Master 2 : Sciences éducation – RISO

Quelle bienveillance et quelle force dans notre communauté Charlotte K, de pouvoir partager et échanger sur les différentes évolutions de carrière possibles après infirmière !

Hélène, aide-soignante puis infirmière, nous raconte ici sa reprise d’étude en Master 2 en sciences de l’éducation.

Si j’ai accepté de témoigner c’est pour montrer que c’est possible. J’aimerais permettre à toutes celles et ceux qui ont envie mais doute encore de trouver l’élan et le courage d’oser.

Hélène

C’est parti pour un entretien avec Hélène !

 

Quel est ton parcours professionnel ?

 

« Mon parcours professionnel a beaucoup évolué. Auparavant cela me paraissait comme quelque chose de négatif et puis maintenant il est une force pour moi et j’en suis fière.

Après avoir grandi dans un commerce artisanal, une boulangerie, c’est tout naturellement que je me suis orientée vers des études dans le commerce. Très rapidement je me suis rendue compte que ce n’était pas le domaine qui m’attirait.

J’ai donc cherché ma voix en entrant dans la vie active et j’ai effectué des « petits boulots » le temps de ma réflexion.

Et le milieu de la santé m’est apparu à ce moment-là comme une évidence.

 

J’ai d’abord été aide-soignante puis quelques années après je suis devenue infirmière. J’ai ensuite passé un DU en plaies et cicatrisation et grâce à lui je suis devenue experte et formatrice en plaies et cicatrisation. 

J’avoue maintenant qu’être infirmière n’a jamais été ni une vocation, ni pleinement le métier qui m’épanouissait. Je l’ai pensé au début puis très vite les conditions de travail, la dureté des tâches, le manque de considération, l’investissement de soi pour le peu de reconnaissance et le salaire qui n’était pas ni valorisé au niveau d’études ni représentatif de nos tâches et les responsabilités m’ont fait de moins en moins apprécié mon travail.

 

Le domaine de la formation m’a ensuite beaucoup plus. Je l’ai découvert car j’ai été durant une année infirmière/formatrice nationale chez un prestataire de soins à domicile spécialisé en plaies et cicatrisation. 

 

Et c’est à partir de ce moment-là que l’idée de reconversion m’est apparue et que le cheminement a commencé.

 

Dernièrement, je faisais en parallèle d’être infirmière libérale, des intervention de prévention auprès d’apprentis en centre de formation par l’apprentissage (CFA), en boulangerie et coiffure. Il s’agissait de faire de la sensibilisation des risque sur leur santé liés à leur métiers. Cela m’a permis de découvrir le milieu de la prévention à la santé. 

 

Et puis la crise sanitaire est arrivée et avec elle, toutes les difficultés que cela a entraîné. Elle a accentué mon mal être dans mon métier d’infirmière. 

Je me suis dis que c’était le moment de passer à autre chose.

 

C’est ainsi que je me suis donc inscrite à l’université en Master 2 en Sciences de l’Education et de la Formation, Spécialité : Responsable d’Ingénierie des Systèmes d’Organisation (RISO).

Je l’ai obtenue en juin dernier et grâce à lui j’ai intégré au 1er septembre un poste de chargée de projet en éducation et à la prévention en santé.

 

Ce travail c’est un petit peu la pièce manquante à mon « puzzle professionnel » : il me permet de me servir de toutes mes connaissances et compétences acquises tout au long de ma carrière professionnelle et de les associer à celles obtenues durant cette année universitaire pour obtenir un métier qui correspond à mes attentes, et redonne du sens à mon travail. »

 

 

Pourquoi as-tu choisi de faire un master 2 en sciences de l’éducation parcours RISO ?

 

Qu’est-ce qui t’a motivée à faire ce choix ? 

 

« J’ai choisi de faire ce Master 2 parce qu’il me permettait de développer de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences dans le domaine de la formation, de l’évaluation, de la pédagogie, de l’organisation, de la communication et du management.

Il légitimisait mon statut de formatrice et me permettait d’être plus confiante, d’avoir une posture professionnelle enrichie, reconnue.

Ce qui a motivé mon choix c’est qu’il correspondait tout à fait à mes attentes et mes besoins.

 Il a été créé par un homme qui fut d’abord kiné puis kiné ostéopathe. Il a ensuite repris ses études et est maintenant maître de conférences et habilité à diriger des recherches.

Seconde motivation : il a pu être pris en charge par mon compte professionnel de formation, sans quoi cela n’aurait pas été possible.

De plus les cours se passaient à Montpellier donc près de chez moi et en alternance distanciel/présentiel ce qui permettait d’avoir un travail en parallèle. »

 

 

Comment as-tu pu financer ton master 2 ? 

 

« Comme mentionné à la question précédente je l’ai financé par mon compte professionnel de formation pour plus de la moitié et par mes économies pour compléter.

Il faut, à un moment, faire des choix et j’ai pensé que cela était un investissement professionnel et mon bien-être au travail…

Et aujourd’hui je ne le regrette nullement.

Déjà plus d’un mois que je suis chargée de projets et je peux dire, et cela fait tellement longtemps que je n’ai pas pensé cela !!, « je me sens bien dans mon travail »

Bon ok il faut m’habituer à travailler la semaine et être en repos tous les week-end, à avoir comme environnement de travail un bureau et un ordinateur… Mais il y a pire non 😉 (je sourie). « 

 

 

Quels sont les débouchés au terme de ce master 2 ? Est-ce facile de trouver un poste ? 

 

« Ce Master 2 « propose aux professionnels d’élargir leurs compétences, de valoriser leur expérience, de diversifier leur culture et de développer leur intelligence critique des concepts, des problématiques, des méthodes, des outils et des pratiques liées à l’évaluation, à l’éducation, à la formation, à la communication, au management et à la santé. 

Les savoirs sont mis au service de problématisations, de théorisations, de modélisations par l’étudiant lui-même, pour travailler les liens entre les savoirs et les pratiques ».

Le Master 2 RISO, habilité professionnel et recherche, s’adresse particulièrement aux publics en formation continue ou en reprise d’études. Il s’adresse aux professionnels de la santé, aux formateurs, aux managers, aux travailleurs sociaux et aux éducateurs.

 

Les finalités et débouchés sont multiples :

  • Cadre de santé et cadre supérieur de santé ou du travail social.
  • Responsable de formation, d’évaluation, d’ingénierie de la formation et de la démarche qualité.
  • Directeur d’établissement, d’institution de formation initiale et/ou continue.
  • Coordinateur de réseaux et de systèmes en entreprise.
  • Directeur de soins et/ou socio-éducatif.
  • Directeur des ressources humaines.
  • Formateur ou enseignant en formation initiale et/ou continue.
  • Conseiller principal d’éducation.
  • Référent en matière d’évaluation, de prévention, de communication, d’encadrement, de formation, d’éducation à la santé et de recherche.
  • Expert et consultant dans le domaine du sanitaire et/ou du social et/ou de la formation et/ou de l’évaluation et/ou de l’éducation à la santé et/ou du DPC.
  • Doctorat en sciences de l’éducation. »

 

 

Peux-tu nous parler de ton poste actuel en tant que chargée de projets ?

 

« Je suis donc aujourd’hui chargée de projet en éducation et en prévention à la santé affectée au département « santé des aînés » et « formation ».

Je coordonne des projets d’éducation pour la santé auprès des séniors et des professionnels qui les accompagnent. J’interviens en contexte complexe et auprès de personnes en situation de fragilité sociale. J’anime également dans ce contexte des ateliers de sensibilisation à diverses thématiques de santé en m’appuyant sur mes compétences d’infirmière. J’accompagne les personnes dans le renforcement de leur rôle d’acteur de leur santé globale (qualité de vie, prévention des maladies, bien-être physique, psychologique et moral, accès aux droits…).

Je travaille en mode gestion de projets en partenariat avec un réseau d’acteurs institutionnels et associatifs. »

 

 

Quelles ont été tes difficultés lors de ta reprise d’études ? Comment les as-tu surmontées ? 

 

« La reprise d’étude n’est pas simple et coordonner vie professionnelle, formation et vie privée demande énormément d’énergie, d’organisation, d’adaptation et de patience. 

Elle m’a fait sortir de ma zone de confort très souvent. 

Et cela implique beaucoup de remise en question et a, de ce fait, des répercussions conséquentes sur sa vie en générale.

Mais ce n’est que du bonheur finalement !

 

Au début à l’idée de reprendre mes études j’étais séduite par l’idée de me booster, de sortir du cadre de mon travail auprès de mes patients, de rencontrer d’autres personnes et d’apprendre de nouvelles choses.

Mais ce sont aussi des moments difficiles de doutes, de remises en question permanentes, de devoir beaucoup travailler parce que à mon âge mon cerveau ne travaille plus autant de façon aussi efficiente qu’à 20 ans ! Mais finalement c’est positif cette impression d’enrichissement intellectuel.

 

La question financière a également été source de questionnements et de difficultés mais j’ai revu mes dépenses et j’ai priorisé. Ensuite j’avoue que la crise sanitaire m’a un peu aidé. Les achats n’étaient que de premières nécessités et réfléchis.

J’ai aussi eu l’avantage de ne pas vivre seule. 

 

Et de plus, la crise sanitaire n’a pas été aidante : le distanciel n’était pas simple non plus.

 

En résumé je dirai que reprendre ses études est excitant et enrichissant, mais pas si simple !

C’est très important de réfléchir en amont à ce que l’on recherche en reprenant des études. Ce projet, c’est un peu le fil rouge auquel on peut se raccrocher lors des passages difficiles. »

 

Selon toi, quelles sont les façons d’évoluer en tant qu’IDE ? 

 

« Il y a de nombreuses façon d’évoluer en tant qu’IDE. Il faut juste donner et ou trouver du sens, son sens.

La profession permet de multiples choix :

Certains pourront évoluer en devant cadre de services ou de formation, d’autres pourront devenir « expert » comme avec un DU plaies et cicatrisation et évoluer professionnellement.

Ou alors carrément changer d’orientation, de voie, se reconvertir.

 

De nos jours rien n’est infaisable, à mon avis, dans la mesure ou on le choisit.

Avoir un projet, un but et y mettre toute son énergie à le concrétiser permet d’y arriver.

Il ne faut pas rester seul et bien s’accompagner. Il ne faut pas hésiter à taper auprès de portes de professionnels pour se faire conseiller, aider ou accompagner. »

 

Quels conseils donnerais-tu à un IDE qui souhaiterait évoluer dans sa profession ?

 

« La perte de sens au travail est souvent liée à des facteurs à la fois externes et internes, c’est-à-dire des changements dans l’organisation, mais aussi des évolutions propres à l’individu. On n’a pas le même système de valeurs à 25 ans qu’à 40 ans…

Et de nos jours il nous est beaucoup plus facile de changer de métiers qu’avant. Alors je dirai juste qu’il faut oser…

Le métier d’infirmière nous apporte de nombreuses compétences dont nous n’avons même pas connaissance. C’est pourquoi il est important de faire un bilan de ses compétences acquises tant professionnellement que personnellement. Et pouvoir se dire « ah oui je sais faire tout ça moi ! » c’est gratifiant, valorisant et motivant.

Cela peut être le début d’une prise de conscience et facteur de décision.

Un des principal frein reste financier. Une reprise d’études coûte cher, mais la France est favorable à ce type de projet et offre des moyens d’y parvenir. Le compte professionnel de formation en est un. Il ne faut pas hésiter. 

C’est sur que c’est une période difficile où il faut revoir ses priorités et accepter de vivre avec un revenu moindre. Mais c’est passager pour mieux vivre ensuite.

Je terminerai en disant que ce que vous faites, Charlotte, est très intéressant et important, surtout actuellement avec les conséquences de la crise sanitaire actuelle.

Si j’ai accepté de témoigner c’est pour montrer que c’est possible. J’aimerais permettre à toutes celles et ceux qui ont envie mais doute encore de trouver l’élan et le courage d’oser. »

Hélène

 

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