Guide de survie pour les IDEL : comment alléger son quotidien et retrouver du sens dans l’exercice libéral
Être IDEL en 2026, c’est exercer comme infirmière libérale dans un contexte où le rythme s’intensifie : tournées de soins à domicile lourdes, charge administrative +++, exigences du cabinet libéral et manque de reconnaissance institutionnelle. Beaucoup d’IDEL ressentent aujourd’hui une fatigue profonde, une pression constante et parfois même l’a tentation l’envie de quitter l’exercice libéral. Aujourd’hui, de nombreuses IDEL cherchent des solutions concrètes pour adapter leur exercice et préserver leur équilibre.
Pourtant, malgré ces défis, de nombreuses infirmières libérales restent très attachées à leur patientèle et à leur autonomie. Tout l’enjeu est donc de retrouver un équilibre, d’alléger la charge mentale, d’améliorer l’organisation des tournées, de mieux gérer les obligations administratives et de préserver sa santé au quotidien. Car l’organisation du cabinet libéral et la gestion des soins à domicile jouent un rôle clé dans la qualité de vie des IDEL.
Dans ce guide de survie IDEL, je te propose des stratégies concrètes pour alléger ton quotidien : optimisation des tournées, délégation administrative, formation continue, diversification d’activité (slashing), mais aussi pistes de reconversion si l’exercice libéral ne t’épanouit plus. Des solutions simples, réalistes et pensées pour soutenir les IDEL dans un métier essentiel mais trop souvent sous pression.
À retenir : les enjeux des IDEL en 2026
Les infirmières libérales subissent une charge administrative croissante, des actes peu revalorisés et un manque de reconnaissance institutionnelle.
En libéral, les IDEL peuvent alléger leur quotidien grâce à une meilleure organisation, à la délégation administrative, et à des limites claires avec les patients.
La formation continue, le slashing ou une reconversion offrent des perspectives pour retrouver un équilibre professionnel.
Quitter le libéral demande d’anticiper les charges URSSAF, la CARPIMKO, et l’absence d’allocation chômage.
La santé mentale des IDEL doit rester une priorité : des dispositifs comme SPS ou Mon soutien psy existent.
Table des matières
Quels enjeux pour les IDEL en 2026 ?
Les IDEL sont confrontées à plusieurs enjeux majeurs : l’absence de revalorisation significative de l’AMI, la complexité accrue dans la gestion des ordonnances qui représente une bonne perte de temps, la modification des modalités de rémunération qui ne reflètent pas toujours la réalité du terrain.
Je prends comme exemple l’augmentation dérisoire des indemnités de déplacement pour les libéraux.
Sont arrivés également de nouveaux moyens de calcul des forfaits pour la dépendance, décidés par un algorithme opaque de la CPAM. Ces méthodes de calcul ne prennent pas correctement en compte le degré de dépendance des patients et aboutissent à des tarifications déconnectées de la réalité.
Il y a alors plusieurs façons de voir les choses : essayer d’alléger son quotidien, sortir la tête du guidon pour retrouver de l’énergie et la foi en son travail, avoir une activité à côté qui permet de respirer, de découvrir autre chose ou bien quitter complètement le libéral pour partir vers de nouveaux horizons.
Nous allons aborder ces possibilités une à une, avec des conseils concrets pour passer à l’action en toute sécurité et rester épanouie en tant qu’IDEL.

IDEL : Comment alléger ton quotidien ?
Voilà quelques conseils concrets, souvent connus mais pas toujours mis en place, pour alléger ton quotidien d’IDEL et retrouver un meilleur équilibre.
1. Veiller à l’organisation du quotidien en libéral : Structurer les tournées par secteur permet d’optimiser le temps et l’efficacité, réduisant ainsi le stress quotidien.
2. Penser à la délégation administrative : Consacrer du temps régulièrement à l’administratif ou recourir à une facturière spécialiste dans le soutien admin des IDEL peut prévenir l’accumulation de tâches et permettre de se concentrer sur les soins. Il faut savoir que les services d’une facturière peuvent être déduits des charges du cabinet.
3. Imposer un cadre aux patients : Il est essentiel de définir clairement les attentes et les limites pour éviter les demandes excessives et préserver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
4. Prendre de vraies pauses : Se réserver des temps de déconnexion totale du travail est vital pour la santé mentale. Il peut être bénéfique d’établir une charte de bonnes pratiques au sein du cabinet. Tous les membres de l’équipe peuvent réfléchir ensemble à la manière d’utiliser les outils de communication et aux limites qu’il faut s’imposer (je pense aux appels ou aux messages sur les jours de repos par exemple).
5. Entretenir de bonnes relations d’équipe : Entretenir de bonnes relations avec les collègues et instaurer des moments de convivialité, comme un repas mensuel, favorise un environnement de travail positif.
6. Miser +++ sur la formation continue : Se tenir informée des dernières pratiques et innovations est crucial pour se perfectionner, savoir se remettre en question aussi. Les IDEL peuvent bénéficier de financements pour la formation professionnelle.
Quels financements pour la formation des IDEL ?
Les possibilités de financement ont évolué ces dernières années. Aujourd’hui, les IDEL peuvent mobiliser :
Le DPC (Développement Professionnel Continu)
Financement tous les 3 ans, avec une indemnisation pour perte de ressources (IPR).
Il couvre uniquement les formations agréées par l’ANDPC.
Le CPF (Compte Personnel de Formation)
Les infirmières libérales peuvent désormais utiliser leur CPF pour financer :
– bilan de compétences,
– VAE,
– formations certifiantes,
– certaines formations complémentaires selon les catalogues.
Le crédit d’impôt formation
Toujours accessible pour les petites structures, mais limité et amené à disparaître.
Il s’applique lorsque l’IDEL finance elle-même une formation hors DPC ou CPF.
Attention :
Le FIF PL ne finance plus les formations “cœur de métier” des infirmières libérales.
Il peut encore financer quelques formations transversales selon les budgets annuels, mais ce n’est plus un dispositif principal.
Infirmière libérale mais pas que : le slashing, une voie alternative
Le « slashing », qui consiste à combiner plusieurs activités professionnelles, offre une diversification des sources de revenus et une bouffée d’oxygène. Cette solution est de plus en plus plébiscitée par les IDEL car elle présente de nombreux avantages :
Les IDEL gardent le confort et la sécurité de leur salaire de libérales tout en développant une activité à côté. Pour exercer les deux à mi-temps ou bien se donner les moyens de réussir dans cette deuxième voie et quitter le libéral.
Cependant, il est important de se conformer aux réglementations en vigueur pour éviter tout conflit avec l’exercice libéral et sécuriser sa diversification d’activité.
Une infirmière libérale ne peut pas créer de micro-entreprise mais doit demander une adjonction d’activité. Je t’invite à lire l’article complet sur le cumul d’activités pour comprendre ce que tu peux faire. Il ne faut pas hésiter également à demander conseil à l’URSSAF.
Mes conseils pour quitter le libéral
Si, après tout cela, envisager de quitter le statut d’IDEL devient une option, plusieurs aspects doivent être pris en compte :
- Tu peux connaitre un rattrapage de tes charges jusqu’à un an après ton arrêt du libéral Attention les charges. Il faut bien veiller à mettre de côté 50% minimum de ton chiffre d’affaires chaque mois. Je te conseille de faire un point avec ta comptable pour le côté financier afin d’avoir une idée des charges à payer
- C’est judicieux de ne pas arrêter n’importe quand car tu paies la CARPIMKO par trimestre. Et tout trimestre entamé est dû. Il faut donc bien réfléchir en termes de trimestre pour prévoir ton arrêt.
- Pense à informer tes collègues suffisamment tôt pour prendre des dispositions et mettre au clair qui, par exemple, doit chercher la personne qui va reprendre les parts.
Une réflexion approfondie sur le projet futur et la mise en place de certaines choses sont indispensables avant de prendre une décision définitive.
Il faut également savoir qu’arrêter le libéral n’ouvre pas de droit au chômage. C’est la raison pour laquelle de nombreuses IDEL reprennent un travail salarié pendant 6 mois pour récupérer une partie de ce droit avant de choisir une nouvelle voie professionnelle.
Je t’invite à découvrir le témoignage de Rachel, infirmière libérale devenue assistante maternelle.
Fais attention à ta santé mentale
Les IDEL doivent être attentives. La santé mentale des IDEL est un enjeu majeur, car l’exercice libéral expose à une charge émotionnelle importante.
En cas de difficulté, il est primordial de chercher du soutien, que ce soit auprès d’un médecin, d’une association ou via des dispositifs spécifiques comme « Mon soutien psy » proposé par la CPAM.
Charlotte K est également partenaire de l’association SPS qui prend soin des soignants en souffrance et propose une écoute 24h/24, 7 jours/7.
Je te renote le numéro, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide si tu en ressens le besoin : 0 805 23 23 36
En conclusion, on peut dire que les IDEL jouent un rôle essentiel dans le système de santé. Il est malheureux de constater les défis considérables auxquels elles sont confrontées.
Cependant, il existe des solutions !! Si on ne peut pad révolutionner notre système de santé, à l’échelle personnelle, on peut faire des choses.
Adopter des stratégies pour améliorer l’organisation quotidienne, maintenir un équilibre de vie et explorer de nouvelles voies professionnelles peut contribuer à un exercice plus épanouissant de la profession, tout en préservant le bien-être de chacune. Quitter le libéral est également parfois nécessaire, en prenant bien soin d’y aller étape par étape.
Tu es IDEL ? Tu travailles en cabinet libéral ?
Dis-moi en commentaire où tu en es en ce moment dans ton métier, dans ta pratique et ce que tu souhaiterais pour ta profession.
Tu as besoin d’aide pour discerner et trouver la meilleure voie pour toi ? Reserve un appel avec une de nos coachs. Nous avons déjà accompagné beaucoup d’IDEL et une de nos coachs est spécialiste du sujet. Elle saura t’épauler.
Foire aux questions
En tant qu’IDEL, tu peux adapter ton exercice libéral en réorganisant tes tournées, en cadrant les demandes des patients et en déléguant une partie de l’administratif pour alléger ta charge mentale.
Oui, une IDEL peut exercer une autre activité, mais pas en micro-entreprise. Il faut demander une adjonction d’activité auprès de l’URSSAF. Beaucoup d’infirmières libérales utilisent le slashing pour diversifier leurs revenus et respirer un peu à côté du libéral.
Il faut anticiper :
le rattrapage URSSAF et les cotisations CARPIMKO, parfois un an après l’arrêt ;
la règle du “trimestre entamé = trimestre dû” pour la CARPIMKO ;
l’absence d’assurance chômage après l’exercice libéral.
Beaucoup d’IDEL reprennent un emploi salarié quelques mois pour rouvrir des droits avant une reconversion.
Oui. La santé mentale est un enjeu majeur chez les infirmières libérales. Plusieurs dispositifs existent : Mon soutien psy, les aides de la CPAM, ou encore le numéro SPS (0 805 23 23 36), disponible 24h/24. Il est essentiel de demander de l’aide dès les premiers signes d’épuisement.


0 commentaires