Infirmière : faire le deuil du métier rêvé pour retrouver du sens
Tu rêvais d’aider, de soigner, de soulager. Tu voulais du temps pour bien faire, de l’énergie pour accompagner et voilà que tu te retrouves à passer d’un patient à l’autre toutes les 5 minutes, à ne pas pouvoir répondre à leurs demandes, à être témoin de gestes maltraitants parfois …
Comment tout cela a-t-il pu arriver ?
Et tu te demandes sans doute si c’est bien nécessaire de remuer le couteau dans la plaie à ce sujet ! Le manque de personnel, on sait. Trop de patients, trop peu d’infirmières donc trop peu de temps, on sait. On connait la fatigue, la reconnaissance qui parfois n’arrive pas, les conditions de travail difficiles au domicile des patients parfois.
Cela vaut-il encore la peine d’en parler ?
Oui
Parce qu’il y a un chemin. Une solution pour bien vivre ton métier d’infirmière, pour l’exercer comme tu le souhaites.
Mais cela passe par une phase de deuil … le deuil de ce métier dont tu rêvais.
À retenir
Beaucoup d’infirmières découvrent un jour que le métier qu’elles exercent ne ressemble plus à celui dont elles rêvaient en entrant à l’IFSI. Ce décalage entre idéal et réalité peut être douloureux, mais il est aussi souvent le point de départ d’une réflexion plus profonde.
Faire le deuil du métier idéalisé ne signifie pas abandonner la profession : c’est parfois la première étape pour trouver une manière d’exercer plus alignée avec ses valeurs, ses besoins et sa vie.
Table des matières
- Quand le métier d’infirmière ne ressemble plus à celui que tu imaginais
- Les mots des infirmières de la communauté Charlotte K
- Faire le deuil du métier idéalisé : une étape psychologique importante
- Les différentes phases du deuil professionnel
- Être infirmière autrement : et si ton diplôme t’ouvrait plus de portes que tu ne l’imagines ?
- Eclairage de Laurence, psychologue de l’équipe Charlotte K
- Foire aux questions
- Ce format te plait et t’inspire ?
Quand le métier d’infirmière ne ressemble plus à celui que tu imaginais
Le métier rêvé
Quand on entre en IFSI, on arrive souvent avec une idée précise de ce que sera notre futur métier.
On imagine une profession profondément humaine, tournée vers l’autre. Un métier où l’on prendra le temps d’écouter, d’accompagner, de soulager. On se projette dans des équipes soudées, où chacun travaille ensemble pour le bien des patients.
Dans cet idéal, on voit un métier où l’on pourra :
- prendre le temps de bien faire les soins
- accompagner les patients dans des moments importants de leur vie
- travailler au sein d’une équipe stable et engagée
- ressentir une véritable reconnaissance pour son travail
Et surtout, on imagine un métier qui a du sens. Un métier dans lequel on se sent utile, à sa place, fière de ce que l’on fait.
Cette vision n’est pas naïve. Elle correspond aux valeurs profondes qui poussent beaucoup d’infirmières à choisir cette profession.
Le métier vécu
Mais une fois sur le terrain, certaines découvrent une réalité bien différente.
Dans de nombreux services, le quotidien se déroule en flux tendu. Les équipes manquent de personnel, les patients sont nombreux et les journées s’enchaînent à un rythme difficile à tenir.
Le travail peut alors ressembler à :
- une succession rapide de soins à réaliser
- une surcharge chronique de travail
- des injonctions paradoxales entre qualité des soins et contraintes d’organisation
- une pression administrative importante
Dans ces conditions, beaucoup d’infirmières ont le sentiment de devoir constamment choisir entre aller vite et bien faire.
Ce décalage entre le métier rêvé et le métier exercé peut être difficile à vivre.
Pas parce que les infirmières ont perdu leur engagement, mais parce qu’elles ont souvent l’impression de ne plus pouvoir exercer leur métier comme elles l’avaient imaginé.
Et c’est précisément ce décalage qui se trouve au cœur du malaise que vivent aujourd’hui beaucoup d’IDE.
Ce que ce décalage crée chez les infirmières
Au début, on essaie de tenir.
Les infirmières sont profondément investies dans leur métier. Elles ont choisi cette profession avec des valeurs fortes : aider, soulager, accompagner. Alors elles continuent, coûte que coûte. Elles tiennent pour leurs patients, pour leurs collègues, pour leur équipe.
Mais petit à petit, quelque chose peut se fissurer.
Le décalage entre le métier dont elles rêvaient et celui qu’elles exercent réellement devient de plus en plus visible.
Ce n’est pas seulement une question de fatigue. C’est un choc profond entre leurs valeurs et la réalité du terrain.
Cette situation crée un tiraillement intérieur très fort.
D’un côté, il y a l’attachement au métier, le sentiment d’avoir choisi une profession utile et profondément humaine. De l’autre, il y a la frustration de ne plus pouvoir exercer ce métier comme on l’imaginait.
Avec le temps, cette tension peut devenir difficile à supporter. Certaines infirmières ressentent de la culpabilité, d’autres de la colère, d’autres encore une forme de découragement ou de lassitude.
Dans de nombreux cas, ce conflit intérieur peut mener au burn out.
Les mots des infirmières de la communauté Charlotte K
Parce que tout vient du terrain, et de vos besoins, rien ne vaut vos mots.
Voilà ce que les infirmières de la communauté Charlotte K pensent de ce sujet.
« Quand j’ai débuté le suivi avec Charlotte Ianna, c’était très difficile pour moi.
Je pleurais beaucoup les premières séances.
Il a fallu que je fasse le deuil du métier que j’exerçais depuis tant d’années et j’avais très peur de me lancer dans autre chose. J’avais peur de ne pas être capable, de ne pas être à la hauteur. »
« Je suis en train de faire le deuil petit à petit de mon métier d’infirmière praticienne et je m’oriente plus vers la « transmission », mais c’est encore très dur pour moi….
Faire le deuil du métier idéalisé : une étape psychologique importante
Faire le deuil ne signifie pas renoncer à ce que tu crois.
C’est accepter que la réalité ne correspond pas à ce que l’on avait imaginé.
Cela permet de :
- reconnaître la déception
- accepter la réalité du terrain
- identifier ce qui est encore aligné avec ses valeurs
- redéfinir ce que signifie réussir sa vie d’infirmière.
Tant que tu restes accrochée à l’image de l’infirmière parfaite, tu risques de t’épuiser à vouloir correspondre à un idéal impossible.
Les différentes phases du deuil professionnel
Faire ce deuil du métier idéalisé ne se fait pas en un jour. Comme tout processus de deuil (processus que tu dois certainement déjà connaitre), cela passe souvent par plusieurs étapes.
Les infirmières que nous accompagnons chez Charlotte K traversent généralement ces phases à leur rythme. Tu te reconnaîtras peut-être dans l’une d’entre elles.
Le déni
Au début, on se dit que ce n’est qu’une mauvaise période. Un service difficile, une équipe compliquée, un moment de fatigue. On se persuade que tout va s’arranger. On continue à tenir, parfois pendant des mois, parfois pendant des années.
La colère
Puis vient souvent la colère. Colère contre la hiérarchie, les cadres, contre le manque de moyens, contre les décisions « là-haut » qui semblent éloignées de la réalité du terrain. Certaines IDE ressentent aussi de la colère parce qu’on leur demande toujours plus sans leur donner les moyens de bien faire leur travail.
La culpabilité
Cette phase est très fréquente chez les soignants. Beaucoup d’infirmières se disent : “Si je n’y arrive plus, c’est que je ne suis pas une BONNE infirmière”. Et si elles pensent à une autre voie, elles ont l’impression de trahir leur métier ou d’abandonner leurs patients, leurs collègues, le navire tout entier.
La tristesse
Vient ensuite une forme de tristesse. La prise de conscience que le métier dont on rêvait n’existe peut-être pas dans les conditions actuelles. C’est souvent une période de doute, où l’on se demande ce que l’on va faire de la suite de sa carrière.
L’acceptation
Petit à petit, certaines infirmières arrivent à accepter cette réalité. Elles comprennent que leur identité professionnelle ne se limite pas à un poste ou à un service. Elles commencent à envisager d’autres manières d’exercer : autrement, ailleurs, différemment.
Ces phases ne sont pas linéaires parce que nous ne sommes pas des robots.
On peut passer de l’une à l’autre, revenir en arrière, rester bloquée un moment dans l’une d’elles. Mais reconnaître ce processus est souvent la première étape pour avancer et retrouver une relation plus apaisée avec son métier.
Vivre son métier d’infirmière dans la vraie vie : 5 clés pour rester épanouie
Une fois passé le choc entre le métier rêvé et la réalité du terrain, une autre question se pose : comment continuer à exercer sans s’y perdre, en étant épanouie, heureuse de faire ce métier ?
Certaines infirmières choisissent de changer de voie. D’autres décident de rester dans le soin, mais autrement. Dans tous les cas, une chose est sûre : le métier d’infirmière peut s’exercer de mille façons différentes.
Avec notre expérience de + de 4000 infirmières accompagnées chez Charlotte K, nous observons que celles qui parviennent à rester épanouies dans leur métier ont souvent développé certaines stratégies.
Voici cinq clés qui peuvent t’aider à vivre ton métier d’infirmière dans la vraie vie, sans renoncer à ce qui t’a donné envie de l’exercer.
1. Accepter que le métier parfait n’existe pas
On en a déjà parlé, lorsque l’on choisit de devenir infirmière, on a souvent une vision très idéalisée du métier. On imagine des équipes solidaires, du temps pour chaque patient, une reconnaissance à la hauteur de l’engagement.
La réalité est différente. Et continuer à imaginer ce métier idéal te faire perdre beaucoup d’énergie. C’est comme si tu imaginais une vie parallèle en continu.
Accepter que le métier parfait n’existe pas permet de sortir de la frustration permanente qui naît lorsque l’on compare sans cesse l’idéal et la réalité. Arrêter de te concentrer sur les choses qui ne dépendent pas de toi te permet de récupérer de l’énergie pour ce que tu peux réellement maîtriser dans ta pratique quotidienne.
2. Identifier ce qui compte vraiment pour toi
Toutes les infirmières ne cherchent pas la même chose dans leur métier. Et c’est là tout le travail de notre bilan de compétences. On prend rarement le temps d’approfondir cette question sinon.
Certaines IDE ont besoin d’un rythme plus stable pour préserver leur vie personnelle. D’autres veulent plus de responsabilités ou de stimulation intellectuelle. Certaines accordent beaucoup d’importance à la relation avec les patients, tandis que d’autres se sentent plus à l’aise dans les soins techniques.
Prendre le temps de se demander ce qui compte vraiment pour soi est une étape essentielle.
Car quand on identifie clairement ses priorités, c’est plus facile de faire des choix professionnels cohérents.
Ce travail de réflexion permet souvent de redonner du sens à sa carrière.
3. Adapter ton environnement professionnel
Parfois, ce n’est pas le métier qui pose problème, mais l’endroit ou les conditions dans lesquelles on l’exerce. En général, quand tu as fait le travail de l’étape 2, tu comprends mieux.
Changer de service, d’établissement ou de mode d’exercice peut transformer ton quotidien +++.
L’environnement professionnel joue un rôle majeur dans l’épanouissement au travail. Trouver un cadre qui respecte tes valeurs peut tout changer. Et ça existe !!
4. Développer tes compétences et tes perspectives
C’est un peu notre cheval de bataille mais de nombreuses infirmières me disent encore « Je ne sais faire que ça ! » mais ça, c’est qui exactement ? Les IDE ont beaucoup de compétences, et beaucoup de compétences transférables à d’autres secteurs ou milieux.
Et puis quand on n’a pas une compétence dont on a besoin, on apprend.
Au fil des années, de nombreuses possibilités d’évolution ont émergé pour les IDE.
Certaines infirmières choisissent de reprendre des études, par exemple avec un master ou un diplôme universitaire. D’autres se tournent vers la coordination, la formation, la prévention ou encore la recherche.
Développer de nouvelles compétences permet souvent de retrouver de la motivation et de redonner un élan à sa carrière. Cela ouvre aussi la porte à des postes où l’on peut exercer autrement, tout en restant dans le domaine de la santé.
5. Construire un métier qui te ressemble
Enfin, l’une des clés les plus importantes est sans doute celle-ci : accepter que ton métier évolue avec toi.
Ce qui te correspondait à 25 ans ne sera peut-être plus ce dont tu as besoin à 35 ou à 45 ans. Tes priorités changent, ta vie personnelle évolue, ton regard sur le métier aussi.
Comme le résume très justement une infirmière de la communauté Charlotte K :
« Je pense que la vie évolue et nos envies aussi. On n’est jamais le même à notre entrée à l’IFSI, ni après avoir exercé 3 ans, ni 10 ans plus tard.
Il faut juste être au clair avec ce qu’on veut vraiment et faire évoluer le pro comme on ferait évoluer le perso. »
Certaines infirmières choisissent alors de combiner plusieurs activités : soin, formation, accompagnement, projets personnels… ce que l’on appelle parfois le slashing. D’autres construisent progressivement un parcours professionnel plus aligné avec leurs valeurs.
L’essentiel est de comprendre que tu as le droit de faire évoluer ton métier pour qu’il corresponde à la personne que tu es aujourd’hui.
Être infirmière autrement : et si ton diplôme t’ouvrait plus de portes que tu ne l’imagines ?
Un diplôme beaucoup plus polyvalent qu’on ne le croit
Quand on devient infirmière, on pense souvent qu’il n’existe que quelques façons d’exercer : l’hôpital, le libéral, peut-être une spécialisation.
Mais en réalité, le diplôme d’infirmière est l’un des diplômes les plus polyvalents du secteur de la santé.
Avec les infirmières que nous accompagnons chez Charlotte K, nous voyons chaque jour des parcours étonnants. (Découvre ici toutes les évolutions possibles après infirmière)
Certaines restent dans le soin, mais dans un cadre qui leur correspond mieux. D’autres découvrent des fonctions auxquelles elles n’avaient jamais pensé.
Car être infirmière, ce n’est pas seulement faire des soins au lit du patient. C’est aussi posséder des compétences extrêmement recherchées : sens de l’organisation, gestion de situations complexes, relation humaine, capacité d’analyse, travail en équipe, prise de décision rapide.
Et ces compétences ouvrent bien plus de possibilités qu’on ne l’imagine souvent.
Des évolutions possibles dans le soin
Certaines infirmières choisissent par exemple de :
- changer de service pour retrouver un environnement plus aligné avec leurs valeurs comme Isabelle, devenue infirmière à l’université, au service de santé des étudiants
- adapter leur rythme de travail ou leur mode d’exercice
- s’installer en libéral ou rejoindre une structure de soins différente
Monter en compétences et ouvrir de nouvelles perspectives
D’autres infirmières choisissent de faire évoluer leur carrière en développant de nouvelles compétences.
Elles peuvent par exemple :
- reprendre des études avec un master. C’est même possible à distance comme tu peux le découvrir dans le témoignage de Solène
- suivre un DU
- évoluer vers des postes de coordination
- devenir formatrices ou intervenir dans la transmission des savoirs
Ces parcours permettent de prendre du recul sur la pratique et d’avoir un impact différent dans le système de santé.
Construire un parcours hybride : le slashing
Parfois, les parcours deviennent encore plus créatifs.
Certaines infirmières construisent une carrière hybride, mêlant soin, formation, projets personnels ou activités entrepreneuriales.
C’est ce que l’on appelle aujourd’hui le slashing : exercer plusieurs activités professionnelles qui ont du sens pour soi.
Quand on prend un peu de recul, on réalise alors une chose essentielle :
le diplôme d’infirmière ne t’enferme pas dans un seul métier.
Il peut être le point de départ de nombreux chemins.
Pourtant, beaucoup d’infirmières ne voient pas ces possibilités.
Elles savent simplement qu’elles ne veulent plus continuer exactement comme avant… mais elles ne savent pas encore vers quoi aller.
Parce que personne ne leur a jamais montré tout ce que leur diplôme leur permet de faire.
L’expertise Charlotte K pour t’accompagner
C’est pour cela que Charlotte K existe.
Depuis plusieurs années, nous accompagnons des milliers d’infirmières dans leur réflexion professionnelle. Notre travail consiste à les aider à :
- prendre du recul sur leur situation actuelle
- mettre en lumière leurs compétences et leurs talents
- identifier les différentes options possibles avec leur diplôme
- construire une évolution professionnelle cohérente et réaliste
Parce qu’il n’existe pas une seule bonne manière d’être infirmière mais plein de façons différentes.
Et parfois, le moment où l’on commence à douter de son métier n’est pas une fin.
C’est simplement le début d’une évolution.
Tu peux voir les retours d’expérience de toutes les infirmières que nous avons accompagnées en allant sur la page témoignage.
Eclairage de Laurence, psychologue de l’équipe Charlotte K

Pourquoi idéalise-t-on le métier d’infirmière ?
« L’idéalisation du métier d’infirmière découle de plusieurs facteurs.
D’abord, la culture de l’altruisme et de l’empathie qui imprègne le secteur de la santé incite les infirmières à percevoir leur rôle comme une vocation.
De plus, la formation met en avant les aspects positifs de la profession, notamment le soin aux patients et l’impact significatif sur leur vie. Cette vision est souvent renforcée par des représentations médiatiques idéalisées, amplifiées depuis l’épidémie de Covid.
Par ailleurs, le désir personnel d’aider autrui contribue également à cette image embellie, créant ainsi une dissonance avec la réalité du terrain.
Il est important de noter que cette dissonance entre l’identité d’infirmière et la réalité du métier est fréquente.
Au cours de leur formation, les infirmières construisent une identité professionnelle fondée sur des idéaux de soin, d’empathie et de dévouement. Elles sont encouragées à s’identifier à des valeurs altruistes, se considérant comme des “soignantes” apportant réconfort et soutien aux patients.
Toutefois, cette dissonance est accentuée par le fait qu’une infirmière est souvent recrutée principalement pour ses compétences techniques plutôt que pour son identité infirmière. Autrement dit, elle est perçue par les recruteurs avant tout comme une technicienne du soin, ce qui peut créer un décalage entre sa perception de son rôle et les attentes professionnelles. »
La réalité du métier pour une jeune infirmière
« Lorsqu’une jeune infirmière débute, elle peut éprouver un choc entre ses attentes idéalisées et la réalité du terrain.
Cela peut engendrer confusion, anxiété et désillusion. La confrontation à des situations émotionnellement difficiles, telles que la mort ou la souffrance des patients, génère un stress considérable.
De plus, les attentes élevées de la hiérarchie et les rythmes de travail soutenus peuvent engendrer un sentiment d’impuissance et de surcharge émotionnelle, conduisant parfois à un burnout, où l’infirmière se sent épuisée et moins efficace.
Cette dissonance cognitive survient lorsque les jeunes infirmières sont confrontées à des réalités contradictoires, telles que des conditions de travail difficiles, des horaires épuisants et des tensions avec la hiérarchie. Ce décalage peut provoquer un désaccord avec leurs valeurs initiales, entraînant stress et anxiété.
Elles peuvent ressentir culpabilité ou échec en réalisant qu’elles ne peuvent pas toujours satisfaire leurs propres attentes, ce qui peut nuire à leur confiance en soi et les amener à remettre en question leur choix de carrière.
Pour gérer cette dissonance, il est essentiel d’encourager les infirmières à partager leurs expériences, à discuter de leurs défis et à rechercher du soutien professionnel. La formation continue et la supervision peuvent les aider à adapter leur identité professionnelle à la réalité du travail, en intégrant des éléments de résilience et de flexibilité dans leur approche.
Enfin, il est crucial de les inciter à redécouvrir les aspects positifs de leur métier, en mettant l’accent sur les interactions significatives avec les patients et les moments de satisfaction qui alimentent leur passion pour le soin. »
Comment aimer son métier malgré les défis ?
« Pour maintenir l’amour de leur métier face aux défis, il est vital de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et personnelle. Mettre en place des stratégies de gestion du stress, comme la pratique de la pleine conscience ou des activités de loisirs, peut aider à préserver une bonne santé mentale.
Le soutien entre pairs est également fondamental : partager ses expériences, frustrations et réussites renforce le sentiment d’appartenance et de solidarité.
Enfin, il est crucial de se reconnecter régulièrement aux motivations qui ont conduit à choisir cette profession. Se concentrer sur les moments de satisfaction et de gratitude envers les patients et célébrer les petites victoires quotidiennes peuvent contribuer à raviver la passion pour le soin. »
Conclusion
« Il est important de souligner que l’identité infirmière reste intacte, même lorsque l’on exerce un autre métier par la suite.
J’illustre mes propos par mon expérience personnelle : j’ai exercé le métier d’infirmière pendant 15 ans et, aujourd’hui, je suis psychologue clinicienne depuis 10 ans. Dans l’exercice de mon activité de psychologue, je ne me limite pas à être une professionnelle du psychisme. Mon identité infirmière demeure présente au quotidien et m’aide à appréhender le patient dans sa globalité. Cette identité “infirmière” vient incontestablement enrichir ma pratique de psychologue, me permettant d’intégrer une approche holistique dans ma relation avec mes patients.
Cette continuité témoigne de la profondeur et de la richesse de l’identité infirmière, qui transcende les rôles et s’avère bénéfique dans beaucoup de domaines professionnels, y compris en dehors du soin. »
Tu peux retrouver le témoignage de Laurence en détails dans un article dédié : Reconversion infirmière, le métier de psychologue attire.
Foire aux questions
La première étape est de reconnaître ce décalage et de prendre du recul pour clarifier ce qui te pèse vraiment : le service, le rythme, l’organisation ou le métier lui-même. Parfois, un changement de cadre d’exercice ou une évolution professionnelle permet de retrouver du sens sans quitter la profession. Faire un bilan de compétences permet de sortir du brouillard, de savoir ce que tu veux, ce qui est fait pour toi et d’avoir un plan d’action.
Non. Faire le deuil du métier idéalisé ne signifie pas forcément quitter la profession. Cela consiste plutôt à accepter la réalité du terrain et à redéfinir la manière dont tu souhaites exercer.
Commence par identifier ce qui te manque aujourd’hui : du temps avec les patients, un meilleur rythme, plus de reconnaissance ou de nouvelles perspectives. Parfois, changer de service, se former ou faire évoluer son mode d’exercice suffit à retrouver du sens dans son métier. Et parfois, cela nécessite une réflexion plus profonde. Il ne faut pas en avoir peur.
Ce format te plait et t’inspire ?
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