Fanny, sa reconversion d’infirmière à relaxologue

La relaxologie est une discipline polyvalente qui regroupe des techniques de sophrologie, de méditation ou encore de yoga. La transition d’infirmière à relaxologue permet de prendre soin des patients en mettant en action toutes ces disciplines. C’est donc une approche riche humainement. À noter que relaxologue n’est pas une profession médicale.

Le stress et la pression que nous nous imposons nécessitent souvent une réponse. De nombreuses personnes se tournent de plus en plus vers des méthodes alternatives, holistiques pour les juguler.

Le métier que tu vas découvrir aujourd’hui permet d’être toujours dans le soin, mais de manière moins invasive, plus dans une optique de bien-être et de créer son entreprise, d’être indépendante.

Fanny qui s’est reconvertie, d’infirmière à relaxologue, te raconte son parcours.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence

“Je suis IDE depuis 2011.

J’ai commencé par de l’intérim jusqu’en 2013 où j’ai intégré le Conseil Départemental.”

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

“J’avais 3 missions principales, en collaboration avec mes collègues IDE, assistantes sociales et secrétaires :

– agrément et suivi des familles d’accueil pour PA/PH et formation des accueillantes

– évaluation de l’autonomie au domicile des PA/PH pour l’octroi de l’APA et la PCH

– prévention et promotion de la santé 

C’est ce 3ᵉ volet qui m’intéressait le plus : Je mettais en place des actions de prévention santé, aide à l’arrêt au tabac, équilibrage alimentaire, promotion de l’activité physique, sensibilisation aux maladies, prévention et risques de complications…

Et j’en suis venue naturellement à me former à la relaxologie : en constatant que le stress était un facteur de risque majeur à des comportements pas très favorables à la santé.

Et pour être totalement honnête, c’était aussi un peu un prétexte, car j’avais cette envie de formation depuis quelques années déjà, avec en idée de fond (que je percevais plus comme un rêve qu’un projet !) d’avoir mon propre cabinet, de pouvoir accompagner les personnes avec les outils que je choisirais, et donc de créer un jour mon entreprise. 

Je savais que j’étais douée pour accompagner, que je voulais être indépendante, mais l’idée restait floue. 

 

À vrai dire, il m’a fallu attendre 2016, lors de mon arrêt maternité, pour prendre le temps de réfléchir un peu plus concrètement à cette idée qui ne me quittait pas. J’ai réuni toutes les recherches que j’avais faites depuis des années et approfondi celles qui devaient l’être. J’ai construit la base de mon projet en quelques mois, mais surtout, j’ai commencé à croire que c’était possible ! 

 

Je dis souvent que j’ai accouché 2 fois en 2016 : de mon bébé… et de mon projet ! 

 

J’avais enfin une idée claire : je souhaitais accompagner les femmes dans leur apprentissage de la relaxation, en leur permettant de l’utiliser ensuite comme un outil de développement personnel. Je souhaitais ouvrir un cabinet dans une grande ville près de chez moi. 

 

Il n’y avait plus qu’à !”

Fanny, d’infirmière à relaxologue

Comment s’est passé le départ de ton précédent job ? 

 

“J’enchaînais les CDD dans la fonction publique. Je n’ai tout simplement pas accepté le renouvellement à la fin de mon arrêt maternité.”

 

Comment ont réagi tes proches ?

“Ils ont eu peur !

 

C’était pour moi une décision réfléchie, dans le sens où c’est une idée que j’avais depuis des années, qui ne me quittait pas. J’avais fait une étude de marché, un business plan, je savais qu’il y avait un risque, mais je savais aussi que c’était possible. Mais mes proches, même s’ils étaient d’accord pour dire que mon activité me correspondait parfaitement, avaient peur de l’échec, je pense.

Moi qui avais trouvé à leurs yeux « la bonne place », ils ne voulaient pas que je regrette… Moi aussi bien sûr, mais je pense que l’envie de sortir de ma zone de confort, de souhaiter m’épanouir dans mon travail était plus forte. 

Un organisme d’accompagnement aux porteurs de projet, la BGE Hauts-de-France m’a accompagnée. J’ai pu évoluer, modifier et affiner mon projet, créer les dossiers pour les demandes de prêts et lancer mon activité. 

 

Finalement, j’ai ouvert un espace de relaxation, avec fauteuils massants, matelas à eau… Un lieu que j’ai adoré imaginer, voir prendre forme… L’idée était de pouvoir apprendre à se relaxer dans un premier temps, pour pouvoir ensuite s’approprier les méthodes de relaxation via un accompagnement individuel ou collectif.”

 

En quoi consiste tes activités aujourd’hui ?

 

“Elles ont bien évolué!! Je suis restée au local pendant 3 ans. 3 années qui me marqueront à jamais ! Le début de ma vie idéale 😉 

 

J’ai pu apprendre énormément, tant sur le plan de l’entrepreneuriat (je connais maintenant toutes les erreurs à ne pas faire ), que sur le plan professionnel et personnel (j’ai pu rencontrer des personnes merveilleuses, me former, me perfectionner…).

 

Ce serait long à raconter, mais je me suis tournée progressivement vers l’accompagnement en développement personnel en ligne / visio exclusivement, et j’ai fermé le local physique en 2019. 

 

De fil en aiguille, toujours en suivant les opportunités qui me faisaient plaisir, à travers lesquelles je voyais que mes compétences étaient utiles, j’ai fini par rejoindre l’équipe Charlotte K après la naissance de ma deuxième fille !

 

J’ai repris également un emploi infirmier à temps partiel, parce que mon métier de base m’avait manqué quand même.”

 

Quels sont tes projets, tes rêves pour la suite de ton activité ? 

 

“Aujourd’hui, j’ai encore beaucoup de rêves et de projets, que je compte bien réaliser !

 

Je prends le temps de profiter de mes enfants et de faire tranquillement un auto-bilan de compétences avant.”

 

Comment gères-tu la transition financièrement ? Ou comment as-tu géré à l’époque ?

 

“J’ai pu bénéficier des allocations chômage pendant 2 ans. Je vivais ensuite de mon activité. Alors certes, mon salaire était moindre que le précédent, on a dû se serrer un peu la ceinture, surtout avec un nouveau-né à la maison !

 

On a appris à vivre plus simplement, à moins s’attacher au matériel et à se recentrer sur l’essentiel. 

 

Mais honnêtement, je ne regretterai jamais mon choix, je me suis enrichie sur bien d’autres plans, et ça s’est ressenti au niveau familial. Un point important : Mon mari a été d’un soutien infaillible, et sans ça, je pense que l’expérience aurait été beaucoup plus difficile à vivre. Il ne m’a jamais reproché quoique ce soit, et m’a toujours encouragé, même dans les moments difficiles.”

 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

 

“Je dirai la légitimité (syndrome de l’imposteur !) et le manque de confiance en moi, la peur de l’échec… Comment les dépasser ?

 

En construisant son projet au plus proche de ses compétences, en s’entourant bien de personnes-ressources, et en travaillant sur sa vision de l’échec : j’avais envisagé les solutions en cas d’échec.”

 

Si tu as des enfants, comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ? 

 

“J’ai eu la chance encore une fois d’avoir à mes côtés un papa super investi et aidant.

 

Je n’avais pas l’impression « d’abandonner » bébé, même si j’avais de gros horaires (enfin 10h / 20h avec 30 min de route matin et soir), et que j’avais un peu minimisé la charge administrative (surtout le temps que prend la communication!!), je ne garde finalement pas un mauvais souvenir de cette période. 

 

Je travaillais le samedi, donc bébé restait avec papa, nous avions le dimanche en commun et j’avais le lundi avec elle pour profiter pleinement. 

 

Elle n’allait en crèche que du mardi au vendredi. 

 

Le fait de se sentir épanouie et accomplie a beaucoup joué dans ma perception des choses, je pense. J’avais envie que ma fille ait une maman qui se sente bien ! 

 

Et ça n’a pas impacté la relation que j’ai aujourd’hui avec ma fille (c’était une de mes craintes aussi !)”

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion, mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

 

“De croire que c’est possible dans un premier temps !

 

De construire son projet, et de garder cette citation en tête face aux obstacles : « Quand une porte se ferme, essayez de rentrer par la fenêtre, la vie ouvre une multitude d’ouvertures et d’opportunités ! »

Fanny, d’infirmière à relaxologue

 

Pour aller plus loin ?

Si le sujet t’intéresse, tu peux te renseigner auprès de la Fédération Internationale de Relaxologie. Tu y trouveras des informations sur la profession, un annuaire des professionnels et les formations possibles. 

 

 

 Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Maud, infirmière devenue dessinatrice en architecture.

+ Si tu es infirmier ou infirmière et que tu cherches à te reconvertir ou évoluer professionnellement, viens rejoindre le groupe Facebook d’IDE en quête d’évolution professionnelle et n’hésite pas à nous suivre sur les réseaux sociaux, Youtube et Instagram.

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