Elodie, des soins infirmiers à la boulangerie

 

Reconvertie d’infirmière à entrepreneure, des soins infirmiers à la boulangerie, Elodie se définit elle-même comme une facilitatrice pour ses associés.

Avec son mari et son frère, elle a ouvert une boulangerie à Aytré, près de la Rochelle. Ses missions, au sein de son entreprise, sont très variées.

 

Je te laisse découvrir son témoignage : reconversion des soins infirmiers au monde de la boulangerie.

 

Tu vas le lire, au delà de son expérience de reconversion, Elodie tisse des liens très positifs entre le métier et les capacités des IDE et des métiers hors du milieu des soins.

 

 

Raconte-nous ton parcours en toute transparence, des soins infirmiers à la boulangerie

 

« Je suis diplômée depuis 2011.

 

J’ai travaillé 10 ans en tant qu’infirmière donc de 2011 à fin 2020.

 

J’ai fait 5 ans à l’APHP en cardiologie Usic-médecine et chirurgie cardiaque.

 

Ensuite en 2014, on est descendu dans le sud à coté de Monaco.

 

En 2014-2015, j’ai fait un peu de chirurgie esthétique, un peu de convalescence, un peu de neurologie. Tout ça soit en CDD ou en intérim.

 

Et puis en avril 2015, je me suis installée en libéral où je suis restée de 2015 à 2020, à proximité de Monaco.

 

En 2020, j’ai fait une cessation d’activité libérale. Je faisais alors partie d’un cabinet de 4 infirmiers.

 

Je n’ai pas fait de revente de patientèle mais je l’ai juste cédée à ma collègue qui elle-même a trouvé une autre infirmière pour me remplacer.

 

Puis j’ai fait le relai avec mon activité professionnelle actuelle.

 

Toute l’année 2020, nous avons préparé le projet pour l’achat de la boulangerie. On a commencé l’activité le 10 novembre 2020.

 

Le projet s’est étalé sur 9 mois à partir du moment où on a visité la boutique, le temps de toutes les démarches administratives pour ouvrir.

 

On habitait alors à coté de Monaco et on a fait ça à distance pour ouvrir la boutique à côté de la Rochelle, à Aytré.

 

On a choisi ce lieu parce qu’on souhaitait se rapprocher de la famille.

 

Nous sommes actuellement 3 co-gérants, avec Antoine, mon frère et Benjamin mon mari. »

 

 

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

 

“ C’est assez simple. Quand j’ai rencontré mon mari, il était déjà boulanger et travaillait chez mon père. Il avait toujours parlé d’un jour ouvrir sa boutique.

 

Moi, je suis née dedans en fait.

 

Mon papa et mon grand-père sont boulangers-pâtissiers. Du coup, j’ai toujours su qu’un jour on ouvrirait son entreprise à lui. Sans savoir exactement quand mais je le savais.

 

Lors de sa dernière ouverture de boutique, c’est moi qui lui ai dit que la prochaine ouverture, ce serait la sienne.

 

Pour ne plus ouvrir pour quelqu’un d’autre mais ouvrir pour lui. ”

 

Comment s’est passé le départ de ton précédent job ?

 

“J’ai juste dit à ma collègue que j’arrêtai.

 

On a fixé une date. Elle a trouvé une remplaçante et moi j’ai fait un remplacement libéral pour quelque mois, le temps que la boulangerie ouvre.”

 

Comment tes proches ont-ils réagi ?

 

“Ma mère m’a toujours soutenue.

 

Même si elle n’a pas toujours compris mes choix de vie, elle a toujours été présente.

 

En ce qui concerne les amis, c’est vrai qu’il y a des gens de mon entourage qui n’ont pas forcément compris.

 

Pour tous les gens de la famille, ça coulait de source. Moi et mon frère, on est né dans le milieu de la boulangerie-pâtisserie. Donc tout le monde comprenait la démarche.

 

Mais c’est vrai que du coté des amis, tout le monde pensait que je passais d’infirmière libérale à vendeuse en boulangerie.

Les gens ne voient que la vente alors que je fais très peu de vente au final.

 

Mon poste est beaucoup plus diversifié que ça.

 

Et il y en a qui interprétait ça un peu comme une régression de passer d’infirmière libérale à vendeuse en boulangerie…

Certains n’ont pas spécialement compris mon choix.”

 

En quoi consiste ton travail actuellement ?

 

“J’aime bien le terme de facilitatrice !

 

Mon premier but est de permettre aux garçons de ne penser que à leur production et à leur produit. Et je pense que c’est ça qui fait notre force dans notre boutique.

 

Antoine ne s’occupe vraiment que de la pâtisserie et des viennoiseries. Et Benjamin ne s’occupe que du pain.

 

C’est pour ça qu’ils ont pu se consacrer à leurs divers concours. Ils travaillent vraiment à innover, à faire de nouveaux produits.

 

Ca crée une dynamique au sein de la boutique ce qui permet d’avoir toujours une évolution dans ce qu’on propose à la vente.

 

Benjamin propose un pain de la semaine. Et c’est vrai qu’il y a des clients qui aiment bien justement changer.

 

Antoine propose une nouvelle gamme tous les deux-trois mois. Après on a tous les évènements, Noël, la saint Valentin, la fête des mères, Pâques etc.

 

A chaque fois Antoine et son équipe vont innover pour toujours surprendre le client, se poser la question de comment on peut travailler tel ou tel produit …

 

Les gens nous suivent sur Instagram, sur Facebook et ils nous demandent quel va être le prochain gâteau. Ils nous suggèrent des choses aussi. On a beaucoup de proposition en MP sur tel ou tel produit.

C’est vraiment sympa, ça crée une dynamique au sein de la boutique.

 

Et moi, mon but dans tout ça, c’est vraiment de décharger les garçons de tout ce qui est la masse administrative et tout ce qui peut leur encombrer l’esprit pour qu’il puisse justement penser qu’à leur production. »

 

Concrètement, quelles sont tes responsabilités ?

 

« Ca va être la gestion des commandes, le paiement des factures, la comptabilité, les démarches administratives en tout genre, les plannings.

Au final, j’ai beaucoup de casquettes au sein de l’entreprise mais ça me plait bien.

 

Pour faire le lien avec l’activité d’infirmière : Je pense qu’en tant qu’infirmière, on a aussi ce rôle de coordination entre le médecin, les RDV pour les patients, s’assurer que la personne soit bien à jeun etc…

 

En fait je trouve qu’en tant qu’infirmière, le travail en soit permet de développer le bon sens et la logique des choses et ça me sert aujourd’hui au quotidien.

 

C’est à dire que dès qu’on programme quelque chose, je m’assure du bon fonctionnement et que les choses aillent dans le bon sens.”

 

Comment as-tu fait la transition financière ?

 

« En tant qu’infirmière libérale, je gagnais bien ma vie.

 

Je suis passée de 3000 euros à 1500 euros par mois. Il y a certaines fois où cela a été mal vécu surtout par mon mari qui travaillait beaucoup.

 

Mais honnêtement, on s’est nourri des moments en famille.

De mon côté, j’ai très bien accueilli cette diminution de la « pression financière ».

 

J’avais mis de côté pour parer aux imprévus et ça l’a fait.

 

 

Après quand on a fait le choix de déménager on s’est assuré de baisser au maximum nos charges fixes.

On s’est séparé de pas mal de choses, fait en sorte de rembourser nos emprunts etc. pour revenir à une vie plus minimaliste. »

 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

 

“Je n’ai pas eu de difficulté en soi. Cela s’est fait assez naturellement et c’est un projet de 10 ans en fait.

Cela va faire 15 ans maintenant qu’on est en couple avec mon mari et c’est quelque chose qui a toujours été là et du coup la reconversion en soi a été assez simple.”

 

Comment as-tu organisé la transition et le quotidien avec les enfants ?

 

“Je trouve que c’est plus facile à gérer maintenant qu’on est à notre compte et qu’on a notre entreprise.

C’est plus facile de laisser le magasin quand on a un enfant malade que ma patientèle quand j’étais infirmière libérale.

 

La gestion est plus facilitée même si c’est toujours compliqué les week-ends. Les samedis et dimanches il y a toujours une grosse affluence au magasin et il faut que je sois présente.

 

Les enfants au final ça se gère. Je ne pense pas que ce soit toujours parfait, c’est beaucoup d’organisation.

 

Je suis quand même super contente de pouvoir montrer cet exemple et que les enfants évoluent dans ce milieu.

 

On a fait le choix de ne pas habiter à la boulangerie pour séparer un peu le travail de la vie personnelle.

 

D’eux-mêmes les enfants réclament de venir à la boulangerie, de venir voir papa travailler. Donc ils ont un petit coin à coté de lui, une petite planche de bois à leur hauteur, il leur donne de la pâte.

 

Ils font un peu leur séance de pâte à modeler et ils s’amusent à reproduire ce que fait leur père.

Je trouve ça mignon vu que moi-même j’ai vécu ça.

 

En tous cas pour moi les 3 enfants, cela n’a pas été un frein à ma reconversion et ça a même encouragé parce qu’à un moment donné, le libéral avec les 3, y a des fois où j’en pouvais plus en fait !

 

Mon petit dernier avait un an quand on s’est lancé.

 

Mon père a trouvé qu’on ouvrait trop tôt, qu’il aurait fallu que les 3 soient à l’école mais au final, ça s’est fait !

Les enfants gagnent en autonomie chaque jour. »

 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

 

Je dirais qu’il faut croire en soi et que de toute façon après avoir travaillé en tant qu’infirmière, je pense qu’on peut tout faire.

 

On développe tellement de capacité, on est débrouillard.

Il ne faut pas s’arrêter à ce que notre entourage nous dit ou les freins qu’on peut se mettre à soi-même.

Si vous avez un projet, si vous y croyez réellement, si vous avez confiance en ce projet, il faut y aller.

 

Quel regard portes-tu sur ta reconversion ?

 

Maintenant, Antoine est champion de France du croissant au beurre. Benjamin a aussi remporté plusieurs prix pour sa baguette de tradition. Il a été primé premier départemental, premier régional l’année dernière.

Il est arrivé dans les 6 premiers de France.

Pour moi, c’est hyper valorisant, ça veut dire que je fais bien mon travail en amont pour qu’eux puissent ne s’occuper que de leur travail.

 

Antoine et Benjamin sont deux passionnés et ça fait hyper plaisir de partager ce projet-là et j’adore mon travail.

 

Il y a juste une petite chose : Au départ, je pensais que j’allais avoir une action un peu commerciale, que j’allais de voir chercher des clients etc…

 

Et au final, pas du tout donc j’ai quand même eu une espèce de deuil autour de 6-9 mois d’activité où l’activité justement nous a dépassés. Les gens sont venus à nous, je n’ai jamais prospecté.

 

Je me retrouve à avoir plus une action de facilitatrice donc à passer des coups de téléphone, à gérer des plannings etc.

 

C’est moi qui m’occupe aussi des réseaux sociaux, d’Instagram, de Facebook, et j’ai vraiment le retour client direct, au magasin ou sur les réseaux.

 

Le fait que les garçons gagnent des concours et d’avoir les retours client sur les produits qu’ils réalisent, c’est hyper valorisant pour moi aussi et pour toute l’équipe de vente.

 

Nous sommes dans une belle dynamique avec une équipe relativement jeune, c’est une bonne ambiance de travail, on est tous vraiment content !! »

 

 

 Ce format te plait et t’inspire ?

 

Tu peux retrouver le témoignage de Robin, infirmier dans un camp de l’UE en Somalie.

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