Infirmière : créer une entreprise d’aide à la personne

 

Une infirmière peut-elle créer une entreprise d’aide à la personne ?

Le secteur de l’aide à la personne est un domaine dynamique. La demande est toujours bien présente, des plus jeunes aux plus âgés d’entre nous.

Certaines personnes ont besoin d’une prise en charge de la dépendance de leurs proches due parfois à un éloignement géographique des familles. D’autres recherchent de l’aide au quotidien pour un équilibre de vie plus harmonieux, pour trouver un mode de garde. On peut encore faire appel à de telles entreprises dans des moments de vie comme le postpartum comme tu pourras le découvrir dans les témoignages.

 

Le projet de création d’une entreprise d’aide à la personne permet de lier nos compétences et savoirs d’IDE à un projet entrepreneurial, de développement et de gestion d’équipe, de répondre à l’envie d’être son propre patron, de créer des emplois de proximité en continuant à prendre soin des autres.

Qu’est-ce qu’une entreprise d’aide à la personne ?

 

Une entreprise d’aide à la personne délivre des prestations de services au domicile de clients particuliers.

L’aide à la personne regroupe trois grands piliers dans son activité :

+ Les prestations à destination des familles : garde d’enfant, accompagnement périscolaire, aide aux devoirs, aide administrative

+ Les services pour la vie quotidienne : ménage, jardinage, bricolage, préparation et/ou livraison de repas

+ Les services pour les personnes âgées ou handicapées : assistance à domicile, conduites, soins esthétiques à domicile

Il est nécessaire d’avoir un agrément particulier pour prendre soin des personnes dites fragiles (personnes âgées, personnes en situation de handicap, jeunes enfants…)

 

“ Les Services à la personne (SAP), définis dans le code du travail (Art. L. 7232-1), désignent des activités de garde d’enfants, de tâches ménagères ou familiales ou encore d’assistance aux personnes âgées ou handicapées quand elles sont exercées en mode mandataire. Ils visent à répondre au besoin croissant des familles d’être épaulées dans leur vie quotidienne.” (solidarité-sante.gouv)

 

Le secteur de l’aide à domicile est encadré principalement par le Code du travail (Art. L. 7232-1) ainsi que par le décret n°2016-502 du 22 avril 2016.

Une infirmière peut-elle créer une entreprise d’aide à la personne ?

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir des qualifications particulières pour ouvrir une entreprise d’aide à la personne. En tant qu’infirmière, tu peux donc tout à fait mettre en place un tel projet.

En revanche, il te faudra embaucher du personnel qualifié pour prendre soin des différents publics.

Une infirmière a certaine qualité qui seront à valoriser : le sens de l’organisation, la connaissance du monde des soins, une certaine légitimité grâce à son expérience passée. Cette expérience du soin est bénéfique dans l’accompagnement des bénéficiaires.

Il ne faut cependant pas oublier le côté entrepreneurial du projet qui nécessite souvent des formations. Les différents organismes référents en proposent souvent.

 

En quoi consiste la demande d’agrément pour les entreprises d’aide à la personne ?

 

L’agrément « service à la personne » est obligatoire si tu comptes proposer des services aux personnes dites « fragiles » : personnes âgées, jeunes enfants, personnes porteuses de handicap.

Cet agrément doit être demandé à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) du lieu d’implantation de l’entreprise, ou de son siège social dans le cas d’une société. Il est accordé par le préfet du département.

Pour l’obtenir, il y a des conditions:

+ exercer au domicile des clients

+ avoir les moyens humains, matériels et financiers nécessaires à l’activité pour laquelle l’agrément est sollicité

+ avoir une charte de qualité

+ respecter un cahier des charges sur les conditions de fonctionnement, d’organisation, de continuité des services, de délivrance et d’évaluation des prestations

+ Ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation interdisant d’exercer une activité commerciale

+ Ne pas être inscrit au Fichier judiciaire national des auteurs d’infractions sexuelles et violentes.

Cet agrément est valable pour une durée de 5 ans.

 

Le cas des franchises

 

Comme évoqué dans l’article sur la création de micro-crèche, il existe un certain nombre de franchises d’entreprise d’aide à la personne.

Ces structures peuvent t’aider à monter ton projet, t’accompagner dans les démarches et dédales administratifs et en contrepartie, elles récupèrent une part sur le chiffre d’affaires.

L’idée des franchises est également de te faire gagner du temps dans la mise en route du projet.

Création d’une entreprise d’aide à la personne : les 9 principales étapes

 

+ Créer le business plan : étude de marché sur le secteur, étude de la concurrence

+ Définir exactement l’activité choisie, le public ciblé.

+ Choisir un statut juridique : société, micro-entreprise, association ou entreprise individuelle

+ Faire le dossier de demande d’agrément obligatoire auprès de la DIRECCTE du lieu de création de l’entreprise si elle propose des services aux personnes dites “fragiles”.

+ Faire également la déclaration facultative pour bénéficier et faire bénéficier ses clients des avantages fiscaux.

+ Recruter du personnel si besoin pour effectuer les services proposés ou vous former dans certains domaines pour compléter vos connaissances.

+ Communiquer autour de l’ouverture et créer un réseau de personnes qui recommanderont vos services (médecins, services de long-séjour, infirmières libérales etc)

+ Créer des contrats pour le personnel et les bénéficiaires.

+ S’inscrire dans une démarche qualité permanente, faire des demandes de certification. Cela atteste de la qualité de l’entreprise et permet également un renouvellement plus simple de l’agrément donc je t’ai parlé plus haut.

Création d’une entreprise d’aide à la personne : le témoignage de Marc

 

Peux-tu te présenter ?

 

« Je m’appelle Marc Sévillia, j’ai 31 ans et j’ai créé BIENVEILLANCE.

Aîné d’une famille de trois enfants, j’ai la chance d’avoir grandi porté par des valeurs et des personnes qui me sont chères. Très reconnaissant de cette éducation et de ce soutien familial, j’ai choisi de fonder une entreprise qui est la continuité de ce que l’on m’a transmis.

Je suis désireux d’apporter mon aide aux personnes en ayant besoin.

Depuis tout petit, je suis passionné par le sport (le tennis et le football, notamment). En plus de participer à mon hygiène de vie, cela m’a énormément apporté sur le plan éthique, avec des valeurs d’humilité, de respect, de solidarité et de tolérance. »

 

Parle-nous de ton parcours.

 

« Je m’oriente vers un bac Sciences et Techniques de Gestion (STG) option Comptabilité et finance des entreprises (CFE). Parallèlement, dès 16 ans, dans une volonté d’autonomie, je profite des vacances scolaires pour travailler : laver des voitures chez les particuliers, travailler dans un Hôtel/Restaurant et dans une chaîne de restauration rapide.

J’ai fait un BTS Négociation Relation Client (NRC), puis une Licence en école de commerce à l’IFAG Angers et enfin un Master II Responsable Opérationnel d’un Centre de Profits tout en passant responsable rayon chez Décathlon.

 

Un changement de direction marque une étape importante dans ma vie professionnelle ainsi que personnelle, me faisant reconsidérer mon avenir au sein de l’enseigne, que je décide finalement de quitter.

C’est l’occasion pour moi de vivre une expérience unique en partant à l’autre bout du monde pour vivre en Nouvelle-Zélande…Cette expérience a réellement changé ma vie. Les rencontres, les paysages, l’apprentissage de la culture et de la langue m’ont transformé.

À mon retour, je suis engagé dans un cabinet de recrutement à taille humaine bien que situé dans le 8ème arrondissement de Paris.

 

Aux termes de ces six mois très formateurs, je ne me sens pas totalement épanoui au sein de la capitale et j’opte pour un bilan de compétences. La personne qui me suit me suggère de me réorienter vers le métier de consultant en Systèmes d’Informations Ressources Humaines (SIRH).

Rapidement, je suis engagé dans une entreprise spécialisée dans les solutions et services RH et j’y découvre ce nouveau métier de consultant où l’entraide est assez présente car les problématiques y sont très nombreuses.

 

En janvier 2020 après avoir fait part de mon projet de création d’entreprise à mes supérieurs, je quitte la structure. »

 

Raconte-nous la création de Bienveillance

 

« Tout au long de ce parcours j’ai énormément appris sur moi-même et sur les autres. J’y ai gagné en polyvalence et en ouverture d’esprit. Ayant depuis toujours voulu créer une entreprise avec une forte dimension humaine, j’ai concrétisé cette volonté avec BIENVEILLANCE, un projet qui m’apporte le sens qu’il me manquait dans mon travail.

C’est donc inspiré par l’aide nécessitée par une formidable arrière-grand-mère que j’ai l’idée de me lancer dans le service à la personne et de réaliser une formation pour acquérir le titre professionnel d’Auxiliaire de Vie.

Afin de répondre au mieux aux besoins de chacun, je propose un ensemble de services sur mesure (accompagnement, ménage, assistance informatique, aide administrative, petits bricolage, jardinage…). »

Peux-tu présenter ton entreprise et ses missions ?

 

« BIENVEILLANCE est une structure enregistrée depuis avril 2021 à la CMA (Chambre de Métiers et de l’Artisanat) proposant une offre globale de services à la personne.

 

Ces services personnalisés selon les besoins et attentes de chacun (sur-mesure) sont tous assurés par moi-même.

Le concept de BIENVEILLANCE est né dans le cadre d’une quête de sens et repose sur le souci constant d’entretenir des relations bienveillantes et de proximité.

Fort de l’environnement au sein duquel j’ai grandi, j’ai souhaité rendre la chance qui m’a été donnée.

A mon sens, la bienveillance est le socle de toute relation humaine et c’est avec plaisir et simplicité que j’en fais mon métier. »

Quelles ont été les grandes étapes de la création du projet de création de l’entreprise ?

« Pour moi, les grandes étapes sont les suivantes :

  • Se renseigner sur ce qui se fait, ce qui existe déjà (entreprises et offres) sur les sites Internet, échanger avec des professionnels de la santé
  • Demander auprès de mon ancienne école de commerce (IFAG) une étude de marché faite par des étudiants pour avoir une autre vision
  • Fabriquer et choisir ses outils informatique (base de données, facturier, livre de recettes)
  • Chercher le nom
  • Faire le site web (pas encore fini, rédaction OK, mise en ligne KO) et le logo
  • Créer la micro-entreprise
  • Créer le dossier auprès de Pôle Emploi
  • Créer un compte bancaire dédié ainsi que le compte professionnel sur impôts.gouv
  • Déclarer l’entreprise de Services à la personne
  • Demander l’affiliation au CRCESU pour accepter les CESU préfinancé (Micro-entreprise)
  • Se référencer sur les différents annuaires (CESU, Google, Pages jaunes)
  • En parler autour de soi (commerçant de proximité, là où je suis client) »

 

Quelles ont été les difficultés dans le parcours de création de l’entreprise ?

« Pour moi, les principales difficultés ont été les suivantes :

  • Manque de motivation pour finaliser la formation (et je voulais d’abord la valider avant d’avancer).
  • Ne pas s’éparpiller malgré toutes les idées qui fourmillent.
  • Tout gérer en même temps avec beaucoup de stress du début. »

 

As-tu eu besoin de refaire une formation ? De quels professionnels t’entoures-tu maintenant ?

 

« Oui j’ai refait une formation mais plus pour la crédibilité, car elle ne m’a pas beaucoup apportée.

Je ne m’entoure pas forcément de professionnels mais j’ai la chance d’avoir un bon réseau sur lequel je peux compter. »

 

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer dans la création d’une entreprise d’aide à la personne ?

« Je leur conseillerais de :

  • Ne pas hésiter à en parler autour de soi
  • Ne pas hésiter à me contacter
  • Se lancer »

 

Reconversion infirmière : créer une entreprise d'aide à la personne

 

Témoignage de Marion, créatrice de OH MAMA CARE

 

Peux-tu te présenter et présenter ton entreprise ?

 

« Je suis Marion et j’ai créé 2021 OH MAMA CARE qui est la première entreprise d’aide à domicile dédiée aux jeunes mamans. OH MAMA CARE est présente dans tous les départements.

Ce projet vient d’un constat et de ma propre expérience comme c’est souvent le cas.

Je suis devenue maman en 2018 et je me suis très vite rendu compte qu’en post-partum il y avait très peu de soutien ; je me suis sentie très seule, isolée sans entourage familial ni amical, bref sans aucun relai.

 

Et donc je me suis dit assez naturellement que d’autres mamans devaient aussi vivre cette situation.

Par ailleurs, j’avais envie d’entreprendre depuis plusieurs années dans un projet qui ait du sens.

Les choses se sont mises en place assez naturellement.

La mission de mon entreprise est d’aider les jeunes mamans à traverser une période difficile en proposant un accompagnement au quotidien.

Aujourd’hui au moins 20% des femmes souffrent de dépression post-partum, de solitude liée manque de soutien, à l’absence de confident. Il faut prendre conscience que ce n’est pas une maladie rare et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité proposer un accompagnement adapté.

 

Le but étant d’éviter de potentielles difficultés par la suite.

 

Nous proposons un accompagnement postnatal. Cela comprend un soutien émotionnel (qui est vraiment la base de nos services). L’objectif numéro 1 est de briser l’isolement de la jeune maman, lui permettre de conter sur une personne ressource qu’elle peut appeler dès qu’elle en ressent le besoin.

Et autour, OH MAMA CARE propose une aide logistique, l’accompagnante est un soutien dans les taches du quotidien : préparer des plats dans le reste de la semaine, courses, ménage etc.

 

Elles peuvent aussi apporter des conseils sur certains sujets : allaitement, conseil en portage, routine de bébé etc. »

 

Comment fonctionne ton entreprise ?

 

« J’aide les mamans à trouver les personnes qui correspondent à leur besoin. Je n’emploie pas de salariés. Le contrat se fait entre la famille et l’accompagnante.

J’assiste la famille sur la partie administrative : contrat de travail,CESU, fin de contrat pour soulager les parents et je m’assure du bon déroulement de l’accompagnement.

 

En septembre 2022, nous proposerons une formation pour les accompagnantes postnatales. L’idée est de développer un réseau d’accompagnante sur l’ensemble du territoire et d’homogénéiser également les connaissances et pratiques.

 

Les doulas ont suivi des formations diverses donc je créé une formation qui contient toutes les thématiques que je souhaitais pour que tout le monde possède un socle commun de qualité. »

Quelles ont été les grandes étapes de la création du projet de création de l’entreprise ?

 

« Les grandes étapes ont été les suivantes :

+ Définir le contexte et les services proposés pour répondre de la manière la plus précise aux besoins. Définir l’univers, le positionnement de l’entreprise.

+ Faire connaitre la démarche auprès des intervenants (la grande majorité des accompagnantes sont des doulas).

+ Faire connaitre l’entreprise auprès des futures et jeunes mamans.

+ Garder une démarche de développement de la visibilité, notamment sur les réseaux sociaux comme Instagram. »

Quelles ont été les difficultés rencontrées dans la création de ton entreprise d’aide à la personne ?

 

« Ce qui a été le plus compliqué pour moi a été de gérer la partie administrative, juridique et comptable : le choix des statuts, des bons prestataires etc.

Je me suis posée beaucoup de questions sur les bonnes décisions à prendre, la priorisation des actions. »

 

Quels organismes t’ont aidé dans le processus ?

« J’ai été accompagné dans la création de mon entreprise par la CCI. »

 

As-tu eu besoin de refaire une formation ?

 

« Non, ce n’était pas un impératif car ma formation initiale en marketing dans la grande consommation était déjà suffisante.

Mais j’ai souhaité de faire une Formation en marketing digital chez Livementor pour compléter mes connaissances sur le sujet.

Instagram est ma première source de visibilité et clientèle (@ohmamacare) »

Reconversion infirmière : créer une entreprise d'aide à la personne

 

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer dans la création d’une entreprise d’aide à la personne ?

 

« Le meilleur conseil que je puisse donner est de solliciter le soutien et les conseils de personne qui ont déjà de l’expérience dans la création d’entreprise même si ce ne sont pas forcément des projets dans le secteur de l’aide à la personne

Il faut parler avec les gens, poser toutes les questions. Sortir de l’enfermement et aller au contact des autres permet de gagner du temps et de prendre du recul.

 

Il faut se lancer en essayant de faire abstraction de ses peurs et de ses doutes. On apprend, on peut réajuster.

Il n’y a qu’en faisant les choses qu’on y arrive. »

(crédit photo : OH MAMA CARE)

Ce format te plait et t’inspire ? Tu peux retrouver un article sur la création de micro-crèche en tant qu’infirmière.

 

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