Être infirmière et tout quitter pour voyager
Le monde du voyage, partie 2
Tu l’as vu dans la première partie, Infirmière : Exercer et voyager, il est tout à fait possible de combiner son métier d’infirmière et son envie de voyager. Flavie, Armelle et Mina ont témoigné de leur quotidien extraordinaire, sur les bateaux de croisière, en mission humanitaire ou encore en rapatriement sanitaire. Aujourd’hui, je te propose de tout quitter et de préparer un tour du monde. Sympathique non ? Certaines personnes portent un grand projet, en solo ou en famille et souhaitent prendre du temps pour découvrir le monde, pour ralentir aussi, essayer un autre mode de vie. C’est le cas de Juliette, infirmière puéricultrice, qui a décidé de partir avec mari et enfants autour du monde en bateau. Tu peux suivre leur aventure sur Instagram @le_voyage_de_kumbaya. Comme tu vas le lire, ces grands voyages sont souvent l’occasion de remises en question tant la découverte, l’espace et l’ouverture sont immenses.Peux-tu te présenter et parler de ton parcours ?
« Je suis infirmière, diplômée en 2007. J’ai enchaîné directement un an après mes études de puéricultrice. J’ai fait un peu d’intérim entre les deux. Et depuis que je suis puéricultrice, j’ai travaillé en maternité, néonatalogie, en crèche et en PMI où j’ai effectué mon dernier poste. J’ai fait une petite coupure d’un an en coopération au Cameroun. »Comment vous est venue l’idée de ce voyage ?
« Notre voyage, nous le préparons depuis très longtemps. Quand on s’est rencontré avec mon mari, on s’est dit qu’on partirait un jour avec nos enfants visiter le monde en voilier parce qu’on était tous les deux fans de mer et de bateau. Du coup, c’était un petit peu comme une évidence et on a construit notre projet depuis longtemps, avec les enfants, en construisant notre famille. Et on avait posé une date pour pouvoir se dire qu’on allait partir à telle date. Et donc on est parti comme prévu à l’automne 2020. On aurait dû partir l’été, mais le Covid nous a retardés de quelques mois. Le but, c’était de voyager, de découvrir le monde, de prendre le temps avec nos enfants tant qu’ils ne sont pas encore trop grands. Et de leur faire découvrir autre chose que la vie à laquelle ils étaient habitués jusqu’à présent, sachant qu’on était en région parisienne.”Comment s’est passé le départ de ton dernier poste ?
« Comme nous avions ce projet, on a fait en sorte de pouvoir partir tout en conservant nos boulots. Moi, je travaillais dans le privé avant en tant que directrice de crèche, je voulais changer. J’ai passé les concours de la fonction publique pour pouvoir travailler en PMI. J’ai travaillé pendant 6 ans en PMI avant de partir en disponibilité. J’ai pris une disponibilité pour élever un enfant de moins de 8 ans comme on a la chance de pouvoir faire ça dans la fonction publique. Cela permet de ne pas perdre ses trimestres de cotisation à la retraite. On continue de cotiser et ça, c’est plutôt un super avantage. Donc, je peux partir le temps que je veux jusqu’à ce que ma dernière ait 8 ans, elle a actuellement 5 ans. Il faut s’y prendre un petit peu tôt pour demander la disponibilité. Ils ne peuvent pas refuser pour élever un enfant de moins de 8 ans. C’est aussi l’avantage de cocher cette case-là. Sinon, on peut demander une disponibilité pour convenance personnelle et dans ce cas, ils peuvent refuser quand même, bien que dans les faits, ils ne le fassent pas beaucoup. Mon mari de son côté à la chance de pouvoir prendre plusieurs années sabbatiques à la suite. On a l’opportunité de retrouver nos boulots quand on revient. Nous sommes partis pour 3 ans, qui vont se transformer en 4 probablement. Bien organisées, les choses se passent bien, mon employeur était prévenu depuis longtemps, mes responsables étaient prévenus aussi, je leur en avais parlé. Cela s’est fait assez en douceur malgré le Covid qui a un peu dérangé tout ça. Sinon globalement, on avait posé nos lettres et on est parti serein de nos boulots. On verra si on les reprend au retour. »Quelles ont été les étapes de préparation de ce voyage ?
« C’est un gros projet donc il a fallu faire un rétroplanning avec tout ce qu’on avait besoin de faire. Que ce soit en termes de budget, il fallait avoir assez de financement pour pouvoir vivre comme ça, acheter le bateau, etc. En ce qui concerne toutes nos affaires, l’immobilier et tous nos meubles, nous avons vendu beaucoup de choses et on a gardé juste une cave avec quelques affaires. Après, il fallait gérer nos boulots, ce qu’on allait faire, c’est le point dont j’ai parlé précédemment. On a eu une grosse partie de formation aussi parce qu’on ne se lance pas là-dedans sans connaitre un minimum le monde marin et la voile. On s’est formé beaucoup sur les dernières années avant de partir, sur tout ce qui est électricité, survie, météo, mécanique, moteur, etc. On ne connaissait pas tout et on voulait avoir un gros bagage théorique. Après, il y a eu toute la commande du bateau, la préparation du matériel qu’on allait emmener, la préparation des enfants un petit peu aussi, on a organisé aussi comment on allait faire l’école à bord. C’était aussi un gros sujet. On a vu aussi avec quels cours on voulait partir parce qu’on a fait le choix des cours par correspondance. Nous avons choisi les cours privés Sainte Anne et on est très satisfait jusqu’à présent. C’est vrai que cela demande une grosse préparation.Cela nous a demandé deux à trois ans de préparation assez intense.”



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