Étude de cas
Céline : après plus de dix ans en EHPAD, rester infirmière autrement en ACT
Après plus de dix ans en EHPAD, Céline arrive à un point de rupture. Le burn-out la conduit à faire le point sur son avenir professionnel. Son principal frein n’est pas l’absence d’envie de changer : elle pense surtout ne savoir faire que de l’EHPAD et doute qu’un autre employeur puisse lui faire confiance.
Le bilan l’aide à préciser ce qui compte pour elle : le lien humain, le temps consacré aux personnes accompagnées et un cadre plus compatible avec sa vie familiale. En découvrant une offre en appartements de coordination thérapeutique (ACT), elle reconnaît une autre manière d’exercer son métier. Elle postule, obtient le poste et reste infirmière dans un environnement très différent de celui qu’elle connaissait.
Dernier état public documenté · mars 2024 : infirmière en appartements de coordination thérapeutique depuis environ un an. Aucune actualisation plus récente n’a été obtenue malgré les relances.
« Je me suis dit que c’était fait pour moi. »
Son parcours en un coup d'œil
Les cinq étapes qui permettent de comprendre rapidement la situation, le déclic et la direction prise.
Son profil
Infirmière diplômée depuis 2011, avec plus de dix ans d’expérience en EHPAD public puis privé à but non lucratif.
Avant le bilan
Burn-out, perte de confiance et conviction de ne savoir exercer qu’en EHPAD.
Le déclic
Une offre en appartements de coordination thérapeutique lui fait découvrir un mode d’exercice qu’elle ne connaissait pas et qui correspond davantage à son goût du relationnel et du social.
La voie choisie
Quitter l’EHPAD sans quitter le métier infirmier : elle accepte un poste d’IDE en ACT.
Dernier état documenté
En mars 2024, elle indique exercer en ACT depuis environ un an, dans un cadre qu’elle juge compatible avec sa vie personnelle.
Comprendre comment son projet s'est construit
Le métier final est une chose. Ce qui compte ici, c’est le chemin qui a permis de passer d’un problème de départ à un projet plus faisable.
Quand rester infirmière ne veut pas dire rester dans le même cadre
Céline ne part pas d’un rejet du métier infirmier. Elle reste attachée à la relation et au fait de prendre soin, mais son cadre d’exercice en EHPAD ne lui permet plus de continuer dans de bonnes conditions.
La question devient donc plus précise : comment conserver son socle infirmier tout en changeant de public, d’organisation et de rythme de travail ?
Le frein : croire que son expérience en EHPAD l’enfermait
Après plus de dix ans dans le même univers professionnel, Céline doute de la transférabilité de ses compétences. Elle craint qu’un recruteur ne retienne que son absence d’expérience dans d’autres services.
Le bilan l’amène à regarder autrement ce qu’elle sait déjà faire et à élargir ses recherches. Elle commence à répondre à des offres qui ne ressemblent pas à son parcours habituel.
Le déclic : découvrir les appartements de coordination thérapeutique
En lisant une offre d’emploi en ACT, Céline identifie immédiatement plusieurs éléments qui lui correspondent : une place importante donnée à la relation, un accompagnement social et médical, du travail en réseau et davantage d’autonomie dans l’organisation.
Elle obtient deux entretiens, dont celui en ACT, et choisit ce poste. Son récit montre surtout qu’un nouveau cadre d’exercice peut être découvert tardivement, même après de nombreuses années dans un même secteur.
Ce que le bilan lui a permis de faire
Dernier état documenté · mars 2024
Dans l’article publié le 28 mars 2024, Céline explique qu’elle exerce comme infirmière en ACT depuis environ un an. Elle décrit des horaires principalement de bureau, une soirée par semaine, une organisation plus autonome et l’absence de travail le week-end et les jours fériés dans son poste. Elle indique avoir suivi une formation en éducation thérapeutique du patient et envisager une formation à l’approche transculturelle. Céline n’ayant pas répondu aux relances, ce dernier état daté ne doit pas être présenté comme sa situation actuelle en 2026.
Infirmière en appartements de coordination thérapeutique.
Un exercice plus relationnel, autonome et compatible avec le rythme familial décrit en 2024.
Aucune actualisation après mars 2024 : ne pas affirmer qu’elle occupe toujours ce poste aujourd’hui.
Céline raconte, dans ses mots
Le parcours ci-dessus a été écrit à partir de cet entretien. Voici ses réponses, telles qu'elle nous les a données.
Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?
« Je suis infirmière depuis novembre 2011.
Dès ma sortie d'école j'ai travaillé en EHPAD. 3 ans ½ en EHPAD public puis 7 ans 1/2 en EHPAD privé à but non lucratif.
C'est une vraie vocation les personnages âgées. Mais les conditions de travail étant de moins en moins faciles, un burn out n'a pas pu être évité. »
Comment as-tu réussi à sortir du burn-out ?
« Je n'ai pas voulu le voir arriver et pourtant avec le recul mon corps m'avait envoyé des signaux d'alerte.
C'est ainsi qu'en décembre 2022, je me suis retrouvée la tête dans le brouillard, à pleurer pour rien. J'ai tout de suite compris ce qui se passait. Et j'ai entamé immédiatement une psychothérapie ainsi que le bilan de compétence Charlotte K.
Je suivais depuis quelques temps Charlotte sur les réseaux mais je n'avais pas osé franchir le cap et me lancer dans ce bilan. Pour moi je ne savais faire que de l EHPAD. Et après autant d'années, je ne pensais pas pouvoir faire autre chose.
Le bilan a démarré en janvier en même temps que ma psychothérapie, les deux ont été très complémentaires. Ce qui fait que j'ai évolué très vite.
En parallèle, j'ai posé ma démission et commencé à chercher un autre poste. »
Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?
« Avec le soutien de ma coach Héloïse, je me suis ouverte à d'autres possibilités et j'ai commencé à postuler à des annonces postées sur pôle emploi.
Quand j'ai lu la fiche de poste pour le service d'appartement de coordination thérapeutique j'ai eu un déclic, je me suis dit que c'était fait pour moi. Je suis plutôt dans le social que dans le soin, j'ai toujours aimé ce côté relationnel et j'aime profondément les gens.
J'ai ainsi obtenu deux entretiens : un dans un centre pour autiste et un autre dans un service d'appartements de coordination thérapeutique (ACT) (service dont je ne connaissais pas l'existence).
Les deux entretiens se sont très bien passés, j'ai été honnête dès le début en racontant mon parcours et mon besoin vital de changer.
J'ai été retenu pour le poste en ACT. J'ai presque crié ma joie quand le chef de service m'a appelé pour m'annoncer que j'étais retenue !!! »
Tu as suivi l’accompagnement Charlotte K, qu’est-ce que cela t’a apporté ?
« Héloïse et le bilan de Charlotte K m'ont permis de me poser les bonnes questions sur ce que je voulais faire.
Héloïse m'a apporté du soutien dans cette épreuve, j'ai démarré la première séance Visio en pleurs. Elle m'a cernée tout de suite et les mots qu'elle posait sur mon état étaient tellement vrais.
Elle m'a fait déculpabiliser car j'avais le sentiment d'abandonner les personnes âgées en démissionnant mais il fallait que je me sauve moi pour pouvoir continuer à prendre soin des autres. »
Quel est ton poste maintenant ?
« C'est ainsi que depuis un an maintenant je suis infirmière en ACT.
Je fais des horaires de bureau, et une soirée par semaine ce qui me fait terminer à 21h, je peux emmener mes enfants à l'école le matin et les récupérer le soir à la garderie.
J'ai un agenda que je gère seule. Je fixe des rendez-vous quand je peux et je fais des ateliers en fonction de mes connaissances et de mes envies. Je m'occupe de personnes en très grande précarité qui ont des pathologies chroniques.
Notre service les loge dans des appartements type HLM et nous les réinsérons socialement et médicalement. L'équipe se compose d'éducateurs spécialisés, de moniteur éducateur, d'une CESF, d'infirmières et un médecin coordinateur.
J'accompagne les résidents à leur rdv, je leur explique leur maladie, leur traitement, je les oriente vers des associations en lien avec leur pathologie.
Je crée aussi des moments de partage autour de la marche, ou d'un atelier sur le prendre soin de soi. J'utilise ce que le territoire propose aussi, comme les journées nationales de prévention diverses. »
Quels sont tes projets pour la suite ?
« J'ai pu faire la formation en éducation thérapeutique du patient. Nous avons beaucoup de personnes migrantes, je vais donc aussi me former dans l'approche transculturelle. »
En quoi ce poste répond-il à tes attentes ?
« Ce poste est fait pour moi.
Je suis en permanence dans la relation à l'autre, je crée un réseau de partenaire, je crée ce qui me plait et j'ai le temps pour mes résidents. Et je peux aussi allier tout ça avec ma vie personnelle puisque je ne travaille plus les weekends et les jours fériés. Ceux-ci sont destinés entièrement à ma famille.
Ce poste me permet de continuer à prendre confiance en moi car un jour j'aimerai ouvrir une maison de vie pour personnes âgées, comme un mini EHPAD où les résidents pourraient rester jusqu'à la fin de leur vie, et où ils seraient heureux et maitres de leur vie.
Je n'ai pas encore osé me lancer. Cela me fait encore peur, et il y a les freins financiers assez importants qu'il faut dépasser pour croire en ce projet. Mais je suis jeune et un jour j'y arriverai. »
Quelles sont les difficultés d’une reconversion et comment les dépasser ?
« Ce qui est difficile, c'est de dépasser ses propres peurs, mais il faut se faire confiance et oser. Quand on ouvre les yeux, quand on écarte son champ des possibles, on se rend compte qu'il y a plein de portes ouvertes pour nous. »
Comment as-tu vécu ton quotidien de maman au milieu de ce chamboulement ?
« Ma vie de maman a été fortement impactée pendant mon Burn out, cela a été dur pour mes fils de voir maman pleurer, de la voir dormir beaucoup.
Je n'étais pas disponible pour eux comme je l'aurais dû. Je leur avais imposé un rythme de vie compliqué pendant plusieurs années, à se lever tôt et à rentrer tard le soir.
A se promener chez la nounou, chez les grands parents, je voulais être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne femme de maison et une bonne infirmière mais nous ne sommes pas parfaites et ça je l'ai bien compris.
Je fais comme je peux et j'en suis heureuse, je ne suis pas parfaite mais je fais de mon mieux. »
Si tu avais un conseil à donner aux infirmières qui doutent ?
« Si je pouvais donner un conseil à celles qui n'ont pas osé franchir le cap c'est : faites-vous confiance, écoutez votre cœur et tout sera possible.
J'ai écouté mon cœur, je me suis fait confiance et j'ai décroché le poste sans expérience dans un service de ce type. Alors croyez en vous, quand on le fait avec le cœur rien ne peut nous résister. Et c'est plus fort que l'expérience sur le CV ! »
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« Je me suis dit que c’était fait pour moi. »
Pour comparer les autres façons d’évoluer sans quitter le métier infirmier
Cette page raconte un parcours individuel. Pour les informations factuelles, les conditions et les repères à jour, consulte la page de référence :
Et si c'était ton tour ?
Tu crois que ton expérience dans un seul secteur t’enferme ?
Céline pensait ne savoir faire que de l’EHPAD. Son changement n’a pourtant pas nécessité d’effacer son expérience : il a consisté à comprendre ce qu’elle voulait conserver, puis à chercher un autre cadre dans lequel ses compétences infirmières restaient utiles.
Trois pistes concrètes :
- Distinguer ce qui t’épuise dans ton poste de ce que tu apprécies encore dans le métier.
- Identifier les compétences transférables que ton environnement actuel t’a permis de développer.
- Explorer des structures et des publics que tu ne connais pas encore avant de conclure qu’il faut changer de métier.
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À propos de cette étude de cas
Parcours raconté à partir de l’interview de Céline publiée par Charlotte K le 28 mars 2024. Aucune information postérieure n’est utilisée comme si elle était actuelle : malgré les relances, Céline n’a pas répondu. Le dernier état public documenté reste donc celui de mars 2024. Chaque parcours professionnel reste singulier.