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Témoignage – Partir en couple en mission humanitaire

Charles Antoine est parti pour 2 ans à Manille aux Philippines, avec Claire sa femme, pour une mission humanitaire. Ils ont ensuite prolongé d’un an leur séjour. Entre moments de bonheur et moments très difficiles, ce “job de rêve” au sein de la fondation Anak TNK nous donne des frissons !

Qu’est ce qui t’a poussé à partir en mission humanitaire ?

“Je n’étais pas prêt à partir en couple en mission humanitaire. J’ai eu le déclic en allant voir Claire en Malaisie, elle était partie 8 mois en mission humanitaire avant notre mariage. C’est lors d’une discussion avec une femme que tout en changé. C’était une femme très pauvre qui avait vécue beaucoup d’atrocités. Je me suis alors demandé -Mais qu’est-ce que je fais de ma vie, à travailler en France alors que je pourrais aider ces gens- Quelques semaines après notre mariage, nous sommes partis pour les Philippines. ”

Quelles étaient tes peurs avant de partir ?

“De n’être pas assez fort. D’une part pour les tâches et le travail à accomplir et d’une autre part psychologiquement. Durant les deux premiers mois je faisais des cauchemars toutes les nuits, je ressassais toutes les choses que j’avais vécus en journée.

J’avais peur aussi d’avoir des regrets, de vouloir faire marche arrière.

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La barrière de la langue est aussi une des peurs que l’on peut avoir avant de partir en mission à l’étranger.”

Qu’est-ce que cela t’a apporté de partir en couple en mission humanitaire ?

“Ça m’a apporté de relativiser. Ça m’a permis de savoir faire la part des choses : il y a des choses graves et des choses moins graves. En France, la plupart du temps, les gens se prennent la tête pour des choses qui ne sont pas graves du tout.

Cette mission humanitaire m’a aussi permis d’être moins impulsif et moins colérique. En Asie, quand on s’énerve contre quelqu’un, on brise la confiance avec cette personne. C’est vraiment très mal vu.”

Comment est ce tu gères ton retour de mission et le fait de voir des gens râler pour un rien ?

“Tu ne le gères pas (rire) Tu ne reviens jamais comme avant lorsque tu pars aussi longtemps en mission humanitaire. Les gens ne comprennent pas, à mon retour de 3 ans en mission à Manille les gens me disaient : -alors c’était bien tes vacances à l’étranger ?- Pour certains j’avais simplement fais un -trou dans mon CV-

Ils s’attendent à ce que tu rentres dans le moule dès ton retour. Et ça c’est impossible. J’ai mis 6 mois à acheter un smartphone et à peu près le même temps à vraiment atterrir. J’aime beaucoup cette citation qui définit parfaitement notre difficulté à nous ouvrir à d’autres cultures.”

“N’oubliez pas que l’on est prisonnier de notre culture.”

Et niveau budget ?

“La fondation ANAK TNK, est rattachée à Fidesco. Dans le cadre de notre mission humanitaire à Manille on était rémunéré, on recevait des indemnités pour le loyer ainsi que la nourriture. Pendant 3 ans nous n’avons fait aucune autre dépense. On avait tout résilié en France, assurances, internet, téléphones… C’était aussi l’occasion car nous n’avions pas d’emprunt pour un appart ou voiture… ”

Les seules dépenses que nous avons dû faire étaient pour l’accouchement de Claire, là-bas ça coûte 4000 euros et le remboursement ne se fait que 3 mois après. Heureusement un ami a pu nous avancer cet argent. On ne se rend pas compte en France de combien coûte le prix de la vie.

Qu’est ce qui a été le plus dérangeant en arrivant en mission humanitaire à Manille ?

“Le bruit et donc le sommeil. Manille, 7ème plus grande ville mondiale, est une ville qui ne dort jamais. Les fenêtres ne sont absolument pas isolées et la population n’a pas du tout la notion de tapage nocturne, ils peuvent lancer une machine à 4h00 du matin ou casser une cloison en pleine nuit. Sans parler des karaokés qui durent toute la nuit… Au début, les cauchemars la nuit étaient également difficiles ainsi que les premières maladies…

On a dû aussi faire face à la chaleur, aux odeurs, à la nourriture très différente, parfois difficile à manger. Par exemple, ils rajoutent du sucre dans leur riz… Et en mangent même au goûter !

On commence à s’habituer à tout ça au bout de 6 mois à peu près… C’est pour ça que les missions humanitaires d’un mois ou deux, c’est des vacances pour moi, on a pas le temps de s’imprégner de la culture. Il nous a fallu 1 an et demi pour arrêter de penser comme un Français et commencer à penser comme un Philippin.

Quel est ton plus beau souvenir ?

“C’est pas facile, il y en a eu beaucoup…

Mission humanitaire Manille
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Une de mes plus belles rencontres a été Aïsa, une petite fille que j’ai rencontrée un jour où elle cherchait de l’aide car sa tante était en train de faire une fausse couche en pleine rue. Une de mes missions à ANAK TNK était de convaincre les enfants des rues de venir dans notre centre pour que l’on puisse s’occuper d’eux. Cette réinsertion leur permet de sortir de la rue, de la drogue, de la prostitution…

J’ai revu Aïsa tous les mois pendant 2 ans et au bout de ces 2 ans elle a fini par rejoindre le centre. Ce moment a été vraiment très fort pour moi…

Dans cette population ce qui est triste c’est que les enfants ne valent rien. Les enfants finissent par le penser et pour eux, ils ne valent pas mieux que des poubelles.”

Donner à un enfant la chance d’être considéré, d’être scolarisé et que l’on prenne soin d’eux est quelque chose de magnifique.

Quelles sont les qualités requises selon toi pour ce type de mission humanitaire en couple ?

“Il faut partir pour les bonnes raisons.

Il ne faut pas fuir quelque chose ou quelqu’un. Tu ne peux pas aider les autres si tu n’es pas stable toi-même.

Il faut aussi accepter que tu ne vas pas sauver le monde. En tant que bénévole, on est une goutte d’eau dans l’océan. L’océan c’est la misère du monde et la goutte d’eau c’est notre mission. On n’est pas irremplaçable, et ça il faut l’accepter. Sinon on risque d’être très déçu.

Pour les couples, les deux doivent être moteurs et avoir envie de partir en mission. Il ne doit pas y en avoir un qui suit l’autre part amour, juste parce que l’autre part. Et ça c’est important car si on ne part pas pour les bonnes raisons, on risque de ne pas rester longtemps.

Il faut se poser cette question :

Pourquoi voulez-vous y aller ?”

4 ans après ton retour d’humanitaire ?

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“Ça nous manque énormément.

Partir en couple en mission humanitaire,

c’était le job de rêve. On n’a pas l’impression de travailler. Il n’y a pas de barrière entre la vie pro et la vie perso, dans le sens ou la vie pro nous passionne tellement que c’est quelque chose que l’on fait avec le coeur. On se lève tous les matins avec passion, on aide les autres au quotidien.

Si je retourne 7 ans en arrière et que l’on me demande de re-signer, je re-signe !

Charles-Antoine Maurice, ancien volontaire à ANAK-TNK

Si ce témoignage vous a plu, vous pourrez trouver ici le témoignage d’un infirmière qui a repris ses études après 5 ans à exercer son métier d’infirmière.

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