Quitter le libéral quand on est IDEL : le guide complet pour ne pas se mettre en danger
Tu t’es déjà surprise à y penser, entre deux tournées, sans vraiment oser aller au bout de l’idée : « et si j’arrêtais le libéral ? »
Pas parce que tu n’aimes plus ton métier. Mais parce que le rythme est devenu trop lourd, parce que la charge mentale ne redescend jamais vraiment, parce que la liberté que tu es venue chercher n’est plus au RDV.
Et pourtant, une petite voix te retient : « Avec tout ce que j’ai construit, est-ce que j’ai le droit de partir ? Je suis un peu mariée avec mon cabinet non ? Et surtout… qu’est-ce que je pourrais faire après ? »
Dans cet article, on va poser les choses clairement. T’aider à comprendre ce qui t’attend, déconstruire certaines idées reçues, et surtout te donner check-list des choses auxquelles penser pour quitter le libéral sans te mettre en danger.
Parce que oui, c’est possible. Mais pas n’importe comment.
Et accroche-toi. L’article est long mais le sujet le mérite. En bonus, tu vas découvrir le témoignage de 3 IDEL qui sont passées par là. Elles te racontent tout.
À retenir
Quitter le libéral quand on est IDEL est possible, mais ne s’improvise pas. La fatigue, la charge mentale, la pression administrative et le manque d’équilibre de vie sont souvent à l’origine de cette envie de départ. Le vrai risque, ce n’est pas de partir, mais de le faire sans projet clair ni préparation.
Une infirmière libérale a plusieurs options : revenir en structure, évoluer dans le soin autrement, travailler avec des acteurs de santé ou se reconvertir. Elle peut aussi sécuriser sa transition en testant progressivement (slashing). Pour éviter de se mettre en difficulté, il est essentiel d’anticiper : projet professionnel, finances, démarches administratives et organisation du départ.
Les démarches administratives (CPAM, URSSAF, CARPIMKO, cessation d’activité…) et les régularisations financières peuvent être longues et complexes : les anticiper est indispensable pour éviter le stress et les mauvaises surprises.
En résumé : tu peux quitter le libéral sans tout perdre, à condition de préparer ta transition et de t’appuyer sur tes compétences transférables.
Table des matières
- Pourquoi certaines IDEL veulent quitter le libéral ?
- Quitter le libéral… mais pour faire quoi ?
- Des compétences IDEL largement sous-estimées
- Les vraies difficultés quand on quitte le libéral
- Et si tu n’étais pas obligée de tout quitter ? Le slashing comme alternative
- Quitter le libéral : la checklist complète pour préparer ton départ
- Cesser son activité libérale en 3 étapes
- IDEL et chômage : ce que tu peux réellement toucher (et dans quelles conditions)
- Témoignages d’infirmières qui ont quitté le libéral
- FAQ – Quitter le libéral infirmier
- Tu es IDEL ?
Pourquoi certaines IDEL veulent quitter le libéral ?
Si certaines infirmières libérales envisagent de quitter leur activité, ce n’est pas un hasard. Nous en discutons souvent avec les IDEL de la communauté Charlotte K, notamment sur le groupe Facebook. Derrière cette réflexion, il y a rarement un rejet du métier en lui-même.
Ce qui est remis en question, c’est la manière de l’exercer, devenue pour beaucoup difficilement soutenable dans la durée.
Fatigue physique et mentale
L’exercice en libéral impose un rythme assez dense si on veut un bon chiffre d’affaires. Les journées commencent tôt, se terminent tard.
La charge mentale est souvent sous-estimée. Même en dehors des soins, il reste toujours quelque chose à anticiper : une organisation à revoir, des transmissions à gérer, des facturations à vérifier. Le travail ne s’arrête jamais complètement. Cette accumulation finit par être épuisante.
Qui plus est, en libéral, il est difficile d’être malade, de s’arrêter car tout le monde compte sur toi, n’est-ce-pas ? Combien d’IDEL refusent les arrêts maladies suggérés par leur médecin ?
Isolement
Le libéral offre une grande autonomie, mais cette autonomie a un revers : la solitude. Contrairement au travail en structure, il n’y a pas d’équipe sur laquelle s’appuyer au quotidien au domicile. Parfois, tu as des collaboratrices dans le cabinet, mais personne avec toi auprès du patient.
Les décisions doivent être prises seule, les situations complexes gérées sans soutien immédiat. Avec le temps, cet isolement peut peser lourdement, en particulier dans les moments de difficulté.
Pression financière et administrative
Être IDEL, c’est aussi gérer une entreprise, une activité indépendante avec toutes les responsabilités que cela implique. Au-delà du soin, il faut assurer la gestion administrative et financière : cotations, charges, déclarations, suivi comptable.
Cette dimension peut devenir source de stress.
L’incertitude financière, le CA à assurer chaque mois avec parfois de vraies fluctuations, les régularisations, ou encore la crainte des erreurs de facturation entretiennent une pression constante.
Perte de sens
Avec le temps, certaines IDEL ressentent un décalage entre leur vision du métier et leur réalité quotidienne. Tu connais tout le monde, les patients, les familles, ils font parfois partie de ton quotidien depuis longtemps. Et puis si tu habites proche de ton lieu de travail, tu les croises en repos, tu prends des nouvelles. Tu aimerais avoir le temps pour bien faire.
Ce manque de temps, cette cadence et les contraintes organisationnelles peuvent parfois donner l’impression de s’éloigner du cœur du soin, de ce pour quoi tu es devenue libérale.
Le relationnel, pourtant central dans le métier infirmier, passe parfois au second plan. On le voit bien, cette perte de sens n’est pas toujours brutale, mais progressive, jusqu’au moment où elle devient difficile à ignorer.
Déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle
L’un des motifs les plus fréquents reste le déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le libéral ne s’arrête pas à la fin de la tournée. Il déborde sur les jours de repos, les soirées, la vie familiale. Tu ramènes souvent tes soucis à la maison.
Les contraintes d’organisation, les imprévus et la responsabilité continue rendent la déconnexion difficile. Avec le temps, certaines infirmières ont le sentiment que leur travail prend toute la place, au détriment de leur équilibre personnel.
Quitter le libéral… mais pour faire quoi ?
C’est souvent LA question qui bloque.
Tu sais ce que tu ne veux plus.
Mais tu ne sais pas encore vers quoi aller.
Et c’est normal.
Quand tu es IDEL depuis plusieurs années, ton quotidien est très spécifique. Tu as construit ton organisation, ta patientèle, tes repères. Sortir de ce cadre peut donner l’impression de repartir de zéro.
Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Et c’est tout le travail que nous menons avec les IDEL en bilan de compétences.
Ton diplôme, ton expérience et toutes les compétences que tu as développées en libéral ouvrent beaucoup plus de portes que tu ne l’imagines.
L’objectif ici, ce n’est pas de te dire quoi faire.
C’est de t’aider à voir que des options existent, et qu’elles peuvent s’adapter à ce que tu recherches aujourd’hui.
Revenir en structure : une transition envisagée
C’est souvent la première piste envisagée.
Revenir en structure permet de retrouver un cadre plus défini, avec des horaires plus stables et une organisation collective.
Tu peux par exemple travailler en :
- Hôpital ou clinique
- Centre de soins, HAD, SSIAD
- Médecine du travail
- Santé au travail ou milieu scolaire
Ce type de poste peut apporter un vrai soulagement, notamment après plusieurs années en libéral, une sécurité financière rassurante, la possibilité de faire ce que tu veux de tes repos (comme partir au ski au risque de te casser une jambe parce qu’en tant que salariée, plus de problème avec ça).
Tu retrouves une équipe, un cadre, et surtout une forme de sécurité.
Mais il est important de nuancer.
Certaines infirmières ressentent une perte d’autonomie.
Le cadre est plus hiérarchique, les décisions sont moins libres.
Ce n’est pas forcément un retour en arrière.
C’est un changement de cadre, avec ses avantages et ses limites.
Témoignage d’une ancienne IDEL sur le groupe Facebook : « Je ne regrette pas mon expérience libérale mais à ce jour je suis plus sereine. Personnellement un salaire fixe, des congés, quand on a terminé notre poste il y a un relai de soins… » ou encore « Des repos, des vacances, ça n’a pas de prix. »
Évoluer vers d’autres fonctions dans le soin
Quitter le libéral ne veut pas forcément dire quitter le soin.
Tu peux aussi faire évoluer ta pratique vers des fonctions différentes, souvent moins centrées sur l’acte technique.
Par exemple :
- La coordination (infirmière conseil, IDEC, DAC, CPTS…)
- L’éducation thérapeutique
- La prévention et la santé publique
- Le télésoin et les nouvelles organisations
Ces postes permettent de continuer à exercer dans le domaine de la santé, tout en changeant de rythme et de posture.
On passe d’un rôle très opérationnel à un rôle plus global, avec souvent davantage de réflexion, de coordination et de relationnel.
Travailler avec des prestataires et acteurs de santé
C’est une piste encore peu connue des infirmières, mais qui se développe de plus en plus.
Ton expérience terrain est très recherchée par des acteurs de santé comme :
- Les prestataires de soins à domicile
- Les laboratoires ou entreprises de dispositifs médicaux
- Les start-up en santé
- La CPAM/la MSA
Dans ces environnements, ton rôle peut être différent :
formation, accompagnement, coordination, conseil…
Tu restes dans le secteur de la santé, mais avec une autre manière d’exercer.
Te reconvertir complètement
Certaines infirmières ressentent le besoin de changer totalement de voie.
Ce choix peut faire peur, mais il est souvent plus progressif qu’il n’y paraît.
Parmi les pistes possibles :
- La formation
- L’accompagnement (coaching, bilan de compétences…)
- Le bien-être
- L’entrepreneuriat
Contrairement à ce que l’on pense, il ne s’agit pas de repartir de zéro.
Tu réutilises énormément de compétences développées en tant qu’infirmière :
l’écoute, l’adaptation, la gestion de situations complexes, la relation humaine etc.
Des compétences IDEL largement sous-estimées
Quand on pense à son métier d’infirmière libérale, on pense d’abord au soin.
Et pourtant, ton quotidien va bien au-delà.
Une IDEL, ce n’est pas seulement une soignante.
C’est aussi, très souvent, une cheffe d’entreprise… sans toujours en avoir pleinement conscience.
Gérer une tournée, organiser ses journées, s’adapter en permanence aux imprévus, prendre des décisions seule, gérer une activité avec ses contraintes administratives et financières… tout cela fait partie intégrante de ton travail.
Et ce sont justement ces compétences qui ont de la valeur en dehors du libéral.
Tu as développé, au fil des années, des compétences transférables recherchées dans de nombreux environnements :
- La gestion d’une activité et l’organisation du travail au quotidien
- La prise de décision rapide, parfois dans l’urgence
- La relation avec les patients, qui est aussi une relation client
- La coordination avec différents professionnels de santé
- L’autonomie et le sens des responsabilités
- La gestion administrative et financière
- La capacité à t’adapter en permanence
Ces compétences, tu les utilises tous les jours.
Mais comme elles font partie de ton quotidien, tu as tendance à les banaliser ou à ne pas les voir.
C’est souvent là que se joue le blocage.
Tu peux avoir l’impression de ne savoir faire “que ça”, alors qu’en réalité, tu as construit un socle solide, utile et reconnu bien au-delà du soin.
Prendre conscience de cette richesse, c’est une étape clé.
Parce que c’est ce qui va te permettre de te projeter, de valoriser ton profil et d’envisager la suite avec plus de confiance.
Les vraies difficultés quand on quitte le libéral
Quitter le libéral peut être une vraie bouffée d’oxygène.
Mais ce n’est pas un long fleuve tranquille.
Les infirmières qui sont passées par là le disent toutes : ce n’est pas tant la décision qui est difficile… c’est tout ce qu’il y a autour.
Le risque d’instabilité financière
C’est souvent la première peur.
Certaines IDEL témoignent d’une baisse de revenus importante après leur départ. D’autres évoquent surtout l’incertitude pendant plusieurs mois, le temps que la situation se stabilise.
Il faut aussi penser à tout ce qui continue après :
- Les régularisations URSSAF
- La CARPIMKO
- Les charges en décalé
Certaines parlent clairement de plusieurs mois de stress financier, avec la peur de voir leurs économies fondre.
Alors instabilité financière oui et non.
Si tu as anticipé, mis de côté l’argent nécessaire, tu as de côté ce que tu devras en cas de régulation.
D’où l’importance d’anticiper et d’avoir une trésorerie, nous y reviendrons.
Une perte de repères
Quand tu es en libéral, tu maîtrises tout.
Ton organisation, tes patients, ton rythme.
En quittant, tu changes complètement de cadre.
Certaines infirmières racontent ce moment où elles ne savent plus trop où est leur place.
Nouveau fonctionnement, nouvelles règles, nouvelle posture…
Même quand le changement est positif, il y a une phase d’adaptation.
Et elle peut être déstabilisante.
La complexité administrative
C’est un point qui revient dans tous les témoignages.
Quitter le libéral, ce n’est pas juste “arrêter”.
C’est :
- Vendre ou transmettre une patientèle
- Gérer les contrats (association, collaboration…)
- Faire les démarches auprès de la CPAM
- Clôturer l’activité (INPI, URSSAF, CARPIMKO…)
- Anticiper les assurances, logiciels, abonnements
Certaines parlent de “beaucoup de paperasse”, de nombreux rendez-vous, de délais longs… et parfois de situations compliquées quand tout ne se passe pas comme prévu (désistement d’un acheteur, difficulté à trouver un repreneur…).
C’est clairement une étape à ne pas sous-estimer.
Le manque de visibilité sur l’avenir
C’est une phase que beaucoup décrivent.
Tu sais que tu veux partir… mais tu ne sais pas encore exactement vers quoi tu vas.
Est-ce que tu vas retrouver un poste ? Et t’y plaire ?
Est-ce que tu fais le bon choix ?
Certaines IDE racontent avoir avancé avec beaucoup de flou pendant plusieurs mois surtout si les choses ne sont pas anticipées.
Et pourtant, avec le recul, elles disent que cette étape était nécessaire pour construire quelque chose de plus juste.
Et pour avoir un plan d’action structuré, une bonne connaissance de toi pour trouver ce que tu veux et vers quoi tu vas, tu peux te faire accompagner.
Le regard et le jugement des autres
C’est un point souvent minimisé… mais bien présent.
Quitter le libéral peut surprendre ton entourage, tes collègues, parfois même ta famille.
Certaines ont entendu :
- “Tu avais tout pour toi”
- “Tu vas perdre au change”
- “Pourquoi partir alors que ça marche ?”
Ces remarques peuvent faire douter, surtout quand la décision est encore fragile.
Mais plusieurs témoignages le montrent : rester dans une situation qui ne convient plus, juste pour répondre aux attentes des autres, finit toujours par coûter plus cher.
Et si tu n’étais pas obligée de tout quitter ? Le slashing comme alternative
Tu n’es pas obligée de passer de 100 % libéral à 0 % du jour au lendemain.
Certaines infirmières choisissent une autre voie : garder une partie de leur activité, tout en développant quelque chose à côté. C’est ce qu’on appelle le slashing.
Concrètement, cela peut être :
- Réduire son activité libérale
- Passer en remplacement
- Tester une autre activité en parallèle
Par exemple, certaines IDEL ont commencé à développer une activité complètement différente, comme Mathilde avec la photographie, tout en continuant les soins au départ. Cette transition progressive leur a permis de tester, d’ajuster, et de sécuriser leur changement sans se mettre en difficulté.
D’autres ont utilisé ce fonctionnement pour explorer une nouvelle voie professionnelle, tout en gardant un revenu stable le temps de construire leur projet.
Le principal avantage, c’est justement cette sécurité.
Tu avances sans tout risquer, tu prends le temps de vérifier si ton projet te correspond vraiment. Et en étant IDEL, tu peux demander une adjonction d’activité.
(Je t’explique tout dans cet article : IDEL, gagner plus avec l’adjonction d’activité)
Mais il faut aussi rester vigilante.
Cumuler deux activités demande de l’énergie, de l’organisation, et peut augmenter temporairement la charge mentale.
Le slashing n’est pas une solution miracle.
C’est une option intéressante si tu as besoin d’une transition progressive, sans rupture brutale.

Quitter le libéral : la checklist complète pour préparer ton départ
Les témoignages le montrent bien : ce qui fait la différence, ce n’est pas la décision… c’est la préparation.
Voici les étapes essentielles pour sécuriser ton départ.
1. Pense à la fin… dès le début
Quand on s’installe, on ne pense jamais au départ.
Et pourtant, tout se joue souvent là.
Concrètement :
- Vérifie ton contrat (collaboration, association)
- Identifie les clauses de sortie (préavis, rachat etc.)
- Anticipe les conditions de départ, même si ce n’est pas pour tout de suite
Beaucoup d’IDEL se retrouvent bloquées non pas par leur envie… mais par leur contrat.
2. Clarifie ton projet professionnel
Tu n’as pas besoin d’avoir un plan parfait.
Mais tu ne peux pas partir dans le flou total.
Beaucoup d’infirmières disent :
“Je savais ce que je ne voulais plus, mais pas ce que je voulais.”
Le problème, c’est que sans direction, tu risques de reproduire la même situation ailleurs.
À te poser concrètement :
- Quel rythme veux-tu aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que tu ne veux plus du tout ?
- Qu’est-ce que tu veux absolument garder (relationnel, autonomie, sens…) ?
C’est cette clarté qui va guider toutes tes décisions.
(On en discute au téléphone si tu le souhaites.)
3. Anticipe avec tes collègues
Ton départ ne concerne pas que toi.
Si tu es en cabinet, il impacte directement :
- Tes associées
- L’organisation des tournées
- La gestion globale de l’activité
Concrètement :
- Préviens en amont (idéalement 3 à 6 mois)
- Anticipe la reprise des tournées
- Répartis les tâches (commandes, administratif…)
4. Sécurise ta situation financière
C’est souvent le point le plus stressant.
Et celui qui est le plus sous-estimé.
À prévoir concrètement :
- 3 à 6 mois de charges personnelles et professionnelles de côté
- Une éventuelle baisse de revenus temporaire
- Les régularisations (URSSAF, CARPIMKO…)
Certaines infirmières parlent de plusieurs mois d’incertitude financière.
Avoir une trésorerie, c’est ce qui te permet de respirer pendant la transition.
5. Anticipe les démarches administratives
C’est souvent la partie la plus lourde… et la plus chronophage.
Les démarches principales :
- Déclaration de cessation d’activité (INPI)
- Information de la CPAM (souvent 3 à 6 mois avant)
- Clôture URSSAF et CARPIMKO
- Résiliation des contrats (assurances, logiciels, abonnements…)
Se faire accompagner (comptable, syndicat, avocat) peut vraiment te faire gagner du temps et éviter des erreurs.
6. Gère ta patientèle
C’est une étape importante, surtout si tu es titulaire.
Tu peux :
- Vendre ta patientèle
- Proposer le rachat à un associé ou une collaboratrice
- Chercher un repreneur
Pour le coté administratif, L’ONI est un site de référence avec des modèles de contrats.
Pour trouver un repreneur, il existe des sites sur lesquels tu peux mettre des annonces comme Stethonet par exemple ou des groupes Facebook par localité.
7. Choisis le bon timing
Le moment de départ ne se choisit pas au hasard.
Il est recommandé de prendre en compte les échéances URSSAF, les périodes de régularisation et les contraintes du cabinet.
Un départ mal positionné peut compliquer la gestion administrative ou financière.
8. Travaille ton état d’esprit
Quitter le libéral, ce n’est pas qu’une question d’organisation.
C’est aussi un changement important sur le plan personnel.
Les témoignages parlent de :
- Peur de l’inconnu
- Peur financière
- Peur de ne pas retrouver sa place
Certaines évoquent aussi le besoin de se faire accompagner pour prendre du recul et faire des choix plus alignés.
9. Teste avant de quitter
Quand c’est possible, tester permet de sécuriser énormément la transition.
Certaines infirmières ont :
- Trouvé un poste avant de partir
- Testé une autre activité en parallèle, en slashing comme évoqué plus haut
- Commencé par réduire leur activité libérale
Cela permet de vérifier que le projet correspond vraiment… avant de s’engager complètement.
Attention : Les démarches concrètes de départ peuvent varier selon ton statut, ton contrat, ta zone d’exercice et l’organisation de ton cabinet.
L’objectif ici est de te donner une vue claire des points à anticiper, pas de remplacer un conseil juridique ou comptable.
Cesser son activité libérale en 3 étapes
Étape 1 : Sécuriser ta situation (priorité)
Avant toute décision, il est indispensable de vérifier que tu ne te mets pas en difficulté financière ou administrative.
Concrètement :
- Faire le point sur tes revenus actuels et tes charges
- Vérifier tes droits (arrêt maladie, aides, formation…)
- Te renseigner sur ton éligibilité au chômage selon ta situation
- Faire un point sur ta prévoyance (indemnités en cas d’arrêt)
- Anticiper ta mutuelle (changement à prévoir en cas d’arrêt du libéral)
- Vérifier ta situation côté retraite (CARPIMKO)
Étape 2 : Préparer ta sortie du libéral
Une fois ta situation sécurisée, tu peux organiser ton départ de manière progressive.
À anticiper :
- Informer et échanger avec tes associés ou collaborateurs
- Vérifier les conditions de rupture de ton contrat (association, collaboration…)
- Gérer la cession ou l’arrêt de ta patientèle
- Anticiper la dénonciation du bail professionnel
- Prévoir la continuité des soins pour tes patients
- Commencer à réfléchir à ton projet d’après, même s’il est encore flou
Le piège serait de tout faire dans l’urgence.
Tu peux préparer ton départ sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Étape 3 : Clôturer proprement ton activité
Dernière étape : fermer ton activité de manière claire et sécurisée.
À ne pas oublier :
- Déclarer la cessation d’activité auprès de l’URSSAF
- Informer la CPAM
- Clôturer ton dossier CARPIMKO
- Résilier tes assurances professionnelles
- Fermer ton compte bancaire professionnel
- Vérifier tes dernières cotisations et régularisations
Quand tu arrêtes le libéral, ta protection sociale ne disparaît pas du jour au lendemain, mais elle change. Il faut donc vérifier ce que couvre encore ta prévoyance, voir jusqu’à quand ta mutuelle reste active, et anticiper les appels de cotisations ou régularisations côté retraite. C’est un point à clarifier très tôt avec tes organismes ou ton comptable.
IDEL et chômage : ce que tu peux réellement toucher (et dans quelles conditions)
C’est souvent LA question qui fait le plus peur quand tu penses à quitter le libéral.
Alors, entant qu’infirmière libérale, tu n’as pas automatiquement droit au chômage acr tu ne cotises pas pour ça dans le cadre de ton exercice.
Mais ça ne veut pas dire que tu n’as aucune solution.
Il existe plusieurs cas où tu peux ouvrir des droits, totalement ou partiellement :
1. Tu avais une activité salariée avant ou en parallèle
Si tu as cotisé comme salariée :
- Tu peux avoir des droits ouverts auprès de France Travail
- Tu peux parfois réactiver tes anciens droits
C’est souvent le cas si tu as fait du mix libéral / salariat.
2. Tu reprends un poste salarié
C’est une stratégie fréquente :
- Tu quittes le libéral
- Tu reprends un CDD ou un CDI pendant minimum 6 mois
- Tu ouvres ensuite des droits au chômage
Cela permet de sécuriser une transition. De nombreuses IDEL font ce choix.
Témoignages d’infirmières qui ont quitté le libéral
Un grand merci à Camille, Héloïse, Annie et Mathilde qui ont accepté de témoigner, partager leur expérience et relire cet article.
Camille, d’IDEL à coordinatrice chez un prestataire de santé à domicile
Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?
« Je suis IDE depuis 15 ans, J’ai travaillé 6 ans à l’hôpital. Ensuite, j’ai acheté un cabinet libéral dans lequel je suis restée 11 ans. J’ai revendu ma patientèle et mon cabinet. J’ai été embauchée dans une société de prestataire de santé à domicile. »
Qu’est-ce qui t’a fait réaliser que tu ne voulais plus continuer en libéral ?
« J’ai fait un burn out en septembre dernier. Quand j’ai commencé le bilan Charlotte K, je me suis rendue compte que j’étais épuisée. Je me suis mise en arrêt un moment puis j’ai repris en mi-temps thérapeutique pour voir si j’en étais capable.
Et en fait, j’étais fatiguée de toute cette charge mentale. Le travail passait au-dessus de tout. Je mettais toute ma vie de côté. »
Quelles ont été tes plus grandes peurs au moment de quitter le libéral ?
« J’ai eu des appréhensions oui parce qu’on quitte notre zone de confort.
Il y a énormément d’administratif : vendre ses parts, trouver une acheteuse…
Je me suis toujours dit que c’était tellement compliqué que ça n’était pas possible de partir du libéral.
C’est vraiment beaucoup de paperasse et beaucoup de stress. Il faut trouver les bonnes personnes pour racheter ses parts. Cela donne beaucoup de contrariétés mais c’est pour être mieux après. »
Comment t’es-tu organisée concrètement pour sécuriser ton départ ?
« J’ai d’abord trouvé une remplaçante pour assurer mes tournées.
J’ai demandé à ma collaboratrice si elle voulait racheter mes parts du cabinet et de la SCI.
On a déterminé un prix de patientèle avec plusieurs RDV chez le comptable.
On a décidé de faire le contrat de session patientèle avec un contrat sur le site de l’Ordre Infirmier.
Pour la SCI, on est passé par le notaire.
Une fois que tout est fini, j’ai eu RDV chez mon comptable pour fermer ma société sur le site de l’INPI.
Pour la Sécurité Sociale, il faut envoyer un courrier avec la date d’arrêt 3 mois à l’avance avec A/R.
Pour l’URSSAF et la CARPIMKO, tout est fait automatiquement quand on clôt la société.
Le comptable s’occupe des questions d’impôts. »
Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à une IDEL qui hésite aujourd’hui à franchir le pas ?
« Oui on peut avoir l’impression d’être mariée avec son cabinet mais on peut toujours divorcer.
Il ne faut pas se mettre des barrières et croire qu’on est obligé de rester. Si ça ne va plus, il faut partir.
Les démarches, ça fait peur, c’est beaucoup de stress. On sort de sa zone de confort et on ne sait pas si on va retrouver du travail derrière.
Mais si c’est pour rester dans une situation impossible dans laquelle on s’épuise physiquement et mentalement, ce n’est pas possible.
Il faut passer par là pour être mieux après.
Il y a beaucoup de concurrence quand on veut retrouver un poste hors de l’hôpital sur des postes de jour, DAC, CPTS etc. C’est important de bien se préparer à l’entretien d’embauche, être prête à répondre à des cas concrets.
Il ne faut pas hésiter à faire un CV par poste envisagé avec les compétences recherchées pour le poste. »
En quoi le bilan de compétences t’a aidé ?
« Le bilan de compétences m’a aidé parce que je ne savais pas trop quoi faire.
Ça permet de voir ce qu’on veut vraiment et vers quoi se diriger. J’ai trouvé un poste en accord avec la conclusion de mon bilan.
Ça m’a aidé aussi dans les entretiens parce que la première partie du bilan s’attarde sur nos compétences et nos capacités. Grâce à l’accompagnement, je me suis rendue compte que mes valeurs professionnelles n’étaient pas respectées et c’est pour cela que je ne me sentais pas bien.
Se connaitre et effectuer ce travail aide à répondre aux questions des entretiens. Le futur employeur voit que les raisons pour lesquelles on quitte le libéral sont sérieuses et réfléchies. »
Héloïse, d’IDEL à étudiante en master
Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?
« Je m’appelle Heloise, j’ai été IDE en milieu hospitalier pendant plus de 10 ans et je suis partie en libéral. Je me suis d’abord installée en remplacement dans un cabinet. Nous avons connu une diminution du chiffre d’affaires et j’avais envie de prendre de la distance par rapport à ma commune.
J’ai cherché à être titulaire dans la ville à côté de chez moi. J’ai fait un contrat d’association avec un associé.
Ce contrat prévoyait des closes en cas de départ pour protéger les 2 parties, ce qui est important pour la suite.
On a été en collaboration pendant 2 ans mais ça a été compliqué pour moi au niveau de la charge mentale. Je n’étais jamais tranquille pendant mes repos. On est responsable de la charge totale du cabinet.
Quand j’ai décidé d’arrêter pour différentes raisons et pour explorer autre chose. Je suis allée au bout de ce que je voulais.
J’ai fait mon bilan de compétences avec Charlotte K et j’ai repris mes études en 1er années de master en science de l’éducation et de la formation à distance.
Il faut s’écouter quand on a envie de changement. En libéral on se sent enfermée, on ne sait pas où aller…
Ça a été dur par rapport à l’isolement, très intense cognitivement mais je suis trop contente de le faire. »
Qu’est-ce qui t’a fait réaliser que tu ne voulais plus continuer en libéral ?
« J’avais la sensation d’avoir fait le tour, cette façon d’exercer ne me convenait plus.
J’ai pensé à ma santé physique aussi. J’avais des douleurs, c’est un métier qui use physiquement.
Les conditions de travail et les horaires ne correspondaient plus avec ma famille.
L’aspect financier, la crainte toujours d’avoir des indus, la nomenclature et la facturation qui sont complexes, la peur de ne pas faire le BSI dans les temps, de ne pas l’avoir envoyé correctement…
Il y avait trop de choses négatives. »
Quelles ont été tes plus grandes peurs au moment de quitter le libéral ?
« La peur financière. Certaines personnes sont plus à l’aise, la comptabilité ce n’est pas mon truc.
La lenteur de la PEC de l’URSSAF et de la CARPIMKO a été très stressante. Je craignais de perdre toutes mes économies.
Il faut avoir dans l’idéal une bonne trésorerie derrière, avoir mis de l’argent de côté pour assurer la transition entre le libéral et d’autres projets.
J’ai eu peur pendant 6 mois. Le contrat d’association a protégé mon départ et je sais que peu d’IDEL en ont un. »
Comment t’es-tu organisée concrètement pour sécuriser ton départ ?
« J’ai prévenu mon associé.
Puis j’ai contacté la CPAM qui m’a indiqué les démarches notamment à cause de ma zone sur-dotée. Le courrier est envoyé au directeur, ça passe en commission qui doit valider la passation de référence du cabinet.
Les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu et j’ai appliqué les clauses du contrat d’association qui a protégé.
Les clôtures URSSAF mettent du temps. Il faut mettre de l’argent de côté pour prévoir des régulations.
La CARPIMKO est à prendre en compte.
Il fait se faire accompagner du comptable.
Pour pouvoir déclarer la cessation d’activité à l’URSSAF, il faut le déclarer sur le site de l’INPI.
Ensuite il faut penser à toutes les assurances : professionnelle, de voiture, complémentaire.
Il faut également faire attention aussi au logiciel qu’on utilise. Il peut y avoir une tacite reconduction. Selon les termes du contrat, j’ai dû payer 6 mois de contrat supplémentaire.
Le départ est à anticiper. Pour moi cela prend plusieurs mois. »
Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à une IDEL qui hésite aujourd’hui à franchir le pas ?
« Il faut s’assurer d’avoir une bonne santé financière en amont.
Car Il faut trouver quelqu’un qui fait des remplacements dans un premier temps.
Et si la personne travaille à votre place, c’est un manque à gagner pour l’IDEL.
Je conseillerais d’en parler d’abord avec son comptable pour connaitre le prix de vente, les démarches à faire, le dernier bilan à produire.
On peut se faire accompagner d’un syndicat ou d’un avocat. Cela protège toutes les parties concernées.
C’est un moment de tension qui peut devenir compliqué.
Ça dépend du contexte de départ aussi, en cas de problème de santé, c’est différent.
Il faut anticiper +++, sinon on peut se mettre en difficulté. »
Annie, d’IDEL à IDE en hôpital de jour et étudiante en master
Peux-tu te présenter et présenter ton parcours ?
« J’ai 43 ans, IDE depuis une 20aine d’année.
J’ai travaillé à l’hôpital, en maison de retraite et en libéral pendant une 12aine d’années.
Je faisais partie d’un cabinet où nous étions 4. J’étais titulaire. »
Qu’est-ce qui t’a fait réaliser que tu ne voulais plus continuer en libéral ?
« Ça a été une augmentation nette de la charge de travail sur le plan administratif et sur le terrain, des horaires à rallonge et une rétribution financière qui diminuait.
La barrière entre mon monde professionnel et privé était de plus en plus floue et incertaine.
Je me suis arrêtée avant d’en être obligée pour burn out. »
Quelles ont été tes plus grandes peurs au moment de quitter le libéral ?
« C’est une grosse insécurité de redémarrer quelque chose de zéro. Je ne savais pas si je voulais continuer dans le soin tellement j’étais cramée.
J’ai fait un bilan de compétences, ça m’a fait du bien.
Quand on travaille dans le même milieu depuis longtemps, on ne sait pas si on sait encore faire autre chose. Ça demande beaucoup de soutien.
Le bilan avec Charlotte K m’a aidé à me poser les bonnes questions.
Je suis retournée à l’hôpital un peu par hasard.
Pendant la journée nationale des infirmières dans ma région, il y avait des recruteurs. On m’a proposé un poste en hôpital de jour oncologie.
Ça me correspond mieux. Je me retrouve dans une équipe et plus seule. J’ai retrouvé des horaires extrêmement stables, pas de week-ends, pas de jour férié.
On a des soins très techniques et du temps pour le relationnel. C’est une place très prisée et une qualité de vie top. »
Comment t’es-tu organisée concrètement pour sécuriser ton départ ?
« Je l’ai annoncé à mes collègues, je ne savais pas encore ce que je voulais faire derrière
J’ai recherché quelqu’un pour racheter mes parts pour que le cabinet puisse tourner sereinement.
Pour moi tout le cheminement a été de trouver ce que j’allais faire ensuite.
Au niveau administratif, j’ai déclaré la fin auprès de l’INPI et ça a déclenché le reste
Ma comptable m’a accompagnée dans les démarches. »
Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à une IDEL qui hésite aujourd’hui à franchir le pas ?
« Ne pas rester seule, en discuter autour d’elle.
Je dirais aussi de rester ouverte sur plein de choses, je ne me sentais pas du tout armée pour travailler en oncologie mais on est capable de beaucoup plus que ce qu’on veut bien le croire.
Je fais un master en parallèle. On a beaucoup de ressources et on est capable de faire beaucoup de choses. On apprend toujours, il ne faut pas hésiter à sauter le pas.
Il ne faut pas attendre que ça s’arrange ça ne s’arrange pas tout seul.
Je suis à 80% sur mon poste IDE. C’est clair que financièrement j’y perds. Par rapport au libéral, j’ai divisé mon salaire par 2. Mais c’est une chance de pouvoir me le permettre.
Quand on a fait que ça, c’est compliqué de se projeter dans autre chose mais on y laisse des plumes.
Dans le libéral, même quand ça ne va pas bien, on est obligé de travailler.
C’est important de bien se demander ce qu’on ne veut plus pour faire un bon ménage dans sa vie professionnelle. »
FAQ – Quitter le libéral infirmier
Pour arrêter une activité d’IDEL, il faut déclarer la cessation d’activité (INPI), prévenir la CPAM, régulariser l’URSSAF et la CARPIMKO, et résilier les contrats professionnels. Les démarches peuvent varier selon ton statut, d’où l’intérêt d’être accompagnée.
n moyenne, il faut prévoir entre 3 et 6 mois pour quitter le libéral sereinement. Ce délai permet d’anticiper les démarches administratives, d’organiser ton départ et de sécuriser ta situation financière.
Oui, de nombreuses infirmières retournent en structure après le libéral. Ton expérience d’IDEL est même un atout, notamment pour des postes en coordination, en éducation thérapeutique ou en santé au travail.
Pour quitter le libéral sans risque financier, il est essentiel d’anticiper : prévoir une trésorerie de 3 à 6 mois, connaître tes charges à venir et construire un projet professionnel. Un accompagnement comme un bilan de compétences peut t’aider à sécuriser cette transition.
Tu es IDEL ?
Dis-moi en commentaire où tu en es en ce moment dans ton métier, dans ta pratique et ce que tu souhaiterais pour ta profession.
Tu as besoin d’aide pour discerner et trouver la meilleure voie pour toi ? Reserve un appel avec une de nos coachs. Nous avons déjà accompagné beaucoup d’IDEL et une de nos coachs est spécialiste du sujet. Elle saura t’épauler.



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