Marine, infirmière devenue dermographiste

 

Le métier d’infirmière, toi et moi savons bien en quoi cela consiste.

En revanche, le métier d’infirmière dermographiste est encore méconnu. C’est une voie peu empruntée. Et pourtant, tu vas le voir, pour une infirmière, c’est vraiment porteur de sens et avec un potentiel de développement de services important.

Cette profession allie des compétences infirmières comme la prise en compte de règles d’hygiène, les compétences relationnelles ou la connaissance du parcours médical et du vécu des patientes, aux compétences du tatouage et à la créativité des artistes tatoueurs.

 

Marine Le Carvès, devenue infirmière dermographiste, te raconte son parcours et présente ce métier qui est devenu le sien.

 

Qu’est-ce qu’une infirmière dermographiste ?

 

Une infirmière dermographiste est une professionnelle paramédicale. Elle réalise des tatouages esthétiques et réparateurs. C’est un métier profondément artistique et humain qui participe à la reconstruction générale des femmes ayant vécu des cancers du sein notamment.

 

Cela leur permet de retrouver une image corporelle qui leur convienne. Mon invitée, aujourd’hui, a donc un rôle et sur le plan physique et sur le plan psychologique auprès de ses patientes.

 

Marine, qui nous livre son témoignage dans cet article, est spécialisée dans la reconstitution post cancer du sein. Elle peut, grâce aux techniques de dermopigmentation, recréer des aréoles mammaires par exemple ou bien camoufler des cicatrices, des brûlures.

 

Qu’est-ce que la dermopigmentation réparatrice ?

 

La dermopigmentation réparatrice est une technique de réparation de l’aspect esthétique de la peau suite à une intervention chirurgicale, un accident, une brulure ou encore l’apparition de vergetures. C’est un tatouage, en somme, mais dans un but de reconstruction esthétique.

 

« Cela consiste à insérer des pigments minéraux ou organiques sous la couche superficielle de la peau, entre l’épiderme et le derme, donnant ainsi une coloration visible par transparence. »

 

Cette méthode permet de recréer les caractéristiques de la peau avec un effet 3D, en relief. Le rendu est plus naturel comme sur un mamelon par exemple. Sur le site internet de Marine, tu pourras voir des photos avant/après très parlantes de différentes reconstructions.

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence

 

« Je suis infirmière depuis plusieurs années dans de divers services. Suite à un problème de santé me contraignant dans certaines activités, j’ai commencé à envisager un changement dans ma vie. »

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

« Le besoin de travailler dans des conditions moins stressantes et chercher un apaisement personnel se sont développés. Et ce jusqu’à ce que mon entourage professionnel, connaissant mes facilités, ma passion du dessin, me soumette cette idée de la dermopigmentation. 

 

Un médecin dermatologue notamment, qui était souvent sollicité par des patientes pour le camouflage de cicatrices, la reconstruction post cancer etc, m’a soufflé cette piste. Il estimait que la double compétence serait une réelle plus-value.

 

Certains professionnels de santé ont trouvé très intéressant de me voir réaliser ce projet.

 

Le tatouage est une grande mode et un commerce lucratif. Mais cela nécessite une attention particulière à la sécurité sur le plan de l’hygiène des actes réalisés et de la juste relation avec des personnes ayant eu un parcours difficile.

 

Après avoir questionné plusieurs personnes sur cette idée et la valeur ajoutée des compétences infirmière dans le tatouage, j’ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure.

 

Être en libéral me permet d’offrir à chaque personne le temps nécessaire dans leur démarche de réappropriation de leur corps pour un retour au bien-être.

 

La transition avec mon métier d’infirmière finalement s’est faite naturellement. Car dans mon exercice, je me sens vraiment IDE et peux conseiller mes patientes sur tout un tas de choses annexes. Le relationnel, qui est pour moi primordial dans ma pratique infirmière, reste au centre de ma nouvelle activité, un épanouissement total pour moi. »

Marine, d’infirmière à infirmière dermographiste

En quoi a consisté ta formation ?

 

« Là s’est posée la question de la formation, du budget, de la » viabilité » de ce projet au niveau des revenus, etc.

 

La seule formation obligatoire est la formation de 3 jours « hygiène et salubrité « , reconnue par l’État.

 

Mais cette formation apporte des bases à des non-initiés, cela n’apporte rien aux infirmiers.

 

Cette formalité restait cependant payante et obligatoire…

 

La question des formations en dermopigmentation a été compliquée, car non reconnue par l’État et non contrôlée par l’ARS. Cela veut dire qu’il m’a fallu choisir le centre de formation.

 

J’ai donc fait 10 jours de formation. J’ai découvert les pigments, les machines, la colorimétrie et me suis beaucoup entraînée avant de finaliser mon projet.

 

Cela a pris une année avant de me lancer officiellement. »

 

Comment t’es-tu organisée en tant que maman pour mener à bien cette reconversion ?

 

« Mon fils n’étant pas scolarisé, je dois rester disponible.

 

Le choix d’exercer à mon domicile a été assez évident. J’ai pu créer un espace dédié à mon activité bien distinct de mon domicile. »

 

Comment as-tu fait la transition financièrement ?

 

« Mon statut a été pour le moins compliqué au vu des charges imposées en exercice libéral. 

Le budget formation et achat de matériel, en plus d’une assurance, et d’un local reste conséquent, environ 10 000 euros… Cela représente un vrai budget.

 

Étant foncièrement une professionnelle paramédicale, je ne pense pas à la publicité et ne me sens pas commerciale.

Je fais le choix du respect de mon éthique avant tout. Ma vie personnelle me le permet, mais après 6 mois d’exercice officiel, je suis loin de me verser un salaire. Cette situation, je pense, va durer encore au moins une année. »

 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

 

« Ce choix de changement de vie me correspond entièrement et mon épanouissement est total. Il faut du courage pour oser passer le cap, mais pour ma part, je n’ai aucun regret…

 

J’ai fait le choix d’intégrer les infirmiers sapeur pompiers volontaires pour répondre à mes besoins de travail en équipe et maintenir mes compétences. 

 

J’ai trouvé mon équilibre et gère bien ma vie professionnelle et familiale.

 

Ce genre de reconversion ne répondra pas à des besoins financiers classiques avant plusieurs années. Cela demande beaucoup d’investissement sur tous les plans, mais justement, ma vie personnelle a pris le dessus. Et peu à peu j’espère développer cette activité. »

 

Quels sont tes rêves, tes projets pour ton activité ?

 

« Je souhaite que la proportion famille/travail penche progressivement du côté travail, tout en restant raisonnable !

 

Pour développer mon activité, je me lance également dans le tatouage artistique pour mes patientes. C’est une demande récurrente. Lorsque la confiance est établie, certaines femmes ont à cœur de continuer leur projet avec moi, à mon plus grand bonheur ! »

 

Quelles sont les formations pour devenir infirmière dermographiste ?

 

Marine a suivi la formation en dermopigmentation réparatrice et maquillage permanent d’Audrey Rojo Formation.

Le but de cette formation, qui allie théorie et stage pratique, est de découvrir le dessin et la théorie de la dermopigmentation (colorimétrie, matériel et relation praticien/patiente).

On y aborde aussi des notions de cicatrisation, de connaissance du sein et de ses cancers, les différentes reconstructions, etc.

 

La formation en hygiène et salubrité est obligatoire quand on souhaite pratiquer le tatouage ou le maquillage permanent. Elle est encadrée par le décret datant du 19 février 2008 et à l’arrêté du 12 décembre 2008 concernant la formation des personnes pratiquant le tatouage, le perçage, le maquillage permanent.

 

« Art. R. 1311-3.-Les personnes qui mettent en œuvre les techniques citées à l’article R. 1311-1 doivent avoir suivi une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité prévues par l’article R. 1311-4. Un arrêté du ministre chargé de la Santé détermine les catégories d’établissements et les organismes habilités par le représentant de l’État dans la région à délivrer cette formation, ainsi que le contenu de celle-ci et les diplômes acceptés en équivalence.”

 

Dans cet article, l’accent est mis sur la reconstruction post cancer. Mais la formation de Marine lui permet aussi de mettre en œuvre les techniques de dermopigmentation pour le maquillage permanent. Elle effectue aussi des tatouages artistiques. Son nouveau métier est donc très riche en termes de services proposés.

 

Où retrouver Marine ?

 

Tu peux retrouver Marine sur son site internet. Tu y trouveras beaucoup d’informations sur sa façon de travailler, ses valeurs. Marine explique également ses différents services, le matériel utilisé, etc.

Elle est aussi présente sur Linkedin.

 

 Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver le témoignage de Stéphanie, d’infirmière à assistante comptable.

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