de salaire).”

 

Le coeur du problème vient de mon métier

 

“Mon travail sur moi-même, m’amène à la conclusion que le cœur du problème vient de mon
lieu de travail, voir de mon métier.

Je savais lors de cette 5ème séance que je n’y retournerai pas et je ne sais pas encore si je vais rester IDE.
Je suis à fin mai et je l’évoque à mon médecin traitant qui, comme mon psy, me dit
qu’il faut que soit j’y retourne, soit je démissionne mais une décision doit être prise. Il
me prévient que ce sera son dernier arrêt de travail qui se finira début juillet.

On est déconfinés.

 

Je recommence à sortir doucement

 

Je recommence à sortir doucement, très doucement, toujours
accompagnée car j’ai peur. Peur du virus, peur de sortir, peur de voir des gens.

Une prise de conscience, des remises en question, de longues discussions avec
mon mari, mes amies, quelques collègues…

Une chance (pas sur le moment mais avec le recul), je porte une charge lourde un
mardi (mon olivier que je voulais déplacer dans mon jardin) et je me fais mal à
l’épaule droite qui souffre déjà de tendinites à répétition. Plus moyen de bouger mon
bras… je prends des anti-inflammatoires et vais me coucher en pensant que ça ira
mieux le lendemain.

Mais non, direction les urgences ou le médecin m’explique que j’ai une grosse calcification, qui a sans doute lésé le tendon et que je dois me faire opérer. RDV pris avec le chirurgien le vendredi qui me propose de m’opérer le 31 juillet. Je lui explique que je suis en arrêt jusque début juillet. Il me dit de revoir mon
médecin traitant à la fin de mon arrêt et qu’il doit me prolonger jusqu’à l’intervention
(il le mentionne dans son courrier).

Je suis si heureuse de cet accident !

Car le chirurgien m’a précisé qu’après ce genre d’intervention, la récupération est longue.
Je me dis que ça me laisse encore un peu de temps.
Entre temps, dernière séance avec le psy le 10 juillet avant ses congés, reprise mi- septembre.

J’ai l’impression de tourner en rond, de ne plus avancer. Je me suis
ennuyée lors de ce dernier rendez-vous. Il ne le sait pas encore mais j’ai déplacé le
RDV et je ne retournerai pas le voir.

Opération passée, le chirurgien m’arrête jusqu’au 9 septembre.Joie certaine.

Encore un peu de sursis mais j’ai conscience qu’il faut que je me bouge…dans ma
tête, je suis prête à reprendre un travail.

Pour la rentrée, je retravaillerai mais plus dans mon Ehpad !

 

Retourner travailler, oui mais ou ?

 

Mais ou ?

Et re-angoisses… recherches sur le net où je tombe sur le site d’une infirmière qui
aide les infirmières à se reconvertir. Je la contacte et décide de suivre son coaching.
On est déjà fin aout.

J’ai le premier entretien avec Charlotte qui me laisse entrevoir
des solutions, des rencontres avec d’autres professionnels dans le même cas que
moi. Je vais sur la page Facebook où tout d’un coup, je ne me sens plus seule. Des
dialogues messenger se créent. On se sert les coudes.”

 

Se remettre en question

 

“Coaching débuté, Charlotte me dit qu’il faut que j’aille de l’avant et que je dois
concrétiser ma décision. La première séance arrive : j’avais hâte. On fait
connaissance, elle m’écoute : mes envies, mes choix, ma vie, mes “pourquoi”.

Puis, il faut préparer le second rendez-vous : répondre aux questions, se remettre en
question.

Qu’est-ce qu’il a été dur pour moi cet exercice. En fait, non, l’exercice n’est
pas difficile. Ce qui l’est c’est cette introspection sur soi et le mettre par écrit et le lire,
et le relire… et le verbaliser avec Charlotte. Le déclic est la : je sais ce que je ne
veux plus.

Ce que je redoute le plus, c’est de l’annoncer à ma cadre et mes collègues. Car je
quitte un environnement hostile pour moi, mais mes collègues c’était ma deuxième
famille et j’avais le sentiment de les abandonner.
Je recule cette échéance jusqu’à franchir le pas. Cela a été dur, j’ai beaucoup pleuré
mais j’étais tellement soulagée !! J’ai fait le point avec mon mari, j’avais un peu
d’argent de coté… J’ai démissionné. Ca a été d’autant plus dur que je savais par
quoi nous étions passé à bosser à 3… et la je l’imposais à mes 2 autres collègues
qui avaient déjà vécu ça.

 

Et puis la roue tourne…

 

Et puis la roue tourne… une opportunité prise au vol. J’avais croisé à plusieurs
reprises des conseillers funéraires dans le cadre de mon travail à l’Ehpad. J’avais
déjà eu l’occasion de discuter avec le directeur qui m’avait parlé qu’il embauchait
début janvier et que, sans forcément me connaitre plus que ça, me dit que mon profil
lui plait et me propose un poste de conseillère funéraire.

Mais début janvier, j’allais
« bien ». Donc tout simplement je refuse. D’autant plus, que je n’y connais rien à ce
métier. Deux jours après ma démission, il me téléphone et m’explique qu’il va créer
un poste et qu’il a de nouveau pensé à moi.

Tout s’agite dans ma tête : est-ce un signe du destin ?

Car forcément, il ne sait pas que j’ai quitté mon emploi. Et je me dis, bingo, pourquoi pas. Je le rencontre, il m’explique ses attentes et je fonce !

La psychothérapie avait mis le point sur le fait que nos conditions de travail se
détériorent (je suis désolée, notre métier est merveilleux !!! mais nos conditions sont
précaires – je vous souhaite que tout bouge dorénavant) et que je ne savais pas si je
voulais poursuivre en tant qu’infirmière. Et puis mon opération à l’épaule me restreint
dans mes mouvements aussi.
Je me suis dit que quelque part, peut être que le destin existe.

Nous sommes aujourd’hui le 29 octobre.

Je suis toujours en arrêt, mais j’ai la date butoir du 2/11 pour commencer un nouveau travail où je n’y connais absolument rien, pour le moment !
J’ai décidé de retourner voir mon psychologue mais pour lui dire « au revoir et au
plaisir de ne jamais vous me rasseoir en face de vous. »
Après analyse de mon parcours, j’ai fais un travail sur moi, une vraie introspection
sur mon MOI mais le vrai MOI. Ce que je souhaite vraiment et quelles actions j’ai mis en place pour les concrétiser. Ca prend du temps et c’est dommage de devoir se
battre pour avoir ce temps…”

 

Je suis fière d’avoir su avancer

 

“Je suis très fragile encore, je le sens. Et je sens qu’il suffirait d’une étincelle pour que
je rebascule.

Je suis fière d’avoir su avancer et suis consciente d’avoir peut-être eu
un coup de pouce du destin. Mais surtout et je ne pensais pas le dire, je suis fière de
ce burn out ! Difficile de le croire mais oui ! Il m’a permise de me connaitre, moi, moi
toute seule. Mon mari m’a avoué avoir été perdu pendant ce laps de temps mais il
m’a soutenu à sa façon : en ayant des mots tendres ou parfois des mots très durs à
encaisser, par son silence aussi.

J’ai appris à faire abstraction des personnes
toxiques, qui ne sont bienveillantes. Pareil, un cap difficile mais indispensable.

J’ai appris que je suis la seule à être responsable de mes actes. La seule pour qui je
peux faire quelque chose, c’est moi-même.

 

Le burn out, ça te tombe dessus

 

Le burn out, ça te tombe dessus. Ca te met K.O sans que tu comprennes d’où est
parti le coup. Tu n’as rien vu venir, ni toi, ni les autres.

Le burn out c’est le grain de poussière qui vient enrailler ton engrenage.
 Soit tu le laisses tout bousiller et tout bloquer ; ce qui arrive au départ, tu
penses que ça va repartir mais tu vois bien que non.
 Soit tu trouves des solutions pour trouver un autre système d’engrenage
et que tout re-fonctionne.

Mais tu as conscience, que ça ne re-fonctionnera pas comme avant.

J’ai pu me découvrir grâce à mon psychologue, mon mari, mes enfants, mon
médecin, Charlotte (avec qui je continue d’avancer !) mais surtout grâce à moi.

Je prends un nouveau départ. Je ne sais pas où je vais mais je n’ai pas peur car je
suis en adéquation avec moi-même.

C’est un travail sur soi qui va prendre du
temps… mais vous y arriverez, vous aussi !”

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