Infirmière et e-santé : quels métiers exercer grâce au numérique ?
Quand on pense au travail d’une infirmière, on imagine souvent un service hospitalier, un cabinet, un EHPAD ou le domicile des patients. Pourtant, le secteur de la santé évolue à grande vitesse. Les outils numériques, la télémédecine, les logiciels médicaux, les applications de suivi transforment les pratiques… et font naitre de nouveaux métiers.
Aujourd’hui, les établissements de santé, les entreprises de la e-santé, les éditeurs de logiciels et les structures publiques recrutent des IDE pour accompagner cette évolution. L’expertise clinique, la connaissance du terrain, la capacité à coordonner des équipes et à comprendre les besoins des professionnels de santé sont devenues des compétences particulièrement recherchées pour ces nouveaux métiers (tu vas le découvrir).
La bonne nouvelle ? Tu n’es pas obligée de reprendre plusieurs années d’études pour exercer ces nouvelles fonctions. Les métiers de la e-santé pourraient bien t’ouvrir des perspectives auxquelles tu n’avais jamais pensé : poste avec davantage de télétravail, meilleures conditions de travail ou nouveaux défis etc.
On en parle en détails car au-delà des postes qui sont accessibles aux IDE dans le domaine de la santé numérique, se former à ces outils va devenir indispensables face à toutes les évolutions du monde du soin.
À retenir
La santé numérique permet d’évoluer autrement, en continuant à mettre ton expérience d’infirmière au service des patients et des professionnels.
La e-santé transforme durablement le système de santé et crée de nouvelles opportunités professionnelles pour les infirmières.
Les IDE sont recherchées pour leur expertise clinique, leur connaissance du terrain et leurs compétences en coordination, bien au-delà des soins techniques.
De nombreux métiers sont accessibles : chargée d’appui en e-santé, cheffe de projet DPI, référente numérique, consultante métier, infirmière en télésurveillance…
Il n’est pas nécessaire d’être ingénieure informaticienne pour travailler dans la santé numérique : les profils soignants sont indispensables au développement des projets.
Plusieurs parcours de formation existent, des diplômes universitaires aux masters spécialisés, en passant par des formations courtes.
Table des matières
- Qu’est-ce que la e-santé ?
- Quels sont les grands domaines de la e-santé ?
- Pourquoi la e-santé recrute de plus en plus d’infirmières ?
- Étude de cas : le témoignage d’Émilie, chargée d’appui en e-santé dans un GRADeS
- Quels métiers de la e-santé sont accessibles aux infirmières ? Qui recrute ?
- Comment une infirmière peut-elle se former aux métiers de la e-santé ?
- Avantages et les inconvénients d’une évolution en e-santé pour une IDE
- Carte mentale récapitulative sur les domaines, métiers et formations en e-santé pour les infirmières
- Foire aux questions : être infirmière en e-santé
- Ce format te plait et t’inspire ?
Qu’est-ce que la e-santé ?
La e-santé, aussi appelée santé numérique, désigne l’ensemble des technologies numériques mises au service de la santé. Son objectif est simple : améliorer la prise en charge des patients, faciliter le travail des professionnels de santé, sécuriser les échanges d’informations médicales et rendre le système de santé plus efficace.
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, la e-santé ne remplacera jamais les soignants.
Elle leur fournit des outils pour gagner du temps, mieux communiquer, coordonner les parcours de soins et améliorer la qualité des prises en charge.
95% des infirmières de la communauté Charlotte K interrogées ne connaissent pas le domaine ou les métiers de la e-santé. On y remédie dans cet article.
Cf post Facebook
La e-santé dans la formation infirmière à l’IFSI
Si tu es une jeune diplômée, ce sujet te parlera sûrement. Depuis la rentrée 2024, les étudiants en soins infirmiers sont formés au numérique en santé à travers un référentiel national intégré à leur cursus. Au programme : les données de santé, la cybersécurité, la communication numérique, les outils numériques professionnels et la télésanté.
Le référentiel officiel comprend :
- Les données de santé
- La cybersécurité en santé
- La communication numérique en santé
- Les outils numériques en santé
- La télésanté
Ces compétences sont intégrées dans plusieurs UE du référentiel infirmier, notamment :
- UE 3.3 S5 – Rôles infirmiers, organisation du travail et interprofessionnalité
- UE 1.3 S1 – Législation, éthique, déontologie
- UE 3.2 S3 – Projet de soins infirmiers
- UE 3.3 S3 – Rôles infirmiers, organisation du travail et interprofessionnalité
Quels sont les grands domaines de la e-santé ?
La télémédecine
La télémédecine permet à un médecin de réaliser certains actes médicaux à distance grâce aux outils numériques. Elle comprend notamment la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance médicale et la régulation médicale. Tu as certainement déjà vu ces cabines dans les pharmacies ?
Le télésoin
Le télésoin permet à certains professionnels de santé, dont les infirmières, de réaliser des actes de soin ou d’accompagnement à distance lorsque la situation du patient le permet.
La télésurveillance médicale
Grâce à des dispositifs connectés, les données de santé d’un patient peuvent être transmises et analysées à distance afin de détecter rapidement une aggravation de son état. Cette solution est particulièrement utilisée pour le suivi de certaines maladies chroniques. Tu peux découvrir un article complet à ce sujet : Infirmière en télésurveillance : un poste d’avenir
Le dossier patient informatisé (DPI)
Le dossier patient informatisé centralise l’ensemble des informations médicales d’un patient. Il facilite le partage des données entre les différents professionnels de santé tout en garantissant leur sécurité et leur traçabilité.
L’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle assiste les professionnels dans certaines tâches, comme l’analyse d’images médicales, l’aide au diagnostic ou l’exploitation de grandes quantités de données de santé. Elle reste un outil d’aide à la décision et ne remplace pas l’expertise clinique.
Si le sujet t’intéresse, je t’invite à lire le dossier « intelligence artificielle et santé » de l’INSERM qui date certes de 2024 mais qui explique en détail le principe de l’IA dans le domaine de la santé et tout ce qu’elle permet de faire.
Les objets connectés en santé
Balances, tensiomètres, électrocardiographes ou montres connectées : ces dispositifs permettent de recueillir des données de santé en temps réel et d’améliorer le suivi des patients, notamment à domicile.
Les applications de santé
De nombreuses applications ou plateformes en ligne accompagnent aujourd’hui les patients dans la gestion de leur traitement, le suivi de leur maladie, la prévention ou encore l’éducation thérapeutique comme Nuvee par exemple.
Les logiciels médicaux
Les logiciels médicaux facilitent le travail quotidien des professionnels de santé : gestion des dossiers patients, prescriptions, coordination des équipes, planification des soins, facturation ou encore échanges sécurisés entre établissements et professionnels libéraux.
À retenir sur les grands domaines de la e-santé
La e-santé ne se résume pas à la téléconsultation. Elle englobe l’ensemble des outils numériques utilisés pour prévenir, diagnostiquer, soigner, coordonner les parcours de soins et accompagner les professionnels de santé. C’est dans cet écosystème que de nouveaux métiers émergent aujourd’hui pour les infirmières.
Pourquoi la e-santé recrute de plus en plus d’infirmières ?
Pendant longtemps, les métiers de la santé numérique étaient principalement occupés par des profils informatiques ou des ingénieurs.
Aujourd’hui, les choses ont changé. Les établissements de santé, les entreprises de la e-santé, les éditeurs de logiciels médicaux recherchent de plus en plus des infirmières.
Pourquoi ? Parce qu’un outil numérique, aussi performant soit-il, n’a de valeur que s’il répond aux besoins du terrain.
Qui mieux qu’une infirmière connaît les contraintes d’un service hospitalier, le quotidien d’un EHPAD, les attentes d’un cabinet libéral ou les difficultés rencontrées par les professionnels de santé ? Les IDE comprennent les parcours de soins, parlent le même langage que les équipes et savent rapidement identifier ce qui facilitera ou compliquera la pratique quotidienne.
C’est précisément cette double expertise qui est recherchée : une solide expérience clinique associée à la capacité d’accompagner le changement.
La plupart des employeurs ne recherchent pas des développeurs capables de coder un logiciel. Ils recherchent des professionnelles capables de faire le lien entre la technique et la réalité du terrain.
Quelques chiffres clés sur la e-santé
Plus de 97 % des Français disposent désormais d’un profil Mon espace santé ouvert, un chiffre porté par la création automatique des comptes depuis 2022 (source : ministère de la Santé).
Des centaines de projets de télésurveillance médicale et de téléconsultation sont déployés chaque année dans les établissements de santé et en ville.
Le secteur français de la « healthtech » rassemble plusieurs milliers d’entreprises innovantes spécialisées dans les dispositifs médicaux, les logiciels, l’intelligence artificielle ou les services numériques en santé. Tu connais sans doute Doctolib par exemple.
La feuille de route du numérique en santé 2025-2028,plan stratégique de l’État pour accélérer la transformation numérique du système de santé français, fixe les priorités nationales afin de développer des services numériques utiles aux patients et aux professionnels, tout en améliorant la coordination des soins, l’accès à la santé, la prévention et l’innovation.
Étude de cas : le témoignage d’Émilie, chargée d’appui en e-santé dans un GRADeS
Peux-tu nous présenter ton parcours ?
« J’ai été infirmière pendant 13 ans : 10 ans en psychiatrie, en admission adulte, dans le public, puis 3 ans en EHPAD, toujours dans le public. Après 13 ans, j’en avais ras-le-bol des conditions de travail. J’ai fait un burn-out qui m’a tenue éloignée du métier pendant 14 mois. Je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire. Je n’étais plus en adéquation avec mes valeurs. »
Comment as-tu découvert la e-santé ?
« J’ai regardé les offres d’emploi dans ma région et je suis tombée sur une offre qui m’a paru attractive. Les profils soignants intéressent les projets dans la e-santé, du fait de notre expérience et de notre connaissance du terrain. J’ai passé 3 entretiens, et mon profil correspondait à ce qu’ils cherchaient.
Après un burn-out, c’était un gros coup de pied à l’étrier. Je voulais savoir si j’en étais capable. »
Qu’est-ce qu’un GRADeS, concrètement ?
« Le GRADeS propose une expertise technique et organisationnelle pour déployer le numérique en santé dans la région, à travers des services, des outils, des projets et de la formation. C’est une organisation à but non lucratif, financée par l’ARS et par les adhérents. »
A noter : le GRADeS s’inscrit dans la feuille de route nationale du numérique en santé 2025-2028. Il existe également des structures équivalentes dans d’autres régions, comme le Groupement Régional e-Santé Bretagne.
En quoi consiste ton métier au quotidien ?
« On déploie le numérique en santé auprès des professionnels du territoire, du département. On rayonne sur toute la région, mais on agit en proximité. »
Concrètement, les missions couvrent :
- Le cadrage de projets avec le chargé de projet
- La prise de contact avec les professionnels
- La présentation des outils adaptés aux besoins repérés
- Le déploiement d’outils : Globule, Parcours, e-ETP, Télésanté : téléconsultation, téléexpertise et assistance aux objets connectés (ECG, chariot de télémédecine, dermoscope …)
- La formation des professionnels aux outils
- La création des comptes
- La livraison de guides et de mémos
- La coordination autour de parcours complexes
À quoi ressemble une journée type en tant que chargée d’appui en e-santé ?
- Avant : rencontrer les acteurs, présenter l’outil, identifier les besoins.
- Pendant : aide à la rédaction d’un projet et dans l’organisation opérationnelle des professionnels, livraison, formation
- Après : accompagnement aux usages, assurer le support, accompagner les évolutions de projets.
Son organisation : plusieurs jours de télétravail et 3 jours de bureau par semaine. Emilie assure 2 à 3 formations par semaine, ce qui limite les déplacements. Elle traite aussi un volume important de mails chaque jour, et échange régulièrement avec ses responsables de pôle et les autres chargés d’appui afin d’améliorer les process et réfléchir aux nouveaux outils.
Quelles compétences d’infirmière utilises-tu le plus ?
« La connaissance du milieu professionnel. Ça crée une identification : les professionnels savent de quoi je parle, et en quoi l’outil peut les aider. On propose un accompagnement et des services financé par l’ARS accessibles aux professionnels via l’adhésion annuelle au groupement. Le catalogue est énorme en termes d’accompagnement. »
Emilie cite l’exemple de DMP (Dossier Médical Partagé) ou de l’INS (Identité national de santé) qui est aussi accompagné par le groupement.
Elle insiste aussi sur l’écoute : « je suis à l’écoute pour recenser les besoins des professionnels, pour bien les comprendre. »
Le jargon médical lui sert directement au quotidien, notamment pour les EHPADs qu’elle accompagne dans le déploiement d’appareils connectés : chariots de télémédecine, appareils ECG.
« Ça aide vraiment de savoir de quoi on parle. »
As-tu repris des études ?
« Non. Mais mon travail a nécessité une grosse montée en compétences. J’ai été formée en interne, accompagnée par ses collègues, avec un processus étalé sur 9 mois à un an.
J’avais un tableau de montée en compétences, je voyais où je me positionnais. »
Les avantages de ce poste
« La diversité. Les rencontres avec les pros sur le terrain. La sortie des soins directs, mais une bienveillance retrouvée dans l’équipe, une super entente, beaucoup de projets. Pas de week-ends. Des déplacements mais j’aime beaucoup ça.
Il faut être dynamique, ne pas aimer la routine. On est libre d’organiser notre planning comme on le souhaite. »
Les inconvénients ou difficultés liées à ce poste
« Il faut apprendre à bien répartir la charge de travail. On n’est pas habitué à ramener du travail chez soi alors il faut faire attention à ne pas se laisser happer par le côté pro et savoir couper.
Et on garde le travail d’équipe, mais un peu moins élargi. Ça change aussi. »
Quel conseil donnerais-tu à une IDE intéressée par la santé numérique ?
« Il faut être curieuse, ne pas avoir peur de la montée en compétences.
Tu changes complètement d’univers, tout est nouveau. C’est hyper intéressant, en perpétuelle évolution. Il faut être dynamique, aimer aller à la rencontre des autres, être proactive.
Je n’avais pas pensé que les deux univers allaient aussi bien ensemble. «
Quels métiers de la e-santé sont accessibles aux infirmières ? Qui recrute ?
La santé numérique ouvre aujourd’hui de nombreuses perspectives aux infirmières qui souhaitent évoluer sans quitter le secteur de la santé. Hôpitaux, cliniques, GRADeS, entreprises de santé numérique, éditeurs de logiciels médicaux ou encore fabricants de dispositifs médicaux recherchent des IDE capables d’apporter leur expertise du terrain.
Le point commun de ces métiers ? Ils ne consistent plus à réaliser des soins, mais à concevoir, déployer, améliorer ou accompagner l’utilisation des outils numériques qui facilitent le travail des professionnels de santé et le parcours des patients.
Je te donne quelques idées de métier. Cette liste est loin d’être exhaustive mais elle te permet d’avoir déjà une meilleure vision du secteur.
Les métiers d’accompagnement des professionnels
Chargée d’appui ou de deploiement en e-santé
Tu as découvert ce métier grâce à Emilie. La chargée d’appui accompagne les établissements, les structures médico-sociales et les libéraux dans l’utilisation des outils numériques déployés sur leur territoire.
Au quotidien, elle rencontre les professionnels de santé, cerne leurs besoins réels, et présente les outils correspondants : téléconsultation, téléexpertise, messagerie sécurisée (comme Globule en Bretagne), ou encore des dispositifs de coordination pour des parcours complexes. Elle crée les comptes, rédige des guides, forme les équipes, et revient régulièrement vérifier que tout se passe bien.
Côté formation, le diplôme d’État infirmier suffit généralement : la montée en compétences se fait en interne, souvent étalée sur 9 mois à un an, avec un accompagnement progressif.
Rémunération indicative : 30 000 € brut annuel
Source : fiche de poste DAC Franche-Comté avril 2026 et Chargée de déploiement en e-santé (GRADeS Innovation e-Santé Sud) Voir la fiche de poste
Cheffe de projet en e-santé
Contrairement à la chargée d’appui qui déploie, la cheffe de projet pilote : elle définit les objectifs, établit un calendrier, coordonne des équipes soignantes, techniques et administratives, et suit un projet du début à la fin, que ce soit le déploiement d’un DPI, d’une messagerie sécurisée ou d’un programme régional entier.
Les recruteurs sont nombreux : GRADeS, hôpitaux, ARS, éditeurs de logiciels, cabinets de conseil. Le télétravail dépend beaucoup du poste et de l’employeur, mais une organisation hybride reste courante.
Ce poste demande généralement une vraie formation en gestion de projet : un DU ou un master peut être exigé selon le niveau de responsabilité visé.
Rémunération indicative : entre 38 000 € et 55 000 € brut par an, selon l’expérience, la structure (GRADeS, hôpital, ARS, entreprise privée…) et les responsabilités confiées.
Fiche de poste à consulter : Chef de projet télémédecine, APEC
Les métiers liés aux logiciels médicaux
Responsable produit en santé numérique (ou chief product officer)
Une responsable produit en santé numérique pilote le développement d’un logiciel ou d’une application de santé. Elle recueille les besoins des professionnels de santé, définit les priorités d’évolution, travaille avec les équipes techniques et veille à ce que le produit réponde aux usages du terrain.
Le métier est particulièrement adapté aux infirmières ayant une bonne connaissance du soin, mais nécessite généralement une formation complémentaire en gestion de produit ou en gestion de projet numérique.
Rémunération indicative : Entre 45 000 € et 65 000 € brut par an, selon l’expérience, la taille de l’entreprise et les responsabilités.
Chargée de déploiement de logiciels médicaux ou chef de projet déploiement
Quand un établissement adopte un nouveau logiciel, c’est elle qui fait le lien entre l’éditeur, le service informatique, la direction et les équipes soignantes. Elle prépare l’installation, participe au paramétrage, forme les utilisateurs, et reste disponible après la mise en service pour gérer les difficultés.
Ce poste implique forcément des déplacements réguliers dans les établissements : le télétravail n’y est que partiel. On recrute chez les éditeurs de logiciels et les entreprises de services numériques spécialisées en santé.
Le diplôme infirmier et la connaissance du fonctionnement hospitalier sont des atouts solides ; la formation au logiciel lui-même se fait en interne.
Tu peux par exemple consulter cette fiche de poste de pour le GIE SESAM-Vitale.
Rémunération indicative : 40 000 à 50 000 € brut par an.
Les métiers exercés directement dans les établissements
Ici, on reste au plus près des équipes et parfois des patients, tout en participant à la transformation numérique.
Référente du dossier patient informatisé
Selon l’établissement, ce poste peut aussi s’appeler référente métier ou référente fonctionnelle. Sa mission : former les équipes au DPI, répondre à leurs questions au quotidien, repérer les dysfonctionnements et les remonter aux services informatiques, tester les nouvelles fonctionnalités, veiller à la qualité des données.
Le télétravail reste limité : la référente est là précisément pour être disponible sur place. On la trouve dans les hôpitaux, cliniques, établissements médico-sociaux et structures d’HAD. Une bonne maîtrise du DPI et une expérience solide du soin sont généralement exigées ; un diplôme complémentaire en informatique de santé peut être un plus.
Rémunération indicative : autour de 30 000 à 45 000 € brut par an, très dépendante de la grille de l’établissement. Tu peux retrouver un témoignage complet dans l’article dédié à ce métier : Chargée de mission DPI
Infirmière en télésurveillance médicale
Elle suit à distance des patients atteints de maladies chroniques, à partir des données transmises par des dispositifs connectés. Elle ne pose pas de diagnostic seule : elle applique les protocoles définis par l’équipe médicale, contacte les patients en cas d’alerte, vérifie leur état et la bonne utilisation du matériel, et transmet au médecin si nécessaire.
Ce poste recrute dans les établissements de santé, les centres spécialisés en maladies chroniques et les entreprises de télésurveillance. Le télétravail est possible selon les organisations, mais certains employeurs demandent une présence sur un plateau dédié. Le diplôme d’État suffit à l’embauche : c’est l’employeur qui forme ensuite aux pathologies et aux protocoles d’alerte.
Rémunération : assez proche d’un poste infirmier classique en horaires de journée, entre 28 000 et 40 000 € brut par an.
Au-delà de ces postes nouveaux, de nombreuses IDE et IDEL utilisent des outils numériques au quotidien pour faciliter les prises en charge et la coordination par exemple.
A savoir sur les rémunérations en e-santé
Ces montants constituent uniquement des ordres de grandeur. Dans la fonction publique hospitalière, la rémunération peut rester liée au corps, au grade et à l’ancienneté. Dans le secteur privé, elle dépend davantage de l’entreprise, de la convention collective, de la région, des responsabilités et de l’expérience. Il est donc préférable de comparer plusieurs offres plutôt que de te fier à une moyenne unique.
Comment une infirmière peut-elle se former aux métiers de la e-santé ?
Il n’existe pas une seule voie pour travailler dans la santé numérique. Selon le métier visé, ton expérience d’infirmière peut suffire, notamment si l’employeur prévoit une montée en compétences en interne. C’est par exemple le cas de nombreux GRADeS ou de certaines entreprises de santé numérique.
En revanche, si tu souhaites évoluer vers des fonctions de gestion de projet, de conseil, de pilotage ou de management, une formation complémentaire peut constituer un véritable atout.
Les formations courtes en e-santé
Les formations courtes permettent d’acquérir rapidement les bases de la santé numérique ou de développer une compétence précise.
Tu peux notamment te former à :
- La gestion de projet
- La conduite du changement
- Les systèmes d’information en santé
- Le dossier patient informatisé
- La cybersécurité en santé
- L’intelligence artificielle appliquée à la santé
- La télémédecine et la télésurveillance.
Ces formations sont proposées par des organismes spécialisés, des universités, l’Agence Numérique en Santé ou encore certains GRADeS.
Pour quels métiers ?
- Chargée d’appui en e-santé
- Cheffe de projet
- Consultante
- Référente DPI
Les diplômes universitaires (DU)
Les diplômes universitaires sont particulièrement intéressants pour les infirmières qui souhaitent acquérir une expertise reconnue sans reprendre un cursus long.
Selon les universités, tu trouveras par exemple des DU en :
- Santé numérique
- Télémédecine
- Informatique médicale
- Coordination des parcours
Ils sont généralement compatibles avec une activité professionnelle. Tu peux par exemple regarder les infos sur le DU e-santé et transformation digitale de la Sorbonne.
Durée : quelques mois à un an.
Les masters
Si tu vises des postes à responsabilités (management, pilotage de projets, direction…), un master peut faire la différence.
Les plus pertinents sont notamment :
- Master Santé publique
- Master Management des établissements de santé
- Master Management des systèmes d’information
- Master Santé numérique (cf. Master science et numérique pour la santé de l’Université de Montpellier)
- Master Informatique de santé
- Master Gestion de projet.
La formation continue via ton employeur
C’est une voie souvent méconnue.
De nombreux employeurs recrutent avant tout pour ton expérience d’infirmière et assurent ensuite ta montée en compétences.
C’est notamment le cas :
- Des GRADeS
- Des éditeurs de logiciels médicaux
- Des entreprises de santé numérique
- De certains établissements de santé
Le témoignage d’Émilie en est un bon exemple : après son recrutement comme chargée d’appui en e-santé, elle a bénéficié d’un accompagnement progressif pendant près d’un an avant d’être totalement autonome.
Autrement dit, ne t’autocensure pas si tu n’as jamais travaillé dans le numérique.
Tableau comparatif des principales formations pour travailler dans la e-santé après IDE
| Formation | Durée | Niveau | Coût indicatif | Financement possible |
| Formation courte en santé numérique | 1 à 10 jours | Débutant à intermédiaire | 300 à 2 000 € | CPF, employeur, ANFH |
| Diplôme universitaire (DU) | 6 à 12 mois | Bac +3 et plus | 800 à 3 500 € | CPF, ANFH, employeur |
| Master | 2 ans | Bac +5 | Université : droits d’inscription + frais éventuels | CPF, PTP, employeur |
| Formation interne en entreprise | Quelques mois à 1 an | Tous niveaux | Sans coût pour le salarié | Employeur |
Avantages et les inconvénients d’une évolution en e-santé pour une IDE
| Les avantages | Les inconvénients |
| Tu valorises ton expérience d’infirmière : tes connaissances du terrain sont un véritable atout et sont recherchées par les employeurs. | Une importante montée en compétences : même sans reprendre de longues études, il faut apprendre un nouvel univers (outils numériques, gestion de projet, réglementation…). |
| Tu restes dans le secteur de la santé tout en quittant les soins directs. | Moins de contact avec les patients : la relation de soin laisse souvent place à une relation avec les professionnels de santé. |
| Des horaires plus réguliers : la majorité des postes sont en journée, sans nuits, week-ends ou jours fériés. | Des métiers encore peu connus : il faut parfois chercher longtemps avant d’identifier les bonnes offres d’emploi. |
| Des possibilités de télétravail : selon les postes, une organisation hybride est fréquente. | Une part importante de travail sur ordinateur : réunions, visioconférences, e-mails, gestion de projet |
| Une meilleure qualité de vie : moins de pénibilité physique, davantage d’autonomie et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. | Il faut accepter le changement : nouveaux outils, nouvelles méthodes de travail et évolution constante des technologies. |
| Des missions variées : accompagnement, formation, coordination, déploiement de projets, innovation… | Des déplacements peuvent être nécessaires selon les fonctions. |
| Des perspectives d’évolution : la santé numérique est un secteur en plein développement. | Certains postes demandent des compétences complémentaires en gestion de projet, management ou systèmes d’information. |
| La satisfaction de contribuer autrement aux soins : même sans exercer au lit du patient, tu participes à améliorer le quotidien de milliers de professionnels et la qualité des prises en charge. | Une rémunération pas toujours supérieure : selon l’employeur et le poste, le salaire n’est pas systématiquement plus élevé que celui d’une infirmière expérimentée. |
Carte mentale récapitulative sur les domaines, métiers et formations en e-santé pour les infirmières

Foire aux questions : être infirmière en e-santé
Les infirmières peuvent exercer comme chargée d’appui en e-santé, cheffe de projet en santé numérique, consultante, référente du dossier patient informatisé (DPI), infirmière en télésurveillance ou encore chargée de déploiement de logiciels médicaux. Leur expérience clinique est particulièrement recherchée pour accompagner la transformation numérique du système de santé.
Le salaire dépend du métier, de l’expérience et de l’employeur. En moyenne, les rémunérations se situent entre 30 000 et 60 000 € brut par an, avec des perspectives d’évolution pour les postes à responsabilité.
Pas forcément. De nombreux employeurs recrutent avant tout des infirmières pour leur connaissance du terrain et assurent ensuite une montée en compétences en interne. Une formation complémentaire peut toutefois être utile pour certains postes de gestion de projet ou de management.
Oui. La plupart des métiers de la e-santé ne demandent pas de savoir programmer. Une bonne maîtrise des outils numériques, de la communication et de la gestion de projet est souvent plus importante que des compétences techniques avancées.
Les principaux recruteurs sont les GRADeS, les hôpitaux, les cliniques, les entreprises de santé numérique, les éditeurs de logiciels médicaux, les fabricants de dispositifs médicaux, les Agences régionales de santé (ARS) et certains organismes publics comme l’Assurance Maladie.
Ce format te plait et t’inspire ?
Je t’invite à découvrir tout ce qu »il y a à savoir sur la disponibilité dans la Fonction Publique Hospitalière (FPH) pour les infirmières
- Si tu es aide-soignant ou aide-soignante et que tu cherches à te reconvertir ou évoluer professionnellement, viens rejoindre le groupe Facebook d’AS en quête d’évolution professionnelle !
- Si tu souhaites atteindre ta vie idéale, viens découvrir mon accompagnement pensé par et pour les soignants en quête d’évolution ou de reconversion professionnelle.


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