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Guillemette : d’infirmière à conseillère en image

Le 24 Octobre 2022

Auteur : Pascaline   Éditeur : Charlotte K

Guillemette : d’infirmière à conseillère en image

 

Aujourd’hui, nous allons parler reconversion, look et colorimétrie car notre témoin du jour, Guillemette, s’est reconvertie, d’infirmière à conseillère en image. 

 

Elle a accepté de nous confier son parcours, d’expliquer en quoi consiste son métier, ce qu’elle fait au quotidien et ce qui a pu être difficile dans son processus de reconversion.

 

Quel est ton parcours ?

 

“Après mon bac, j’ai commencer par faire une école d’infirmière à Paris, à la Pitié Salpêtrière.

J’ai ensuite commencé à travailler, je me suis mariée entre temps.

Au moment de mon congé maternité précédant la naissance de mon premier enfant, j’ai arrêté de travailler: une situation assez classique !”

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie?

 

“Cette voie s’est un peu imposée à moi insidieusement petit à petit, je n’ai pas eu trop à la chercher moi-même. 

 

Cela fait des années et des années que mes sœurs (je suis l’ainée de 10 enfants) ou des amis me demandaient  assez facilement des conseils make-up, look etc. J’ai même maquillé mes sœurs pour leur mariage.

 

Lors d’une affectation à Brest (Mon mari est marin), les filles avec qui je m’entendais bien se sont également mises à me demander des conseils. Le phénomène s’est complétement intensifié, les filles sollicitaient des créneaux pour passer chez moi prendre un café parce qu’elles avaient des choses précises à me demander.

Et j’ai commencé à donner des RDV, un peu malgré moi, dans un domaine qui m’a toujours plu, à savoir la beauté, la femme.

 

A partir du moment où des personnes ont souhaité me demander des entretiens de manière plus formelle, je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à explorer.

 

 Je ne crois pas au hasard, cela pouvait peut-être faire sens.

 

Il se trouve qu’à partir du moment où cela a commencé à s’intensifier, cela faisait déjà 6 ou 7 ans que je ne travaillais plus.

J’avais essayé de reprendre mon travail d’IDE après mon premier congé maternité mais ce n’était pas très pratique et pas très adapté. Mon mari est dans la marine donc avec des contraintes.

 

Je n’avais pas trouvé de poste, j’étais intérimaire parce que j’aime bien bouger. Du coup aucun poste ne m’attendait nulle part.

J’ai cherché pour reprendre plus sérieusement mais je n’avais pas envie de faire garder mon fils car on me proposait des postes en 12h: cela représentait beaucoup de contraintes pour peu de gratification financière.

Après j’ai eu mon deuxième enfant, les choses se sont enchainées.

 

La vie professionnelle m’a toujours un peu manqué, le contact avec les patients, se sentir utile ailleurs qu’à la maison et je me disais bien que j’allais recommencer à travailler mais reprendre en tant qu’infirmière, cela devenait trop compliqué.

 

Mais il existait peut-être un métier dans le domaine qui me plaisait. J’ai fait mes petites recherches et effectivement j’ai vu qu’il y avait le conseil en image qui existait et qui me correspondait pas mal du tout.

 

J’en avais déjà entendu parler du conseil en image dans les médias en suivant par exemple Cristina Cordula, ce qui me faisait rire. En réalité ce métier n’a absolument rien à voir avec ce que l’on nous montre dans les médias ou les magazines féminins. C’est quelque chose de beaucoup plus profond.

 

Je me suis renseignée de manière plus précise et j’ai pensé à la reconversion.

 

Après cela a été une histoire de temps et un peu de courage parce que je suis une personne assez entière et ne voulais pas faire les choses à moitié. Quitte à me reconvertir, je voulais le faire à fond.

 

J’ai cherché les écoles qui proposait un diplôme pour obtenir une crédibilité dans ce que je ferai et me suis inscrite à l’école supérieure de relooking à Paris.

 

Après, cela a un peu été le parcours du combattant, il a fallu trouver le financement car cette école a un certain coût et comme je n’étais pas certaine d’avoir un retour sur investissement, je ne voulais pas financer personnellement ou avec les moyens de la famille.

 

Donc, je me suis tournée vers le CPF etc. Finalement c’est Défense Mobilité qui a financé ma formation ce qui m’a permis vraiment de me lancer à fond.

 

Cette formation avait donc lieu à distance avec quelques journées en présentiel à Paris.”

 

Comment s’est passé le départ de ton précédent job ?

 

“J’étais en interim donc cela n’a pas posé de problème.”

 

Quelle a été la réaction de ton entourage ?

 

“Globalement, la réaction générale a été positive.

 

Il a fallu que j’explique mon travail au début.

 L’appellation exacte est “consultante en communication par la valorisation de l’image”. C’est un métier qui émerge en ce moment, surtout à Paris où cela commence à avoir une grosse ampleur mais en province, les gens ne connaissaient pas trop.

 

Mon mari l’a super bien pris, il a été clairement mon moteur pour me lancer à fond, voyant comment je me suis débattue pour obtenir un financement, bosser mes cours le soir après 20h alors qu’il était en mission etc.

 

J’avais à ce moment-là, 3 enfants.

 

Il a vu à quel point cela ne pouvait pas être évident, entendu toutes mes remises en question. Il était content que cela me permettre de remettre un pied à l’étrier du monde professionnel et à faire un boulot “passion”. Il m’a encouragé quand je pouvais avoir des périodes de baisse de moral et de découragement.

 

Il connait les côtés négatifs de son métier, notamment le fait que la famille doive s’adapter donc il était très heureux que je fasse cela pour moi et essayer d’accéder à un travail qui me plait.

 

J’ai du donner des explications mais à chaque fois, cela a été hyper positif tant chez les femmes que les hommes. 

 

Je pense qu’à partir du moment où les gens voient qu’on s’épanouit, ils sont peut-être un peu dubitatifs au début mais quand ils comprennent, ils sont plutôt positifs.”

 

En quoi consiste ta nouvelle activité ?

 

“J’ai créé ma boite, en auto-entrepreneure depuis juillet dernier.Reconversion infirmière conseillière image

 

Mon métier consiste à aider les gens qui sentent qu’il y a un désaccord entre l’image corporelle, personnelle qu’ils renvoient et ce qu’ils sont à l’intérieur.

J’essaie d’aider les gens à faire en sorte que l’image qu’ils véhiculent reflète exactement leur personnalité et ce qu’ils veulent véhiculer d’eux-même.

 

J’accompagne des femmes de tous âges qui sentent une discordance mais qui ne savent pas d’où elle vient et comment s’y prendre.

Cela se fait au gré de différents RDV: la colorimétrie, l’étude de style ou encore la morphologie…

J’effectue parfois des coachings complets et parfois des séances en fonction de l’objectif qu’on se donne. Je ne pousse pas à la consommation, je propose ce qui est le plus utile pour mon client à l’instant T.

 

Mes RDV clients s’effectuent par Skype ou en présentiel.

 

À la fin de chaque accompagnement, je réalise un ebook personnalisé qui regroupe l’intégralité des conseils que j’ai donné.  Avec ce support, les clients sont parfaitement autonomes vis à vis de leur image pour retrouver mes suggestions et s’en sortir.

 

L’autre facette est le côté “communication”, je m’efforce de produire des publications qualitatives pour donner des conseils qui puissent vraiment servir aux gens.”

 

Quels sont tes projets/tes rêves ?

 

“Je suis déjà très contente de ce que j’arrive à faire là. Je ne pensais pas que mon métier ferait mouche aussi rapidement.

Je suis lucide sur la quantité de RDV que je peux donner pas semaine. Mon mari est toujours marin.

 

Je gère mon temps (j’ai 4 enfants maintenant) Ce travail est nécessaire à mon épanouissement, il contribue à me donner un bon équilibre même si je sais que je dois m’efforcer d’équilibrer ma vie professionnelle et personnelle.

 

J’ai 6 ou 7 suivis en parallèle, les choses s’enchainent assez bien, j’ai régulièrement des entretiens de découverte.

 

Je cherche à terme à passer moins de temps à faire de la communication, cela prend beaucoup de temps et d’énergie. Il a fallu que je découvre complètement les outils pour communiquer sur les réseaux sociaux, c’est un travail de longue haleine.

Cela se fait doucement, il faut que le bouche-à-oreille fasse son office et c’est un travail nouveau pour moi.

 

J’aimerais que la recommandation de mes clients me permette de lever le pied sur la communication.

 

J’imagine bien une agence de conseil en image dans quelques années mais ce n’est pas pour tout de suite.

Le coté hyper pratique de mon métier, c’est que je travaille de chez moi et pour les RDV, ou bien les clientes viennent, on se peut se voir par Skype ou je me déplace. C’est simple, les choses se font très facilement, j’ai juste besoin d’emporter mon matériel.

 

C’est un job de rêve, j’adore ce que je fais, et l’investissement n’est pas trop lourd.

 

Le jour où mon mari arrêtera d’embarquer en permanence, et où on aura la certitude de rester dans un endroit plus de deux ans d’affilé, je pourrai louer un local et recevoir mes clients dans une agence.”

 

Comment gères-tu la transition financière ?

 

“On était habitué à vivre sur un salaire car je ne gagnais rien en congé maternité.”

 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion, selon toi et comment les dépasser ?

 

“Pour ma part, la difficulté a été la remise en question incessante.

“Est-ce que je fais bien? Est-ce que cela ne va pas être un projet trop gros pour moi ? Est-ce que c’est le bon moment avec des enfants petits, un mari souvent absent?”

 

Il faut répondre à ces 1 000 questions et savoir ce qu’on fait mais aussi garder confiance en soi et en ses projets, en ses capacités à réussir quelque chose dont on a vraiment envie. C’est très important.

 

J’ai été vraiment encouragée et portée alors que cela pourrait être très difficile pour des personnes qui ne le sont pas.

 

Les difficultés peuvent être financières aussi. J’ai eu beaucoup de chance parce que j’ai réussi à faire financer ma formation mais si ce n’est pas le cas, cela peut être une grosse difficulté.

 

Il peut y avoir des personnes peuvent être dubitatives quand on a déjà un diplôme, se demandant pourquoi on veut faire autre chose… Mais cela revient au premier point, il faut se faire confiance et s’écouter dans une juste mesure. Si on se sent appelé vers quelque chose, il faut faire fi des gens qui pourraient nous décourager par leurs réflexions ou leur manque de tact.

 

Il faut essayer de ne pas y faire attention et tracer sa route quand même.”

 

Comment as-tu géré ta reconversion avec ton quotidien de maman ?

 

“C’est LA question qui enquiquine la plupart des mamans qui souhaitent se reconvertir ou simplement se remettre à travailler.

 

J’ai géré, j’y suis allée quand même parce que je me rendais compte que la vie professionnelle me manquait, que j’avais besoin d’autres choses pour m’épanouir personnellement, que ce que je pouvais faire comme travail à la maison. 

 

En fait, je suis bien convaincue que quand une maman se sent bien dans ses pompes, bien dans sa tête, et qu’elle est heureuse de ce qu’elle fait dans la vie, c’est toute la famille qui en bénéficie, mari et enfants.

 

Et donc du coup, je me suis accrochée à ça.

Je n’avais pas envie de me plaindre et me laisser aller parce que notre travail nous manque puis plomber l’ambiance de toute la famille parce qu’on se fait un peu suer.

 

C’est ça qui m’a  encouragé à y aller. Justement le coté maman heureuse qui ne subit pas le fait qu’il lui manque un truc.

 

Ca a pas été tout rose. Mon mari était très souvent en mer, j’étais seule pour gérer 3 enfants dont un petit dernier qui n’allait pas encore à l’école. Ce n’était pas évident, il n’avait que quelques heures de halte-garderie par ci par là, donc je suivais mes cours pendant la sieste ou le soir.

 

Ce n’est pas facile à se remettre à bosser le soir quand on est fatigué de sa journée , qu’on est seule depuis un moment et que le temps commence à être un peu long.

 

C’est pas forcement évident mais j’étais convaincue que c’était pour un plus grand bien. Les cours me plaisait donc ça m’aidait quand même. Et puis mine de rien, je pense que cela a été également utile pour gérer les missions longues et penser à autre chose.

 

Ce qui n’a pas été simple non plus il y a deux ans, quand on a été confiné, avec l’école à la maison, un mari en mer et mes cours, là j’ai cru que cela n’allait plus être possible. Et en fait ça l’a été.

 

Ce qui peut aider, c’est être méga organisée, avoir le sens des priorités.

 

Quand on sait sur une journée tout ce qu’il va falloir faire, on commence par le truc le plus urgent et on s’organise comme ça.

Prioriser, ça aide vraiment et ce qui va rester à la fin de la journée, c’est le bas de la liste don ce qui est le moins vital pour moi comme pour les enfants.

 

Depuis que je me suis reconvertie, j’ai lâché la bride sur certaine chose : par exemple concernant le linge, j’ai arrêté de repasser mes draps ?. On se recrée des priorités et le moral n’en est que meilleur.

 

La vie de maman, c’est ça.

 

Il faut également garder à l’esprit que quand on s’aperçoit que cela fonctionne, il faut faire attention à ne pas se laisser embarquer et dire oui à tout le monde. 

Il faut avoir temporiser, prendre conscience de ses capacités. Se dire ce qu’on peut faire sur une journée, s’imposer des jours off. Il m’arrive d’avoir des RDV le mercredi ou le samedi mais j’essaie, dans la mesure du possible, de consacrer ces jours-là aux enfants et aux activités extra-scolaires. 

 

Quand on arrive à prioriser, à s’organiser, à garder la tête froide, à pas se surcharger, ça passe.”

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé se lancer ?

 

« Il faut foncer mais prendre pas mal de renseignement en amont, sur le côté organisationnel : nombre d’heures de cours que cela va demander par semaine, la quantité de travail personnel pour voir comment le caler dans nos journées, pour voir si c’est faisable à l’instant T ou si c’est un projet à mûrir parce que c’est trop tôt, que notre bébé ne fait pas ses nuits par exemple. 

 

Il faut savoir être patient pour mieux réussir après sans être complètement noyé.

 

Quand j’ai fait l’école sur plusieurs mois, quand j’ai passé mon diplôme, il fallait que je soutienne deux mémoires et que je passe un écrit à Paris, j’étais à la limite de dire STOP ! J’étais enceinte de deux mois de mon quatrième enfant, malade comme un chien. J’avais littéralement peur de vomir sur le jury.

 

Je me suis dit que c’était peut-être too much pour la maman que j’étais. Ce n’était pas le moment de créer ma boite, il fallait que je passe mon diplôme, j’aurai bien le temps de me reposer ensuite.

 

J’ai dû rester tranquille durant ma grossesse malgré les idées qui fourmillaient dans ma tête. Mon diplôme passé en septembre, j’ai rongé mon frein jusqu’en juillet où j’ai enfin monté mon entreprise.

 

Si vraiment on sent le truc, il faut s’écouter et le faire mais d’un autre coté c’est important de bien mesurer les choses et le temps, prendre des conseils, mûrir le projet mais pas abandonner. 

 

Ensuite, quand on est dedans, si on a pris le temps avant et qu’on est persuadé que c’est le bon moment et que c’est la bonne reconversion pour nous, on ne baisse pas les bras, on n’écoute pas les gens qui sont décourageant.

 

Il faut être persuadé que c’est pour un plus grand bien pour nous et notre famille. »

 

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Tu peux retrouver Guillemette sur son compte Instagram: @sublimer_guillemettechanteau

 

Si ce format te plait et t’inspire, tu peux retrouver le témoignage de Clémence, d’infirmière à accompagnante périnatale.

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1 Commentaire

  1. emmanuelle

    Bravo ??????
    Bonne continuation
    Emmanuelle

    Réponse

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