D’infirmière DE à infirmière puéricultrice

 

Si au fil de vos études ou de vos expériences professionnelles vous avez été amenés à travailler et découvrir des soins portés à un public de nourrissons, d’enfants ou d’adolescents et si ce secteur de soin vous a plu, vous envisagez peut-être de vous spécialiser pour devenir infirmière puéricultrice.

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Qu’est-ce qu’une infirmière puéricultrice ?

 

Une infirmière puéricultrice est une infirmière spécialisée dans le domaine de l’enfance et de la petite-enfance qui exerce au sein d’équipe pluri-disciplinaire.

Selon l’ordre national des infirmiers, elle a pour mission de :

  • Prendre soin de l’enfant et de ses aidants naturels (parents, fratrie, tierces personnes) dans une approche globale
  • Prévenir, maintenir et restaurer la santé de l’enfant par une continuité des soins
  • Favoriser l’autonomie, la socialisation et l’éveil de tout enfant (enfant différent)
  • Assurer la protection de l’enfant
  • Collaborer à la gestion administrative et financière des institutions
  • Faire de la recherche, former ses pairs et les professionnels de la petite enfance.

L’infirmière puéricultrice est amenée à travailler dans des structures très diverses tel que les services de maternité, de réanimation pédiatrique et pédiatrie des hôpitaux et cliniques, auprès de structures de soins à domicile, dans des établissements de prise en charge de maladies chroniques, en service de Protection Maternelle et Infantile où elle a un grand rôle de prévention, d’accompagnement et de sélection et formation des assistantes maternelles. 

Elle peut également exercer en structure de garde d’enfants tels que des crèches ou multi-accueils, au sein des équipes de recherche ou encore en tant que coordinatrice dans des centres de soins spécifiques.

Bref, les possibilités professionnelles et les champs d’applications sont extrêmement variés.

 

Un mot d’histoire et quelques chiffres

 

Ce diplôme spécifique a été créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, pour faire face au fort taux de morbidité infantile puis pour accompagner la reprise de la natalité. C’est la première formation de spécialisation créée pour les infirmières.

L’historique complet et passionnant de la profession d’infirmière puéricultrice est disponible en PDF sur le site internet de l’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiants. 

 Le dernier texte en vigueur concernant les études de puéricultrice est l’arrêté du 13 Juillet 1983.

Pour une infirmière puéricultrice débutante : 1 977,50 € brut dans la fonction hospitalière-  1er  janvier 2020-  (2938 € en fin de carrière). source : emploi-collectivités.fr.

 

Quelle voie pour devenir infirmière puéricultrice ?

 

Pour devenir infirmière puéricultrice, il est indispensable d’avoir obtenu son diplôme d’infirmière diplômée d’Etat (ou un diplôme de sage-femme).

Après avoir passé et obtenu le concours d’entrée en école d’infirmière puéricultrice, concours dont nous allons parler juste après, les études durent 12 mois dans des écoles agréées et sont sanctionnées par le diplôme d’Etat d’infirmière puéricultrice (BAC + 4).

Le cout de la formation varie de 5000 à 6000 euros avec des possibilités de financement par les régions.

 

Comment se déroule le concours pour intégrer l’école d’infirmière puéricultrice ?

 

Le concours comprend des épreuves écrites d’admissibilité et une épreuve orale.

Les épreuves écrites d’admissibilité sont au nombre de deux, chacune dure 1h30.

  • Une épreuve de questions à choix multiples et de questions ouvertes et courtes pour évaluer les connaissances professionnelles et théoriques des candidats sur l’anatomie, les grandes fonctions, le développement de l’enfant et les principales pathologies qui le concernent, la grossesse, la santé publique et le métier d’infirmier diplômé d’Etat.

 

  • Des tests psychotechniques pour évaluer les capacités de synthèses et d’analyse.

L’épreuve d’admission prend la forme d’un oral de 20 minutes (avec 20 minutes de préparation) 

  • 10 minutes pour analyser une situation en rapport avec le métier d’infirmier.
  • 10 minutes d’entretien avec le jury 

La réussite au concours implique l’entrée en école l’année suivante sauf pour quelques exceptions qui peuvent justifier un report de scolarité de maximum deux ans. Ces exceptions sont un congé maternité ou d’adoption, le rejet de demande d’accès à la formation professionnelle, le rejet de demande de congé de formation, une maladie, un accident ou un évènement grave. 

 

Comment s’inscrire au concours d’infirmière puéricultrice et où ?

 

Toute infirmière souhaitant passer le concours peut s’inscrire directement dans un institut de formation pour puéricultrices diplômées d’Etat. Il en existe 39 en France, rattachés à des CHU.

 

Comment préparer le concours d’entrée en école d’infirmière puéricultrice ?

 

Des centres de formation privés proposent des préparations au concours comme Le cours Minerve 

Pour les tests psychotechniques, il existe de nombreux livres d’entrainement. De solides révisions des matières apprises en école d’infirmière sont nécessaires. 

Concernant les QROC et les QCM, l’association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiants (ANPDE) ressence deux annales corrigées des concours de puéricultrice, aux éditions Masson et aux éditions La documentation française.

 

Quel est le déroulement des études ?

 

Les études totalisant 1500 heures sont réparties en :

  • Unités d’enseignements théoriques et pratiques de 650h avec :

 

L’étude de l’alimentation de l’enfant et de l’adolescent, l’enfant et adolescent en situation de handicap, la psychologie de la famille et de l’enfant de la naissance à l’adolescence. 

 

Ces unités d’enseignements comprennent aussi la législation professionnelle et droits de l’enfant et de la famille, le processus pathologiques, la prise en charge en soins palliatifs et l’accompagnement des enfants et de leurs familles, les techniques de communication et d’observation du nouveau-né, de l’enfant, de l’adolescent et de la famille, la démarche d’amélioration continue de la qualité, et enfin la recherche en puériculture. 

 

  • Travaux dirigés et stages au nombre de 5 (le tout représentant 850h) dans des services de maternité, néonatalogie, pédiatrie et Protection Maternelle et Infantile. 

 

Deux témoignages d’infirmières diplômées d’Etat qui sont devenues infirmières puéricultrices.

 

Témoignage de Marie-Caroline

 

« J’ai 38 ans. Je suis diplômée infirmière depuis 2006 et infirmière puéricultrice depuis 2009. J’occupe actuellement un poste de responsable de deux établissements d’accueil de jeunes enfants.

 

J’ai commencé mes études d’infirmière sans savoir dans quel service je voulais travailler. J’ai

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réalisé mon stage de pédiatre en chirurgie viscérale pédiatrique en 2ème année. J’ai alors eu une sorte de révélation pour la pédiatrie. J’ai particulièrement apprécié le contact avec l’enfant avant, pendant et après le soin. Notamment le fait, que pour réaliser un soin dans de bonnes conditions, nous devons obtenir son adhésion, sa participation. 

J’ai terminé mes études d’infirmières. J’ai commencé à travailler en secteur hospitalier en chirurgie ORL pédiatrique 2 ans, afin de confirmer cette vocation de puéricultrice. 

 

J’ai préparé le concours seule avec quelques annales. Je n’ai pas le souvenir d’un concours trop difficile. J’avais apprécié l’oral du concours qui est un échange entre professionnels. 

 

Les études d’infirmière puéricultrice sont passionnantes car nous sommes déjà professionnelles diplômées. C’est une vraie spécialité, un approfondissement de la pédiatrie dans toute sa dimension (développement physique, psychomoteur, affectif et social). Il y a un apport important sur la psychologie de l’enfant et sa famille. 

 

Lorsque j’ai été diplômée, j’ai voulu poursuivre mon parcours hospitalier. 

 

J’ai pris un poste en pédiatrie générale dans un grand hôpital pédiatrique pendant 2 ans. 

J’ai été extrêmement déçue de cette expérience avec mon nouveau regard d’infirmière puéricultrice. Je rentrais frustrée de mes journées car il n’y avait de la place que pour la technique et très peu de temps pour le soutien, l’accompagnement psychologique de l’enfant et sa famille (sur les sujets tels que l’allaitement maternel, l’annonce du handicap, l’adhésion de l’enfant avant les soins…).

Je me suis réorientée. Ce n’est pas la peine de rester dans un poste qui ne nous convient pas. Il faut se donner les moyens de trouver le secteur d’activité qui répond à vos attentes professionnelles. 

 

Si vous souhaitez travailler en pédiatrie, n’hésitez pas une seconde à passer le concours et à faire la spécialité d’infirmière puéricultrice. Cela va réellement changer votre regard sur l’enfant, sa famille, et les soins. Cette formation est indispensable pour ajuster votre regard, avoir la bonne distance. 

Je dis toujours « avant la formation je voyais la veine à piquer, après la formation je vois l’enfant, son milieu, le contexte, sa famille, ses ressources… ». 

Il existe différentes aides pour préparer le concours. 

 

Les études demandent une certaine volonté et des sacrifices certes, mais c’est une spécialité donc vous êtes déjà considérée comme une professionnelle avec une expérience, des connaissances, des compétences. 

Vous explorerez pendant la formation les différents secteurs d’activités qui restent riches et variés pour toutes votre carrière et vos attentes (PMI, EAJE, Maternité, néonatalogie, pédiatrie) en alternant cours théoriques et stages.  

Une année aussi riche, cela passe très vite ! »

 

Témoignage de Juliette

 

« Je suis Juliette, 38 ans, puéricultrice depuis 14 ans, avant de partir en voyage en famille j’exerçais mon métier d’infirmière puéricultrice en PMI, dans le département du 92. 

 

Nos missions étaient assez vastes, de l’accompagnement des jeunes parents en sortie de maternité, jusqu’à l’accompagnement et le suivi particulier des familles en difficultés sociales, psychologiques, éducatives, jusqu’à la protection de l’enfance, en passant par les bilans de santé en école maternelle. 

 

J’ai entamé l’école d’infirmière avec cette idée derrière la tête de continuer car je savais que je voulais travailler auprès d’enfants. Lorsque j’ai fini ma troisième année, j’avais très envie de travailler rapidement et ma motivation avait un peu baissé… Cependant je me suis tout de même inscrite au concours, et comme j’ai été reçue, je me suis motivée pour poursuivre avec cette spécialisation, me disant qu’après une entrée dans la vie active, un poste occupé, potentiellement une vie de famille… cela serait beaucoup plus dur de réaliser mon souhait de spécialisation. J’ai donc ouvert cette porte et je ne le regrette absolument pas.

 

Je me suis tout de même bien préparée au concours, au milieu de ma dernière année d’IFSI, surtout aux tests et aux questions de santé. J’ai bouquiné les annales et préparé l’oral, par moi-même. Mais je ne me souviens essentiellement de l’oral qui portait sur un sujet sur les personnes âgées !!!! j’ai été prise sur liste d’attente, donc on ne peut pas dire que je l’ai eu haut la main !!!

 

Après le concours, j’ai travaillé 6 mois en tant qu’intérimaire dans différents services avant d’intégrer l’école de puéricultrices. Puis dès que j’ai eu mon diplôme, j’ai pu travailler tout d’abord en maternité et néonat. Puis je suis partie en Afrique, au Cameroun pour une mission d’un an dans un petit hôpital. Au retour j’ai pris la direction d’une crèche de 60 berceaux pendant 3 ans, enfin j’ai intégré mon dernier poste en PMI. 

C’est vraiment génial les postes d’IPDE sont vraiment varier et cela permet de changer régulièrement pour des postes vraiment différents et avec des multiples facettes et responsabilités (du placement d’enfant à la gestion et management d’équipe…)

 

Avant de se lancer… Il est vrai qu’avoir une petite expérience du terrain doit être intéressante et augmenter la motivation, ce que je n’avais que très peu vécu. Pendant cette année d’étude, côtoyer des infirmières plus expérimentées était vraiment passionnant pour moi, elles connaissaient le terrain et ses problématiques. Pour préparer les concours, les annales sont très bien faites, mais ne pas hésiter peut-être à discuter avec une puéricultrice. Pour les études, il faut bien s’accrocher car c’est très dense et intense, je crois que le programme de 18 mois tient en 12 mois et donc c’est assez costaud. Mais les écoles en général accompagnent vraiment bien leurs élèves.

 

Pour conclure, ne pas hésiter car on a besoin de puéricultrices. Notre métier est souvent inconnu (identifié aux auxiliaires de puériculture), alors que notre spécialité apporte vraiment un plus dans les services où nous existons. Les études d’IPDE sont actuellement en réflexion, et en modification, pour éventuellement passer sur 2 ans et s’aligner sur les grades universitaires. »

 

Enfin, si vous souhaitez découvrir plus avant les compétences et des sujets auxquels sont confrontés les infirmières puéricultrices, rendez-vous aux 46èmes journées nationales d’études des puéricultrices et puériculteurs qui auront lieu en 100% digital des 16 au 18 juin 2021. Toutes les informations se trouvent sur le site du Cerc qui organise cet évènement. 

 

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